‹ Traité de métallurgie du fer, Volume 1Chapitre 57 sur 100 · I. — Les minerais phosphoreux · texte numérisé non relu

I. — Les minerais phosphoreux

On distingue en Europe quatre régions principales d'exploitation des minerais phosphoreux dans lesquelles sont établies actuellement les aciéries Thomas.

A, — Moselle et Luxembourg. — Parmi toutes les formations du continent il faut d'abord signaler celle fort importante qui, naissant près de Longuyon, s'étend de l'Ouest à l'Est en suivant la frontière belge et luxembourgeoise jusqu'aux environs de Dudelangey puis formant un angle presque droit se dirige du Nord au Sud par Thiotiville et Meb jusqu'à Nancy.

* Dans la partie française, on compte trois importants groupes d'exploitations réunies autour de Longwy^ Briey et Nancy.

La formation complète comprend 6 couches ayant une épaisseur variant de 0™oO à 5 mètres, séparées généralement par des bancs regardés comme stériles, comprenant plus ou moins de fer, de calcaire ou de marne et dont les épaisseurs varient de à 4 mètres.

La teneur en fer du minerai varie de 26 à 46 0/0 ; ce métal y est à l'état de sesquioxyde.

Sa gangue compacte ou friable selon les couches comprend : SiC, AIW et CaO, Tacide phosphorique y figure dans les teneurs de 1 à 1,8 0/0.

Un seul élément manque à ces minerais, c'est Mn ; on y supplée, dans leur traitement, par l'addition au lit de fusion d'une certaine quantité de minerais d'importation assez riches en Mn.

B. — Gisement d'Ilsede. — Les aciéries Thomas allemandes font un large emploi des fontes obtenues avec les minerais de la formation précitée; mais elles possèdent, au cœur de r.4//^magfnemême, ungise-

ment moins étendu^ mais supérieur en qualité situé à llsede, soit à peu près à égale distance des villes de Brunswick et de Hanovre et, par suite, très à portée des grandes usines du bassin houiller de la Ruhr.

Les minerais de ce gisement n'ont pas plus de fer que les précédents, mais ils contiennent du manganèse et n'exigent pas dans leur traitement l'addition de minerais étrangers.

Enfin, il faut encore signaler les gisements de moindre importance qui se rencontrent en Bavière et dans l'Est de l'empire allemand.

C. — Gisements autrichiens. — Ce pays possède de superbes gisement des minerais, à peu près exempts de phosphore, qui se rencontrent surtout dans les montagnes des Alpes Styriennes et Carinthiennes et dans les Karpathes, c'est-à-dire dans des contrées à peu près complètement dépourvues de combustible minéral.

Il existe au contraire, en Bohème, à l'ouest de Prague^ Mne couche régulière reconnue sur plus de 15 kilomètres, dont la puissance varie de 6 à 20 mètres et qui avec une direction à peu près Est-Ouest plonge vers le Sud avec une inclinaison variant de 35 à 60 degrés.

Le minerai consiste en grains de structure oolithique dans une pâte également ferrugineuse et assez riche en fer (45 à 50 0/0) ; sa teneur en acide phosphorique varie de 1,35 à 2,5 0/0. Comme il ne contient pas de Mn, on y remédie aisément en ajoutant dans le haut-fourneau une certaine proportion de minerais spathiques de Styrie qui sont pour la plupart manganésifères.

D. — Gisements anglais. — Bien que les minerais carbonates des houillères qui se rencontrent en Angleterre en quantités considérables se prêtent également à la déphosphoration, c'est surtout la puissante formation basique du Cleveland qui est devenue le centre de la fabrication de la fonte Thomas. Ce gisement se compose de plusieurs bancs formés par un carbonate de protoxyde de fer présentant un lustre terreux et une couleur gris verdâtre. La teneur en fer est plutôt faible, l'acide phosphorique y est en teneur suffisante pour pouvoir donner à la fonte une proportion d'au moins 1,5 0/0 de phosphore ; quant à Mn on en trouve des traces, ce qui constitue une supériorité sur les minerais de la Moselle qui n'en contiennent pas.

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