‹ Traité de métallurgie du fer, Volume 1Chapitre 90 sur 100 · ACIER FONDU AU CREUSET · texte numérisé non relu

ACIER FONDU AU CREUSET

Article I®'. — Historique

C'est à Benjamin Huntsmariy horloger de Doncasler, mécontent des aciers allemands peu homogènes qu'il employait dans son industrie, qu'on est redevable du premier acier fondu.

Vers mO,Hunlsman alla s'établir à Altercliff exprès de Sheffieldyti, après de nombreuses recherches, parvint à fixer sur des bases définitives le nouveau procédé. La fabrication de l'acier fondu au creuset se développa rapidement et ce fut à Sheffield qu'elle finit par s'implanter et s'y perfectionner assez vite. On peut encore aujourd'hui considérer ce centre manufacturier comme un des plus importants de l'Angleterre au point de vue de cette fabrication spéciale. Sheffield a gardé longtemps la supériorité, grâce à sa position exceptionnelle qui lui permettait de recevoir facilement les fers de Suède dont la qualité jusqu'à ces dernières années n'avait pu être obtenue.

En FrancBy ce procédé de fabrication fit son apparition assez tard. A la suite d'avances faites par le gouvernement français à James Jackson^ fabricant d'acier à Bmninghamy cet industriel débarquait à Calais en 1814 (octobre). Jusqu'à cette époque, la France avait été tributaire de Y Angleterre pour l'acier fondu. Pendant les guerres du premier empire on avait payé dans notre pays jusqu'à 12 francs une livre d'acier valant 1 fr. 25 chez nos voisins.

Après de très grandes difficultés, Jackson put louer, en Août 1815, la forge du Pêcheur à Trablaine (Loire), petit hameau situé sur l'Ondaine qui va se jeter dans la Loire avoir traversé Finniny : ce ruisseau servit à mettre en mouvement les martinets de l'usine. L'emplacement sur lequel Jackson et ses fils édifièrent leur première usine s'appelle encore le quartier des Anglais.

Pendant le cours de l'année 1816, on put fabriquer une quantité notable d'acier cémenté et fondu au creuset ; la cémentation se faisait

avec des fers du Dauphiné et de VAriège^ de la houille tirée des puits de la région et du charbon de bois de chêne.

Vers la même époque se fonda l'usine de la Bérardière^ près de Saint-Etienne (Loire) ; cette usine essaya, mais en vain, d'employer pour la cémentation des fers indigènes.

Aujourd'hui, la fabrication des aciers fondus se fait principalement à Uiiieux (Loire), usine fondée par Jean Holtzer, ancien contrôleur d'armes de la manufacture de MulzigjàiAssailly[LoiTé), à Firminy (Loire), à Mon^/wpon (Allier), à /mp% (Nièvre), au Chambon-Feugerolles (Loire), etc..

Les aciers fondus des aciéries Holtzer à f/n/^waî jouissent d'une très grande réputation : les importants travaux de M. Brustlein ont beaucoup contribué à l'établir.

Les établissements précités fondent dans des creusets des fers puddlés provenant de fontes Rollet ou de fontes produites avec des minerais du Dauphiné ou des Pyrénées.

Pour les produits supérieurs, ils utilisent les fers au bois de Suède, etc..

Article 2. — Pratique du procédé.

Les variétés les plus importantes du procédé au creuset sont :

1°) Celle de Huntsman; c'est la méthode primitive consistant à fondre de petits morceaux d'acier cémenté ou autre, fortement carburé, sans addition ou avec addition d'un fondant capable d'y faire du laitier : du verre, par exemple.

2®) Celle de Marshall Heath, où l'on ajoute du Mn réduit préalablement par chauffage de l'oxyde avec des matières carburées, ou réduit dans l'opération elle-même par l'action du charbon de bois sur l'oxyde de Mn.

3°) La méthode de fojite et ferraille^ consistant à fondre du fer puddlé, de l'acier ou un mélange des deux en augmentant la proportion de C par une proportion plus grande de fonte.

4®) La méthode de la fusion carburante, dans laquelle on règle la teneur en C du produit par l'addition de matières carburées ; cette méthode est peu employée.

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