Revue spirite, LX1I
accompagneut le corps. L'enterrement se fit alors en passant par le côté gauche delà colline, comme l'avait vu dans son rêve Mad. Thomas. A ce propos, Bozzano fait remarquer que les phénomènes prémonitoires de funérailles sont fréquents.
Mad. Gwendoline Janesson (ce nom est un pseudonyme)1 rêve qu'elle voit, dans la nuit du 2 au 3 août 1919, un enterrement, et elle entend une voix qui lui dit : « C'est Léonard ». Elle voit le cortège funèbre suivi par M. V... et p;>r M. L..., les deux meilleurs amis de Léonard, son fiancé. Puis elle se trouve seule devant la tombe, et M. L... lui prend le bras. Elle raconte ce rêve à sa mère. Le 5 août, elle passe la journée avec son fiancé qui paraît être en excellente sauté. Mais le 0 août, Léonard meurt subitement (angine de poitrine, d'après un témoignage médical). Rien ne pouvait faire soupçonner la mort de Léonard qui est mort subitement2.
Pour moi, je n'ai eu qu'un rêve prémonitoire. Encore cette prémonition est-elle bien vague. Une nuit (moi qui ne rêve jamais, et pour cause, de musique), je rêve que j'entends très distinctement la marche funèbre de Chopin. L'impression est très nette ; et je me demande de quel éminent personnage je vais apprendre la mort. Trois ou quatre jours après, je suis convié à un grand enterrement, et alors je me persuade qu'il y a eu là une prémonition intéressante. A cause de cela peut-être, je me rends à cet enterrement, m'attendant toujours à entendre la marche funèbre. Je fus fort désappoiulé, car il n'y avait rien de semblable. Mais, revenant chez moi, je me croisai avec un enterrement militaire, et la musique jouait la marche de Chopin. S'agit-il là d'uue coïncidence ? C'est très possible, encore que je sois un peu disposé à croire qu'il y a eu plutôt prémonition.
Le Dr Haye, à Norwalk, rêve que trois des jeunes collégiens de son Institut, se sont noyés, et il recommande à ses collègues de l'Institut une grande prudence. Le lendemain, au moment du départ des enfants pour une promenade, il renouvelle ses recom-
1. Premonitory dream, J. S. P. R., février 1920, 161. :i. Collnpxed in his chair and died of heart failtire.
PRÉMONITIONS 481
mandations. Cependant l'accident se produisit et trois des enfants furent noyés (cas LIX de B...).
Mad. Mastro Pietro, paysanne âgée, habitant Castel di Guido, dans une localité assez déserte, voisine de Rome, fait toutes les nuits des rêves effrayants. Elle entend des plaintes, et distingue les cris de sa fille Caroline, mariée, et habitant Rome. Un matin enfin elle se décide à aller à Rome, et elle arrive à temps pour apprendre que sa fille vient d'être brûlée, et qu'elle est morte depuis quelques instants (cas LXV de B...)-
M. Nolte voit sa nièce Hélène, petite fille de six ans (?) écrasée par un tramway (17 heures 30; . Il raconte son rêve, et recommande de la prudence dans la surveillance de l'enfant.
Tout de même, comme si on n'échappait pas à la destinée, à 17 heures 30, le même jour, b petite Hélène, traversant la rue, fut écrasée et tuée par le tramway.
Le cas suivant, bien étudié par J. Hyslop (cas LXVIU de B...) est d'un intérêt extraordinaire. Il pourrait prêtera de nombreux commentaires.
En juillet 1897, Mad. D..., dont la fillette Bettie a deux ans, entend, toutes les fois quelle pense à l'avenir de Bettie, une voix qui lui dit : « Elle rien aura pas besoin ». Quand elle veut acheter des souliers pour l'enfant, la voix lui dit : « Elle rien aurapas besoin » . A diverses reprises, elle voit en rêve, ou en vision à l'état de veille, le berceau du bébé en flammes. Huit jours avant la catastrophe, elle sent une odeur de brûlé, et cependant il n'y a rien d'allumé dans la maison. Une heure avant la catastrophe, elle a l'idée de détruire les allumettes qui sont dans la chambre. Mais elle se dit : « Je le ferai tout à l'heure quand mon fils sera rentré ». A 10 heures elle couche Bettie dans son berceau, et pendant ce temps elle entend une voix qui lui dit : « Retourne le matelas ». Comme elle était pressée, elle dit, en plaisantant, à Bettie : « Je retournerai le matelas quand tu auras fait dodo ».
Peu d'instants après le berceau était entouré de flamme*s, et la petite Bettie mortellement brûlée.
Riohït. — Métapsychique. 31
Ou a supposé que l'enfant avait trouvé une allumette dans le matelas, l'avait fait flamber, et ainsi déterminé l'incendie.
Le fait suivant, des plus remarquables, est dû à mon savant collègue, Thoulet, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy1, qui me l'a confirmé oralement maintes fois.
Thoulet, alors étudiant, était allé en Italie, à Rivazzano, pour être l'aide d'un jeune ingénieur français, M. F..., dont la femme habitait Toulon. M. F... et Thoulet couchaient dans deux chambres contiguës. Soudain, au milieu de la nuit, Thoulet se lève, entre dans la chambre de F... et lui dit : « Vous venez d'avoir une petite fille : le télégramme dit... » et il se met à lire un télégramme (imaginaire) dont il voit nettement le dessin, car les mots peu à peu s'effaçaient. Quelque temps après-, M. F... recevait cette même dépêche avec les mots mêmes et le dessin que Thoulet avait si nettement vus dans un éclair de lucidité. « Je n'ai aucune preuve matérielle à fournir, dit maintenant Thoulet. Si quelqu'un me racontait cette histoire, je n'y croirais pas, mais je suis bien forcé de m'avouer à moi-même qu'elle est vraie. »
Le quaker Etienne de Grillet (cas LXX de B...) raconte que la comtesse Toutschkoff, femme d'un général russe, rêve, avant l'arrivée des Français en Russie (1812;, que son père vivant vient à elle, tenant son fils aîné par la main et lui dit : « Ton bonheur est fini ; ton mari est tombé à Borodino ». Ce rêve se répète trois fois. Elle en parla au général en lui demandant où est Borodino ? Le général ne connaissait pas le nom de cet obscur village, qu'ils cherchèrent vainement sur la carte. Quelques mois après le père de la comtesse entra dans sa chambre, tenant son fils aîné par la main, et dit, comme dans son rêve : « Ton mari est mort, il est tombé à Borodino ! ».
M. Ivey, à Forney (Texas) se lève le 19 décembre, au matin, dans un état d'angoisse inexprimable au sujet de son fils qui, âgé de dixneuf ans, est allé s'établir dans une campagne voisine, et ne court d'ailleurs aucun danger. En même temps, Mad. Ivey rêve, à 7 heures
du matin, qu'elle a fait un voyage en voiture, qu'elle est dans une