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II. — Chaudières des machines soufflantes

Une partie des gaz s' échappant des hauts-fourneaux est utilisée pour chauffer les chaudières des machines soufflantes.

Les gaz exigent pour brûler 60 à 70 0/0 de leur poids d'air. Le poids des produits de la combustion est donc environ le double du poids du vent à chauffer. Il suffira par suite d'utiliser à la production du vent chaud une proportion comprise entre la moitié et les deux tiers des gaz du gueulard. Le reste sera brûlé aux chaudières.

Dans toutes les installations anciennes, le chauffage des chaudières n'était pas exclusivement réalisé par la combustion des gaz venant du haut-fourneau. Des grilles chargées de houille étaient placées sous les chaudières; le cendrier était fermé par des portes. Les dispositifs d'arrivée du gaz étaient assez simples.

Le gaz arrivait dans une chambre ou boîte ordinairement en fonte d'où il sortait par un certain nombre d'ouvertures rectangulaires en autant de jets longitudinaux. L'air pénétrait en môme temps par une fente horizontale au-dessous de cette boîte et aussi par un certain nombre d'ouvertures ménagées au-dessus de la porte du cendrier. On prévoyait, en outre, quelques arrivées supplémentaires d'air chauffé

par des carneaux pratiqués dans la maçonnerie environnant le foyer, afin d'assurer la combustion complète des gaz combustibles.

Dans d'autres installations, le gaz destiné au chauffage arrivait en tête du four par un carneau vertical auxiliaire et se mélangeait dans la région même où il débouchait avec Tair amené par plusieurs ajutages de longueurs différentes, de façon à atteindre toute l'épaisseur du couran t gazeux .

Le foyer à grille a pour but de faciliter l'inflammation du gaz ; cette précaution est indispensable dans des marches avec certains minerais dont la réduction engendre des gaz notablement chargés de poussières de zinc. En outre, la grille donne un appoint de chaleur nécessaire lorsque la richesse des gaz en éléments combustibles vient à varier.

Fig. 63. — Chaudière avec grille, & deux corps superposés.

^» Chambre de combustion. — a, Arrivée du gaz combustible.^ a',Air froid. — a", Airchaud. — CC, Chaudières. — ^, Grille pour allumage. — K, Conduit de la cheminée.

Fig. 64. — Chaudière sans grille.. — Coupe par CD (voir figure 66).

On retrouve encore ce foyer à grille dans certaines installations actuelles lorsque des difficultés d'inflammation des gaz provenant d'une

cause quelconque peuvent se présenter ; mais, d'une façon générale, le

chauffage se fait presque toujours avec les gaz seuls.

Nous donnerons pour mémoire quelques types d'installation de

chauffage des chaudières.

Dans le type avec grille représenté parla figure 63, les chaudières sont

à deux corps superposés. L'air froid venant de l'extérieur s'échaufFe par

sa circulation dans les parois d'une chambre de combustion A placée en avant de la chaudière. Il se mélange intimement aux gaz sous les chaudières mêmes, par suite d'une disposition de chicanes qui forcent le mélange gazeux à circuler

Fig. 65. - Chaudière sans grille, alternativement sous la chaudière supé- — Loupe par un. *

rieure et la chaudière inférieure pour passer ensuite à la cheminée K. Dans ces chicanes sont ménagés, de

Fig. 66. — Chaudi«;re sans grille, — Plan coupe par AB,

plus, des orifices ne se correspondant pas d'une chicane à l'autre ; il en résulte un brassage énergique des gaz.

Dans l'installation ci-dessus, il n'y a pas de grille, mais on assure, par des dispositifs spéciaux, soit le mélange des gaz et de l'air, soit leur inflammation.

Les gaz arrivent par le tuyau vertical A (coupe par CD) dans une première chambre et sont distribués par Figre?. - Coupe par is:/-. les prises B munies de clapets de réglage dans les carneaux C, puis en EE où ils se mélangent à l'air introduit par les carneaux DD. (Voir fig. 64, 65, 66 et 67.)

Le massif de briques G, appelé récupérateur ou ralhimeur, consiste en une série de conduits verticaux : porté au rouge vif par une inflammation précédente, il garantit Tallumage du mélange des gaz et de Tair {même après un arrêt très prolongé) en même temps qu'il répartit également ce mélange sous la chaudière tubulaire placée en F.

Les produits brûlés s'échappent par la cheminée K.

Il est clair que les dispositifs adoptés pour les récupérateurs, les carneaux de circulation des gaz et de l'air, etc... peuvent varier de bien des manières suivant les usines.

Il était néanmoins utile d'en décrire un type afin de donner une idée générale sur l'organisation de ce chauffage au gaz. Nous n'aurions pu, sans sortir du cadre de notre travail, classer rationnellement les dispositifs les plus répandus.

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