‹ Traité de métallurgie du fer, Volume 1Chapitre 82 sur 100 · IV. — Addition de manganèse · texte numérisé non relu

IV. — Addition de manganèse

Quand on veut fabriquer des aciers particulièrement riches en manganèse, on mêle dans une poche de coulée du fer liquide décarburé au four Maj*ti7i ou au Ressemer avec du ferro-manganèse d'une richesse convenable et en quantité telle que, même après désoxydatîon et recarburation, il reste assez de manganèse pour que l'acier en contienne à la dose recherchée.

Une addition aussi riche ne se fait pas dans le four lui-même afin de soustraire le métal manganèse à une oxydation trop rapide.

Article 6. — Au sujet de quelques nouvelles méthodes

Disons tout d'abord qu'il importe au plus haut point dans tout Traité didactique de ne pas attacher une importance trop grande aux nouveautés métallurgiques ; il faut laisser au temps le soin de faire son œuvre. Il y a loin de l'idée à sa réalisation pratique et industrielle. Aussi ne signalerons-nous que très rapidement les modifications les plus récentes offrant un assez sérieux intérêt.

Il semble que les efforts des métallurgistes tendent de plus en plus à la réalisation d'un métal pur en partant de matières premières quelconques au point de vue de la teneur en éléments nuisibles ou inutiles et en le fabriquant dans le minimum de temps. Pour y arriver, les inventeurs estiment que les matières impures doivent d'abord subir un traitement épurateur peu prolongé dans un premier appareil affineur où le laitier produit récupérera la plus grande partie des éléments nuisibles ou inutiles ; le métal épuré, séparé de son laitier et ainsi mis à l'abri des réactions subsidiaires qu'ils accompliraient l'un sur l'autre, est transvasé dans un nouvel appareil qui achèvera rapidement l'affinage.

A. — Procédé Bertrand-ThieL — Les usines de Kladno (Bohême) possédaient 2 fours Martin,run de 12 et l'autre de 20 tonnes, qui avaient été construits à la suite l'un de l'autre, le second en contrebas du premier d'environ 3 mètres. Ce hasard de construction donna l'idée aux

inventeurs de charger dans le four supérieur la fonte riche en silicium et en phosphore en la traitant à Tore process et de la couler dans le four inférieur recevant une charge pure dès que le laitier se serait formé dans le premier four.

Le four supérieur chargé le premier est fortement chauffé pendant 3 ou 4 heures, temps suffisant pour faire passer au laitier le silicium et la plus grande partie du phosphore.

Le four inférieur est chargé 2 ou 3 heures plus tard et quand ses matières supposées pures, traitées ou non à Tore process, sont fondues, on déverse sur sa sole, après décrassage s'il y a lieu, le métal du four supérieur ; mais en ayant soin de n'y pas laisser pénétrer le laitier riche en silicium et en phosphore élaboré dans ce four. Ce laitier est retenu dans le chenal de coulée.

C'est après que le mélange des deux bains s'est effectué et que les réactions qui en résultent sont terminées qu'on procède à la coulée,après avoir toutefois ajouté du spiegel, ou du ferro-manganèse, etc

B. — Procédé Stockman. — Dans ce procédé, le premier appareil réalisant l'épuration est un convertisseur Bessemer à revêtement basique sur le fond duquel on a disposé un réactif composé de minerai de fer magnétique et titanifère et de nitrate de soude (i), le tout recouvert d'une mince feuille de tôle. La fonte liquide venant du haut-fourneau est versée dans ce convertisseur, la feuille de tôle est bientôt fondue et le réactif produit son action oxydante en formant un laitier qui surnage à la surface. On opère alors le décrassage et le métal épuré est versé sur la sole d'un four à puddier ou d'un four Martin où se termine l'affinage par une des variantes de travail spéciales à chacun de ces procédés.

Signalons en terminant que plusieurs usines. essayent de hâter l'affinage sur la sole du four Martin en insufflant dans le métal par des tubes de 10 à 13 cm' de section un mélange d'air comprimé et de vapeur (Brevet Last et Wright).

(1) Ce procédé ne manque pas de ressemblance avec le procédé Healon qui sera défini plus loin.

METALLURQIB DU FER

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