‹ Traité de métallurgie du fer, Volume 1Chapitre 62 sur 100 · ETUDE PRATIQUE DU FOUR MARTIN-SIEMENS · texte numérisé non relu

ETUDE PRATIQUE DU FOUR MARTIN-SIEMENS

Dans ce chapitre consacré exclusivement à des considérations d'ordre pratique nous étudierons successivement :

Le gazogène ou appareil producteur de gaz;

Les chambres dites de récupération, destinées à constituer la source de chaleur devant réchauffer les gaz combustibles venant du gazogène et l'air qui doit les brûler ;

Le four à réverbère où doit s'effectuer l'élaboration de l'acier fondu.

Article 1®'. — Le gazogène

Le gazogène est un foyer spécial où l'on prépare des combustibles gazeux par la combustion incomplète de combustibles solides.

On transforme de cette manière C en CO et on fait distiller les hydrocarbures ; les gaz combustibles ainsi obtenus sont brûlés méthodiquement dans les fours que l'on veut chauffer.

On distingue les gazogènes à grilles et les gazogènes à vent soufflé ; les premiers sont les plus employés.

L — Gawgènes à grille : Gawgène Siemens.

A. — Description du gazogène. — Ce gazogène consiste en une sorte

de cuve parallélipipédique recouverte au ras du sol de l'usine par une voûte en maçonnerie résistante ; trois de ses parois sont verticales et construites en matériaux réfractaires.

Le devant appelé poitrine est fermé par une cloison oblique en fonte recouverte de briques on simplement par une maçonnerie réfractaire. Cette cloison se prolonge par une grille à larges gradins, comme dans

Fig. 127 et 128. — Gazogène Siemens.

A, boites de chargement de combustible — B, plan incliné formé de plaques de fontes recouvertes de briques réfractaires. — C, Grille ouverte formée de barreaux plans horizontaux. — T, Tuyau de conduite des gaz.

le cas de la figure schématique ci-dessus, quand on charge dans le gazogène des combustibles pulvérulents ou non collants (anthracites, houilles sèches, lignites, etc )

Dans le cas où l'on charge des charbons en morceaux, la grille est à barreaux et peut faire avec la poitrine un angle assez accusé.

L'inclinaison de la poitrine et celle de la grille varient, du reste, avec la nature du charbon : celle de la poitrine varie de 60 à 75**, elle est d'autant plus forte que le charbon est plus collant, celle de la grille varie dans le même sens soit de 10 à 50°.

Cesl de ces deux éléments que dépend surtout la bonne marche du foyer.

La voûte de l'appareil est percée d'un certain nombre d'ouvertures :

Les unes A sont recouvertes de cloches dont le fond est fermé par des trappes qu'on manœuvre de l'extérieur.

On tient ces cloches ou boîtes de chargement pleines de charbon qu'on fait tomber en ouvrant la trappe. Comme elles sont fermées par

un couvercle, il n'y a pas de rentrée d'air à la manœuvre de la trappe. Une autre ouverture sert à la sortie des g-az se rassemblant dans !•*

tuyau de conduite T ; elle reçoit souvent un registre pour isoler Tappareil des conduites, le cas échéant.

De petits regards fermés par des tampons ménagés également dans la voûte permettent d'observer Tintérieur du four.

Le combustible chargé sur la poitrine glisse en formant un talus plus ou moins incliné et s'étale de lui-même sur la grille après s'être échauffé en descendant. Les hydrocarbures volatils se dégagent dans la partie supérieure de la poitrine où Tair ne peut arriver et s'échappent sans altération. Le charbon porté au rouge arrive sur la grille où il se transforme en oxyde de carbone si la couche est assez épaisse. Dans la région de la grille où il y a excès d'air, il y a production d'acide carbonique qui, traversant lentement une couche fort épaisse de combustible incandescent, se transforme en oxyde de carbone. Une pluie d'eau est souvent disposée à la partie antérieure de la grille; cette eau très divisée, tombant dans le cendrier, le refroidit et se transforme partiellement en vapeur fournissant par sa dissociation de l'hydrogène qui enrichit le gaz combustible.

B. — Décrassage de la grille et conduite du gazogène. — On pratique d'ordinaire le décrassage en introduisant un ringard dans une ouverture ménagée dans la poitrine, ou bien on dispose dans des évidements pratiqués à cet effet une série de barreaux formant fausse grille. Les barreaux de la vraie grille sont ensuite enlevés pour provoquer la chute du mâchefer resté entre les deux. L'arrosage dont nous avons parlé facilite le travail de l'ouvrier, les mâchefers restant moins adhérents à la grille refroidie.

Pour décrasser, le gazogène n'est donc pas mis hors feu, ce qui est indispensable pour la régularité du chauffage.

Il importe aussi en pratiquant le décrassage au ringard de ne pas produire dans le charbon des vides tels que l'air, affluant en grande quantité, puisse brûler complètement le carbone, en donnant de l'acide carbonique et privant, par suite, le courant gazeux d'une quantité appréciable de gaz combustibles.

La préoccupation constante de l'ouvrier préposé à la conduite du gazogène doit être d'éviter la combustion complète du charbon déposé sur la grille. Par suite, le feu ne doit pas monter aux charges de combustible ; le chauffeur s'en assurera en inspectant,par le regard ménagé à la partie supérieure, l'intérieur du foyer et en effectuant le plus régulièrement possible les chargements prescrits. Au cas où le rendement en gaz combustibles viendrait à s'affaiblir il faudrait en provoquer un plus fort dégagement, non en activant le feu comme pour une grille destinée à donner directement de la chaleur par une combustion la plus

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parfaite possible, mais en chargeant une qualité de charbon plus riche en éléments combustibles et distillant avec facilité.

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