‹ Traité de métapsychiqueChapitre 202 sur 327 · Mvbrs, P. S, P. R., XI et Kingsford, loc. cit · texte numérisé non relu

Mvbrs, P. S, P. R., XI et Kingsford, loc. cit

PREMONITIONS 471

a. Morts ou maladies, dues à des causes naturelles ; /;. Morts dues à des causes accidentelles; c. Morts se produisant traditionnellement en uue famille. IL — Prémonitions d'événements divers.

•('. — Prémonitions de maladies ou morts dites à des causes naturelles.

Miss B... est très inquiète sur la santé de son père, que les médecins assurent être très légèrement malade ; c'est une angoisse qui ne la quitte pas. Elle se hâte toujours de rentrer et ne rentre qu'en courant, tant elle a peur d'apprendre un malheur. Cela dure plusieurs jours ainsi. Un jour son père tombe brusquement foudroyé par l'apoplexie.

Ce cas n'a absolument rien de probatoire, puisque à divers symptômes Miss B... pouvait sans doute deviner la maladie de son père. Nous le citons seulement pour indiquer qu'il ne faut à aucun prix, comme on le fait trop souvent, mentionner des cas semblables comme ayant quelque importance (cas XXVII de B...).

M. Salvatore Balsamo au chevet de son beau-frère malade, quelque temps avant que celui-ci meure, entend dans la pièce voisine un bris de vaisselle et de verres. Diverses personnes, qui étaient aussi auprès du mourant, entendent ce fracas, et constatent qu'il y a de grands coups forts, frappés sur la terrasse, dont il est impossible de trouver la cause naturelle (cas XXXI de B...).

Là encore la prémonition est trop vague, et la mort du beaufrère de M. Balsamo trop probable pour que ce récit soit à retenir. De pareils cas ne seront instructifs qu'après qu'on en aura réuni et méthodiquement étudié un graud nombre.

La sœur de Mad. Baker (cas XXXIII de B...) voit un cercueil devant le piano de son salon : elle tombe presque évanouie en racontant cette vision. Trois semaines après, une autre des sœurs de Mad. Baker meurt, et on met son cercueil juste devant le piano, à la place que sa sœur avait vue.

Moritz raconte l'histoire du pasteur Ulrici qui voit en rêve un

472 METAPSYCHIQUE SUBJECTIVE

sien ami, mort. Il raconte ce rêve à sa femme, va à l'église et fait son sermon habituel, poursuivi toujours par la ténacité de son rêve. Dans la journée il voit venir une servante du village de R... où demeurait le pasteur son ami, qui le prie de venir baptiser un enfant. « Pourquoi ri est-ce pas le pasteur, mon ami. — Parce qu'il ne peut pas. — C'est, dit M. Umici, qu'il vient de mourir x. »

Ainsi le pasteur Ulrich a vu la mort de X... onze heures avant la mort de X..., et dans les conditions exactes où la mort a eu lieu.

Le Rév. Dulley raconte que Mad. Jones, veillant son enfant malade, aux premiers jours de septembre, voit trois petits cercueils mis dans un char, deux blancs et un bleu pâle. Le 2 octobre, meurt le petit Pierue Jones, et en même temps meurt aussi le petit garçon d'une voisine. Les deux enterrements se font le même jour, en deux cercueils blancs. Au dernier moment on amène un troisième cercueil bleu pâle : c'est celui d'un enfant mort dans la même paroisse, et que Mad. Jones ne connaissait pas. Quand le troisième cercueil apparut, Mad. Jones s'écria: « Voilà mon rêve ». Elle avait d'ailleurs, le matin même de la nuit où était survenu ce rêve, raconté tout à son mari.

M. Adrien Dufilhol- raconte que son grand-père entend une voix qui lui dit : « Une mort dans la famille. » — « Est-ce moi, qui suis le plus vieux ? » pensa mentalement le grand-père. — « Non, répondit la' voix, c'est Adolphe Planes (Adolphe Planes était le frère de Mad. Dufilhol). De fait, Adolphe Planes n'était alors nullement malade : deux mois après il mourait presque subitement.

Voici un cas de prémonition qu'il est difficile, mais non impossible, d'attribuer à une coïncidence. M. Lauritzen3 n'a jamais écrit sur son carnet de notes qu'un seul rêve : « J'ai rêvé il y a trois jours que F. F... serait libre dans quatre ans » de mot « être libre » signifie mourir/. A ce moment, M. F. F... était en parfaite santé.

1. Cité par Passavant, Unters. ùber tien Lebmmagnetismus, 2e édit., p. 13ô, Francfort, 1837.

Page 1