CONCLUSION
Nous avons terminé Tétude des procédés d'élaboration des métaux ferreux, soit la première partie de notre Traité.
Ainsi qu'on l'a dit au début de ce travail, il a été reconnu impossible de réunir dans un même appareil la réduction tiV affinage oxydant. Il faut donc, en Tétat actuel de l'art sidérurgique, pour produire le fer et les diverses nuances d'acier, deux appareils bien distincts dans leurs effets :
L'un de fusion réductive, c'est lehaut-fourneau produisant la fonte;
L'autre, où s'accomplira l'affinage, et qui pourra être :
Le four à puddler 1 Produisant les fers et
Le four Martin . . > ., , . ( aciers puddlés ou les La cornue Bessemer \ ""''^^ "" ^"'•^"*'- ^rs et ïes aciers fon-
Le creuset \
Cependant, quelques métallurgistes ont pensé, et l'idée est certainement séduisante, qu'au lieu de fondre les minerais au haut-fourneau en incorporant au produit fondu, par le fait même de l'opération, une quantité notable de corps à éliminer ultérieurement, il vaudrait mieux les réduire simplement à l'état A' éponges douces ou à' éponges carburées ; en un mot, réaliser le direct process.
La suppression du haut-fourneau est une conception à laquelle sont venus se heurter déjà bien des esprits ; nous ne saurions prédire ici ce que l'avenir réserve à ces essais souvent renouvelés, surtout de l'autre côté de l'Atlantique.
En France,'nous devons citer M. Chenot père qui s'occupa le premier (le cette question et poursuivit ses recherches jusqu'à sa mort. Son fils les continua sans être plus heureux dans les résultats.
L'appareil Chenot se composait d'une cornue prismatique en briques
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réfractaires à parois à peu près verticales et s'évasant légèrement par le bas pour faciliter la descente des charges. Ces cornues étaient réunies deux par deux de manière à former un massif sensiblement carré. On opérait, en somme, dans ces appareils, à l'aide de minerai riche, une fusion réductive en même temps qu'une oxydation d'après le procédé primitif.
Malgré l'insuccès des tentatives de MM. Chenot père et fils,le même principe fut appliqué en Amérique^ en 1873, par l'ingénieur Bluir ; la forme cylindrique adoptée pour les cornues les rendait plus solides et facilitait la descente des éponges métalliques.
Pour le chauffage on utilisait, soit un foyer à la houille^ soit un foyer à gaz, tant pour l'appareil Chenot que pour l'appareil Blair.
On mêlait au minerai 20 0/0 d'anthracite ; l'éponge réduite arrivait au bas de l'appareil pour y recevoir un bon coup de feu final destiné à fondre les matières, à oxyder la masse et à souder les particules métalliques.
Dans un autre ordre d'idées, mais avec un succès sans cesse grandissant, nous devons signaler les progrès considérables réalisés par les procédés de fusion électrique. Le four de M. Moissan constitue à cet égard un appareil remarquable.
Des creusets destinés à la fusion électrique de la fonte et de l'acier sont déjà entrés en pratique courante dans quelques aciéries.
L'électricité deviendrait-elle bientôt un nouvel agent sidérurgique?
L'avenir nous l'apprendra.