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Combien de temps exactement

PRÉMONITIONS 483

chambre inconnue, entourée d'une nombreuse famille, où il y a une jeune fille inconnue et des enfants qui vont partir pour l'école.

Or il y avait, dans ce rêve, à la fois monition et prémonition.

Le fils de Ivey avait eu un grave accident de voiture le 17 décembre, de sorte que l'angoisse de M. et Mad. Ivey a été une angoisse monitoire, et non prémonitoire, parce que consécutive à l'accident. Ce qui a été prémonitoire, c'est l'arrivée en voiture de Mad. Ivey — car elle avait manqué le train — dans la famille inconnue, dans la chambre inconnue, au lit de son fils, mort le 19 décembre à 1 heure du matin. Tous les détails relatifs à son arrivée étaient conformes à son rêve (cas LXIX de B...).

On doit faire quelques réserves sur le caractère prémonitoire de cette vision ; car elle peut s'expliquer à la rigueur par la vraisemblance des événements consécutifs à la monitiou même.

Trois fois dans le cours de l'année 1909, Mad. Brot (d'Alais) écrit au comte de Tromelin pour lui dire qu'elle a le pressentiment qu'elle sera veuve avant la fin de l'année, et qu'un grave accident de chemin de fer causera la mort de son mari.

Or, le 10 décembre 1909, M. Brot, employé à la gare d'Alais, a la tète écrasée par un tamponnement de wagon (cas LXXXI deB...).

Mad. Lolla rêve, en Russie, que sa mère entre dans sa chambre et lui dit : « Lolla, n'aie pas peur ; le feu est à la grange ». Le lendemain le rêve se réalisa ; la mère de Lolla entre dans sa chambre et lui dit : « Lolla, n'aie pas peur ; le feu est à la grange ». (Mais y a-t-il eu là quelque paramnésie ?)

Lolla, mariée ensuite à M. de R..., va au cimetière dans une chapelle de famille. Pendant qu'elle est à genoux, et priant, elle entend une voix qui lui dit : « Tu seras veuve, mais tu n'auras pas la consolation de venir prier sur la tombe de mon fils! ». Mad. de R.., s'évanouit, tant elle était émue.

Le colonel de R... son mari, mourut quelques mois après, blessé mortellement aux batailles de Moukden. Son corps ne fut pas retrouvé.

y". — Prémonitions d'événements divers.

Voici un cas de prémonition, admirable parce que les témoignages recueillis ante eventum sont formels. En outre, on peut en chiffrer tant bien que mal la probabilité.

M. Gallet, étudiant en médecine à Lyon, préparait un de ses examens de doctorat dans sa chambre, vers 11 heures du matin, le 27 juin 1894. Tout d'un coup il fut distrait de son travail par une pensée obsédante, avec une telle force, qu'il écrivit d'un trait cette pensée sur son cahier. « M. Casimir Périer est élu Président de la République par 451 voix. » Gallet ne s'occupait guère de politique, et cette phrase le stupéfia : il la montra aussitôt à son camarade Varay avec qui il travaillait.

Après déjeuner Gallet sortit pour aller suivre son cours de la Faculté. Il rencontra chemin faisant deux camarades, Boucher et Dklorme, et leur annonça cette prémonition, dont ils ne firent que rire. Au sortir du cours, les quatre étudiants entrèrent au café, et bientôt arrivaient les journaux annonçant la nouvelle de l'élection de Casimir Périer à 451 voix l.

Gallet est actuellement docteur en médecine à Annecy, et sénateur de la Savoie ; Varay, docteur en médecine à Annecy ; Delorme, pharmacien à Thonon ; Boucher, docteur en médecine à Cruseilles. Tous quatre certifient la rigoureuse exactitude du fait dont ils ont conservé le souvenir absolument net.

La candidature de Casimir Périer était à peine posée. Sa nomination était douteuse, peu vraisemblable. Des paris s'étaient engagés pour savoir qui serait nommé, de Brisson ou de Dupuy. La probabilité que Casimir Périer aurait 451 voix était donc extrêmement faible. Admettons cependant l'égalité des chances entre les trois concurrents. La probabilité, purement arithmétique, d'obtenir 451 voix

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