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Amer. S. P. R., XIV

468 métapsychique subjective

De fait la prémonition devient plus exacte encore que je ne l'indiquais à cette époque. Olivier L... tué par la catastrophe du chemin de fer du Nord, n'était pas le fils, mais le beau-fils de Mad. L... La fatalité de nos existences est inexorable. Mad. L... avait un fils, Gilbert L... qui mourut subitement, peu de temps après, d'uue syncope cardiaque consécutive à une légère diphtérie qui paraissait presque guérie.

Quelques faits de prémonition ont été signalés par Rémy *, d'autant plus intéressants à signaler que Rémy se donne dans son livre la tâche de démontrer que presque tous les phénomènes, dits spirites, sont dus à des farceurs qui réussissent à illusionner des spectateurs naïfs. Mad. X... fille d'un inspecteur primaire de Lot-et- Garonne, s'amusait à faire parler une table devant quelques amis. « Demandez à quelle époque je prendrai ma retraite ». dit M. X... en plaisantant. « Dans huit jours », répondit la table, ce qui fit rire tout le monde ; car M. X .., âgé de quarante-cinq ans, était en excellente santé, et ue songeait nullement à quitter ses fonctions.

Or, M.X... mourut presque subitement quarante-cinq jours après.

Je me permettrai défaire remarquer que M. Rémy, si sévère pour les expériences des autres, est bien indulgent pour cette prémonition, qui ne prouve absolument rien.

Un éminent écrivain, Paul Adam (cas XCI de B...) pouvait écrire automatiquement des messages que lui transmet, dit-il, l'Étrangère. « Un soir, X Étrangère dit à un des amis de P. Adam, célibataire endurci : « Dans quatre ans tu te marieras, ta fiancée habite tel numéro, avenue Marceau. » Or, à ce moment ce numéro, de l'avenue Marceau était en pleine démolition.

Quatre ans après, à l'hôtel qui fut construit là, l'ami de Paul Adam voyait pour la première fois, dans une réception nuptiale, une jeune fille avec laquelle il se fiança et se maria.

Le cas suivant, très étrange, est un des plus remarquables de toute la littérature métapsychique (cas GXII de B...).

1. Spirites el illusionnistes, in-12°, Paris, Leclercq, 1911, 130.

PRÉMONITIONS 469

Le 11 décembre 1901, Mad. Vkrrall écrit par l'écriture automatique : « II ne faut rien négliger, les faits les plus insignifiants peuvent servir ; aie confiance..., le froid était glacial, et une bougie répandait une pâle lumière. Il lisait Marmontbl, couché sur un sofa ou sur le lit à la lumière d'une simple bougie. Elle s'en souviendra certainement (il s'agit probablement de Mad. Sidgwick); le livre lui était prêté , Une lui appartenait point-» . Mad. Vbrrall, le 17 décembre, eut un second message : « Le nom de Marmontbl est exact... un livre français, je crois que c'étaient ses mémoires. Le nom Passy peut aider à se rappeler Passy ou Fleury. Le l'ivre était relié en deux volumes, et il l'avait en prêt, relié à l'ancienne. Le nom de Marmontel n'est pas sur la couverture. »

Or, le 1er mars, un ami de Mad. Vbrrall, M. Marsh, raconta à table, chez Mad. Verrall, qu'il avait lu les mémoires de Marmontbl, à Paris, par une nuit glaciale(daus la soiréedu 20 au "21 février) à la lumière d'une bougie, une fois coucbé dans son lit, une autre fois étendu sur deux chaises, qu'il avait parlé de son contenu avec ses amis de Paris, que l'ouvrage (les Mémoires) était en trois volumes, mais qu'il n'en avait pris que deux, en prêt à la Bibliothèque de Londres, et que le 21 février il avait lu le chapitre où Marmontbl raconte la découverte d'une peinture faite à Passy, découverte à laquelle se rattache le nom de Fleury.

Ainsi voici une série d'événements qui ont été prédits, dans leurs détails les plus minuscules, et les plus imprévoyables, comme certes la lecture des Mémoires de Marmontbl (que personne ne lit jamais) à la lueur d'une bougie ; ils se sont passés le 21 février 1902, et ont été annoncés le 11 décembre 1901.

Mad. FREER(cas G deB...), regardant dans le cristal, voit, à l'extérieur de la petite fenêtre de sa chambre, une figure d'homme enveloppée de quelque chose d'indéfinissable, qui regarde.

Trois jours après, comme il y avait un incendie, un pompier arriva par cette petite fenêtre, avec la figure enveloppée d'un linge mouillé. C'était tout à fait l'image qu'elle avait vue.

J. Maxwell a cité un intéressant cas de prémonition. A... dans le cristal a vu un grand steamer à trois bandes horizontales, noire,

blanche et rouge, portant le nom de Leutschland, enveloppé de fumée et sombrant, avec des passagers et des gens en uniforme courant de tous côtés sur le pont. Huit jours après, les journaux annonçaient qu'une chaudière du Deutschland avait éclaté. A... ne s'occupait nullement des choses maritimes.

On ne peut guère parler des prédictions relatives à la graude guerre de quatre ans : car elles sont toutes très vagues, sauf celle de Saurel, qui sera indiquée plus loin. Malgré le soin avec lequel Hyslop les a recueillies, les prémonitions de Mrs Chenoweth sont bien incertaines ; c'est-à-dire qu'une intelligence normale humaine aurait pu dire à peu près tout ce qu'a dit Mrs Chenoweth.

Quant aux prémonitions non détaillées, dans lesquelles des événements graves (en général des morts), ont été annoncés par des bruits violents, des coups, il y en a de nombreux cas, très peu probants, évidemment l. Je me contenterai d'indiquer le cas suivant, qui est curieux, celui du Rév. Trever Bail Wood qui a entendu, la veille de la mort de son père, trois coups bien distincts sur les chenets de sou feu. Le même T. B. Wood à entendu, le 20 octobre 1919, des coups très forts, que sa servante Gjril a entendus aussi. Alors il a dit : « Ce sont les coups des Wood » (It is the Wood Knockings) : « quelqu'un va mourir ». Trois jours après une de ses cousines, jusque-là tout à fait bien portante, mourait subitement.

y. — Prémonitions accidentelles.

J'appelle accidentelles les prémonitions qui surviennent chez des sujets normaux, sans qu'il y ait quelque expérimentation, sans vision par le cristal, sans mains sur la planchette, sans écriture automatique. C'est la prémonition qui va les trouver, à l'improviste, et les surprendre.

Ces prémonitions inopinées sont aussi les plus intéressantes. Elles sont en général plus remarquables et aussi plus nombreuses que les prémonitions expérimentales.

Nous les classerons, avec Bozzano, de la manière suivante :

A. — Prémonitions de maladies ou de morts ;

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