Relation de diverses expériences, P. S. P. R
urinaire survient, puis les douleurs disparaissent par suite du coma urémique (la tête sera prise, avait dit Alice).
La mort de M. Yung m'a causé beaucoup d'ennuis. J'ai eu de très gros soucis dus à la mort inopinée de mon éminent collègue. Ma position comme directeur de la Revue scientifique a été sur le point d'être compromise.
Je dois dire d'ailleurs que j'avais complètement oublié la prémonition donnée par Alice (prémonition inscrite cependant dans mes notes), quand Alice, apprenant par les journaux la mort de M. Yung et les difficultés qui suivaient sa mort, m'a, dans l'état hypnotique, rappelé la remarquable prédiction qu'elle avait faite.
L'autre prémonition d'ALicE est plus extraordinaire encore. Comme elle est inédite, je dois la donner avec tous les détails nécessaires.
J'avais coutume de la laisser quelques heures en sommeil hypnotique ; elle restait ainsi absolument immobile. Il m'a semblé qu'alors, quand je revenais, deux ou trois heures après, la clairvoyance était plus développée. Or, ce jour-là, elle me dit, quand je reviens, que quelque chose de grave va se passer : « Vous allez avoir une colère, une colère très violente, extrêmement violente. Il y a des gens là, là et là » et elle indique avec la main comme s'il y avait trois ou quatre personnes tout autour de moi... Cela ne m'émeut guère, car je n'ai pas l'habitude de me mettre en colère. Mais elle insiste, elle insiste tant, elle est tellement troublée que je suis forcé de la réveiller. Il était 14 heures, un mercredi.
Or, ce même jour, à 18 heures, je vais aux bureaux de la Revue scientifique, 111, boulevard Saint- Germain, pour corriger les épreuves du journal, avec le Dr Héricourt, secrétaire de la Revue scientifique. Henri Ferrari, directeur de la Revue Bleue, était là aussi à corriger les épreuves de la Revue Bleue. Et nous étions là, tous les trois, attentifs à ce travail absorbant, quand arrive un des collaborateurs de la Revue (lequel par parenthèse est devenu mon confrère). Il nous regarda, un peu étonné. Je lui dis : « Accordez-nous quelques minutes ; nous aurons bientôt fini. » Il se promène en long et en large pendant que nous corrigeons nos épreuves. Alors je ne sais quelle étrange, quelle invraisemblable
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lubie lui passe par la tête : il se campe devant Henri Ferrari, et lui dit : « Vous me faites l'effet d'un roitelet, et, vous savez, je m f... de vous. » Je vois H. Ferrari pâlir, muet, stupéfié, ne comprenant pas. Alors une colère furieuse me prend, et, frappant la table, je dis à X... « Et vous, vous n'êtes que le dernier des voyous. Sortez ! » Je vais à la porte, et je l'ouvre.
Le soir X... m'envoyait une lettre où il me proposait un duel (c'est la seule provocation à un duel que j'aie reçue). Bien entendu j'ai laissé sa lettre sans réponse, et à quelques années de là nos relations ont repris, excellentes.
Ce qui importe, ce n'est pas cette médiocre et absurde histoire, c'est ce fait curieux d'un événement invraisemblable, absolument invraisemblable, ayant provoqué eu moi une très légitime et très violente colère (une des plus légitimes et des plus violentes que j'ai eues dans ma longue vie), colère que quatre heures auparavant Alice m'avait annoncée, en me désignant du doigt, deux, trois, quatre personnes autour de moi.
p. — Prémonitions spiritiques.
Les prémonitions que j'appellerai spiritiques ne sont pas toujours nettement différentes des autres. Ce qui les caractérise, c'est que le sujet, au lieu de rester passif et d'être pendant sa vie normale, de veille ou de rêve, envahi parle phénomène métapsychique, fait effort pour connaître les choses à venir, soit .par la planchette, soit par l'écriture automatique, soit par la psychométrie, soit par la vision dans le cristal. C'est une expérience qu'il fait, ce n'est pas un accident qu'il subit.
Mad. Piper, ou, si l'on veut, Phinuit, -a fréquemment, soit pour les maladies, soit pour les morts, soit pour de petits événements, fait des prophéties qui se sont réalisées (cas XXI à XXIV de B...
Le 10 mai 1892, Phinuit dit que le frère de M. T..., que Mad. Piper ne connaissait pas, aune maladie des reins, que le cœur s'arrêtera et qu'il ira alors dans le monde des esprits. En effet, on constata, quelque temps après, que M. T..., avait une maladie des reins, ignorée des médecins. Il mourut de syncope pendant son sommeil, le 3 septembre 1892.
Le Dr Louis Cohen, de Saint-Louis (États-Unis) rend visite à Mad. Léonard, qui lui dit : « Votre père est mort (et elle lui décrit exactement son père) vous allez être appelé par un télégramme pour retourner en Amérique. » C'était le 20 avril. Le 23 avril M. Cohen recevait par télégramme la nouvelle que sou père venait de mourir, et qu'il fallait revenir en Amérique.
M. S. Shaw (XLI de B...) cite le fait d'uue médium professionnelle de Londres, qui lui dit « Votre mère est morte » (ce qui était faux). Elle se reprend et dit : « Elle mourra d'ici à trois mois. Elle est bien portante en ce moment. Pourtant le travail la fatigue et elle a besoin de se coucher dans la journée. Sa mort sera subite. »
Deux mois après, M. S. . . recevait une lettre de sa mère, lui disant qu'elle était en excellente santé, mais qu'elle avait besoin de se coucher dans la journée.
Elle mourut subitement deux mois et demi après la prémonition.
E. M..., secrétaire de W. Stead, était de santé délicate et de désagréable humeur. Stead songeait à s'en séparer. Julia, le guide de W. Stead, dans le sens spiritique du mot, écrivit en janvier (par la main de Stead : « Soyez patient, elle viendra nous rejoindre à la fin de Vannée. » Et cette prédiction fut répétée à maintes reprises. En juillet, E. M... fut très malade. Julia écrivit : « Elle guérira, mais succombera avant la fin de Vannée. » En décembre, E. M... eut l'influenza et Julia écrivit : « Elle ne viendra pas ici d'une façon naturelle, mais ce sera avant la fin de Vannée. » Le 10 janvier, E. M... était extrêmement malade et Julia écrivit : « Je puis ni1 être trompée de quelques jours, mais tout ce que j'ai dit est vrai : faites-lui vos adieux. » Le 12 janvier, dans un accès de délire, E. M... se jeta par la fenêtre et succomba.
Un ami de M. Stead, M. Tracy, venant de l'Inde en Angleterre, pour y séjourner longtemps, avait tout disposé pour une série de conférences sur le libre échange et autres sujets, à Manchester et ailleurs. Julia, par l'intermédiaire de Stead, lui dit d'abord