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III. — Addition de nickel ou de chrome et nickeL

L'acier nickel se fabrique au four à sole acide ou basique sans difficulté spéciale. Le nickel plus ou moins pur est acheté directement par l'aciérie et ajouté à l'état de cubes ou de rondelles dans le bain d'acier vers la fin de l'opération. Il est bon de chauff'er à la chaleur rouge dans un four voisin ces morceaux de nickel pour hâter leur fusion et ne pas trop refroidir le métaUiquide.

Il n'y a, en somme, rien à changer dans le travail ordinaire ; le nickel introduit passe presque en totalité dans l'acier car il s'oxyde à peine.

On voit néanmoins combien s'agrandira l'échelle des aciers que peut fournir le four Martin ; car, tandis qu'avec le chrome on ne pouvait guère fabriquer que des aciers relativement riches en carbone, la teneur maxima en chrome ne dépassant guère 2 à 3 0/0, les teneurs en nickel peuvent varier de à 25 0/0 et s'associer avec les diverses teneurs en carbone qu'on rencontre dans la série des nuances ordinaires d'aciers.

La durée de l'opération n'est pas modifiée, on termine au ferromanganèse comme d'habitude. L'acier obtenu est calme et ne monte pas dans les moules, il semble très homogène, se coule bien, est très fluide et se solidifie assez rapidement. Quand il est très chargé en nickel, il a tendance à avoir un fort retrait.

Les débris qui proviennent de la fabrication elle-même ou de l'élaboration ultérieure du métal peuvent se refondre sans déchet pour le

nickel qu'ils contiennent, ce qui a pour le remploi des vieilles matières de ce genre une importance sérieuse.

On peut aussi associer dans un même acier le chrome et le nickel, indépendamment du carbone qui y figure toujours en teneur variable.

Il n'y a qu'à effectuer concurremment avec une addition de nickel une addition de ferro-chrome à la richesse convenable.

On prétend même que le nickel diminuerait la tendance très grande que présente le chrome à l'oxydation et dont nous avons parlé plus haut.

Une remarque d'un grand intérêt doit être faite au sujet des aciers chrome-nickely elle s'applique du reste à tous ces nouveaux aciers de la sidérurgie moderne dans lesquels entrent de si nombreux composants (1) :

Au point de vue absolu, il n'est pas possible de réaliser un bain homogène sur la sole d'un four Martin à cause des liquations que provoquent les variations de la température, même avec un acier dans lequel le carbone est l'élément primordial. Il semble que cet inconvénient ne peut que s'aggraver avec les aciers spéciaux, aussi voit-ou certaines aciéries faire usage dans leur élaboration de mélangeurs mécaniques, en fer ou en bois de bouleau.

M. Weddhig propose même le moyen suivant pour donner au bain d'acier l'homogénéité qui lui fait défaut : (de Billy, Revue des progrès de la Métallurgie).

Ajouter au bain de fer fondu un mélange composé du métal à y introduire, avec de la chaux et du coke ou du charbon de bois en poussier, La carburation s'effectue par une diffusion rapide du carbone dans toute la masse, produisant un mélange de ses différentes parties.

Cela dit, retenons que le nickel peut être incorporé à l'acier sans aucune difficulté, il faut cependant ajouter que pour qu'il puisse lui communiquer les propriétés spéciales dont Fétude sera faite dans la 2« partie de ce Traité, l'absence du soufre dans le bain d'acier est presque indispensable. La métallurgie du nickel ne peut offrir d'intérêt qu'autant qu'on traitera dans les appareils d'élaboration des fontes ayant été soumises à un traitement désulfurateur ; sinon, on incorpore-

(1) Dans la fabrication de tous les aciers où l'on incorpore du nickel il paraît démontré qu'une addition d'aluminium donne une grande homogénéité au métal ; par sa dÎFsolution, l'aluminium agite violemment le bain d'acier et de nickel et facilite beaucoup une union qui n'est pas très aisée (M. Paucan, d'après le D^ Léo).

rait au métal, non plus du nickel, mais des sulfures dont les propriétés sont très nuisibles.

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