‹ Traité de métapsychiqueChapitre 197 sur 327 · A. S. P., 1898, VII · texte numérisé non relu

A. S. P., 1898, VII

rêve en plaisantant. Six semaines après, exactement, M. D ... est tué par un accident de cheval.

S'il n'y avait que ce cas dans la science, on ne devrait admettre que la coïncidence, mais l'explication par le hasard peut toujours être adoptée, et il y en a trop pour que le hasard joue toujours un si grand rôle dans notre vie. Le hasard, c'est le Dieu des ignorants.

Armand Garrel voit en rêve sa mère vêtue de deuil, qui pleure. « Cest pour toi que je pleure, mon fils », lui dit-elle. Or, le jour même de ce rêve, Armand Carrel écrivait dans le National le célèbre article qui lui valut un duel avec Emile de Girardin, duel où il fut tué.

Nulle valeur prémonitoire à ce rêve, car Armand Carrel pouvait supposer que l'article (qu'il méditait] n'était pas sans péril pour lui.

Le cas suivant, encore qu'il ne soit pas tout à fait une auto-prémonition, mérite de s"en rapprocher • car il s'agit d'un médecin qui a prévu la mort de son enfant. Peut-être certains signes, atteignant son inconscience, ont-ils permis ce pronostic (?)

Le Dr de Sermyn voit en rêve son enfant, de quatre ans, tomber dans le poêle, et périr brûlé, carbonisé. Il se réveille, court à la chambre de son enfant, qui dormait paisiblement. « Dieu merci, se dit-il, ce n'est qu'un rêve. » La nuit passée, l'enfant est toujours bien portant, sans aucun trouble. Mais ce même jour, à midi, il est pris de fièvre assez forte. Alors, hanté par le souvenir de son rêve, M. de S... comprend que son fils est perdu. Pourtant un confrère, appelé, déclare que la maladie est sans gravité. Mais d'heure en heure la maladie s'aggrave (une broncho-pneumonie généralisée) et le quatrième jour l'enfant meurt.

Ici encore, comme pour beaucoup de cas de monitions, je serais pour ma part, ainsi queFR. Myers, ainsi queBozzANo, tenté de croire qu'il s'agit là de phénomènes d'ordre métapsychique, mais la démonstration rigoureuse est impossible.

1. Contribution à l'étude des facultés cérébrales méconnues, p. 29.

PRÉMONITIONS 4b:i

Le Dr von Gudden (cas XV), avant de partir pour le château de Hochenswaugen, rêve qu'il se noie et se débat avec un homme au fond de l'eau, et il raconte ce rêve à sa femme. Quelques jours après, il est trouvé au fond de l'eau, noyé avec le roi Louis de Bavière.

Ici la prémonition est évidente.

Elle l'est encore plus dans le cas suivant, un des plus remarquables (cas XVII).

En 1895, M. Lukawski, de Pétersbourg, employé supérieur au ministère de la Marine (ce qui ne signifie pas du tout qu'il prenait souvent la mer) rêve qu'il est à bord d'un grand navire, qu'il y a collision, qu'il tombe à l'eau, qu'il se trouve dans l'eau avec un passager, et que finalement il se noie.

A partir de ce moment, il est convaincu qu'il mourra dans un naufrage, et met, comme si la mort était proche, ses affaires en ordre. Pourtant, au bout de quelques mois, déjà le souvenir de ce rêve s'affaiblissait, quand soudain il reçoit l'ordre de partir pour un port de la mer Noire. Cela rappelle son rêve. Il part, disant à sa femme : « Tu ne me reverras plus ; quand je serai mort, prends le deuil, mais pas ce voile noir que je déteste... » Deux semaines après, le Vladimir, navire sur lequel M. Lukawski s'était embarqué, entre en collision avec un autre navire, et M. Lukawski fut noyé. Un passager du Vladimir, M. Henicke, qui a réchappé, a raconté qu il se trouva pendant quelques instants sur une bouée de sauvetage avec M Lukawski.

Mad. Dudlay, de la Comédie Française, raconte une scène spiritique, où Irène Muza était médium. Irène, en 1908, se met à pleurer quand il- est question de ce qui se passera en 1909, et dit : « C'est horrible » mais ne précise pas davantage. Elle mourut brûlée vive, le 23 février 1909. Or, cette prémonition est trop vague pour avoir quelque autorité.

La petite fille de M. Domenico Fleres, conseiller à la Cour d'Appel de Palerme (âgée de huit ans), quand elle part pour Messine, dit à sa grand'mère : « Adieu, grand" maman, nous ne nous reverrons

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plus!... » Quelques heures avant la catastrophe de Messine, quand sa mère lui mettait des chaussettes de nuit, l'enfant lui dit : « Pourquoi me mets-tu ces chaussettes de mort ? » et elle répéta « mes chaussettes de mort ». Elle mourut dans la catastrophe de Messine (cas XVIII).

Un enfant (cas XIX) âgé de douze ans, s'était vu couché dans un cercueil, il raconte ce qu'il voit dans un état de demi hypnotisme. Huit jours après il se noya dans un lac.

Le cas n'est pas très démonstratif, car l'enfant était maladif, et on peut admettre un suicide.

Les auto-prémonitions sont toujours un peu suspectes, car assez souvent une explication uon métapsychique peut être donnée. Cependant, parfois, comme pour lecasLoKAwsia, comme pour le cas Banister, comme pour le cas von Gudden, il y a prémonition cryptesthésique évidente.

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