‹ Traité de métallurgie du fer, Volume 1Chapitre 89 sur 100 · III. — Classification des produits · texte numérisé non relu

III. — Classification des produits

Les barres de fer qui étaient primitivement unies et lisses sont, au sortir des caisses de cémentation, couvertes d'ampoules à leur surface : de là, le nom d'acier poule qui est donné au métal.

Si ces ampoules sont trop «ç-rosses ou trop nombreuses, elles indiquent un fer mal soudé : elles sont dues au CO produit par la réaction des scories interposées dans le fer sur le carbone de Tacier.

Les barres sont devenues très fragiles et leur cassure présente des facettes lamelleuses d'autant plus grandes que le métal est plus carburé. En trempant une barre dans l'eau après l'avoir préalablement réchauffée, sa texture se modifie considérablement, la cassure devient grenue et brillante et la dureté augmente : c'est de l'acier.

Le maximum de carbone qu'on peut faire absorber au fer par ce procédé est de 1,75 0/0 comme on Ta dit.

On pourra donc obtenir avec tous leurs intermédiaires les produits suivants :

Fer en barres. . . 1 à 2 millièmes de C

Acier doux .... 4 à 7 — C

Acier dur 10 à 12 — G

Acier très dur . . 15 — C

C'est uniquement par l'expérience que les fabricants se guident pour régler la durée de l'opération : opérant toujours sur les mêmes matières ils arrivent à connaître, et la quantité de charbon, et le temps de chauffage nécessaire, pour produire tel ou tel degré de carburation.

Autrefois, on se servait dans ce but de barres témoins, c'est-à-dire de barres de fer retirées de la caisse, qu'on examinait de temps en temps pour juger de la marche de la cémentation. On y a renoncé à cause des courants d'air qui brûlaient une partie du cément et gênaient la régularité de la carburation.

L'acier poule est loin d'être homogène; la carburation, d'une part, s'est produite bien plus énergiquement à la surface que dans les parties centrales des barres et, d'autre part, dans une même barre, il y a de

grandes différences de carburation aux divers points de sa longueur.

Il faudra donc, dès que les barres seront sorties des caisses de cémentation, commencer par les briser en un certain nombre de morceaux, de façon à pouvoir, par l'examen de la cassure, apprécier la teneur en carbone et classer le métal. On forme ainsi des lots répartis en un certain nombre de numéros. Pendant cette classification on mettra de côté les fers touchés^ (c'est-à-dire les fers qui ont senti Vair par suite de fissures dans les caisses ou les couvercles) ; ils se reconnaissent facilement à une pellicule ou liseré très brillant de fer brûlé {cristallin et oxyde) dans la cassure. On sépare aussi les grains blancs ou barres présentant dans leur cassure des grains de couleur blanc jaunâtre tranchant sur le gris bleuâtre des facettes : ces grains, provenant du métal mal affiné ou fonteux, se perpétueraient dans toutes les opérations ultérieures, même après fusion au creuset.

Il importe donc de donner à l'acier poule, par des opérations ultérieures, rhomogénéité qui lui manque. Ces opérations sont le corroyage et la fusion au creuset.

Nous ne dirons que quelques mots du corroyage nous réservant de traiter dans le chapitre suivant la fabrication de Tacier au creuset-

On .peut appliquer au métal de chaque lot le procédé d'épuration par conoyage.

Avec les morceaux d'acier qui ont environ 40 cm. de longueur on forme un paquet ou trousse qu'on maintient avec des cercles en fer. Ce paquet est chauffé au blanc soudant, soudé alors au pilon ou au martinet et étiré ensuite sous forme de barre qui prend le nom d^acier raffine à 1 marque ou une fois corroyé.

Si l'on veut accroître l'homogénéité du métal, on casse en deux la barre corroyée, on superpose les deux moitiés qu'on soude ensemble et qu'on étire de façon à obtenir une barre semblable à la première. Ce sera de V acier raffiné à 2 marques ou deux fois corroyé^ et ainsi de suite.

En pratique, on ne va jamais au delà de 3 corroyages pour les raisons que nous avons déjà données à propos du corroyage des aciers ou fers puddlés.

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