‹ Traité de métapsychiqueChapitre 213 sur 327 · Bozzano, loc. cit · texte numérisé non relu

Bozzano, loc. cit

un corps humain avait été précipité du toit de la cuisine, et elle entend des gémissements. Lord Z..., que Lady Z... éveilla, n'entendit rien. De nouveau Lady Z .. se rendort; de nouveau le même bruit se répète. Lady Z... éveille une seconde fois son mari, qui, sur ses instances, sort, et s'assure qu'il n'y a rien. Le lendemain matin, à la première heure, un ouvrier tomba eu ce même endroit, et fit une chute très grave.

Miss A. Mac Lellen, de Bridgeport (Gonnectieut), a eu diverses prémonitions intéressantes, mais qui en général ne dépassent pas autant qu'il le faudrait la probabilité de tel ou tel événement fortuit. Elle en eut pourtant une qui est intéressante l.

Dans la nuit du 8 au 9 juillet 1911, à Boston, elle rêve qu'il y a un terrible accident de chemin de fer, avec cadavres et blessés qu on transporte à Galen Hospital. Au matin elle regarde dans les journaux pour voir si ce désastre est annoncé. Or le matin du 11 juillet il y eut un grave accident, avec 12 morts et 48 blessés, près de Bridgeport, et ces blessés furent portés à Galen Hospital (un petit hôpital privé de Boston).

Le cas suivant (cas GX de B...) est un des plus remarquables que nous possédions. Il ne peut s'expliquer par la paramnésie. En effet, dans la plupart de ses détails, il a été avant sa réalisation, ante eventum, racontée Mad. de Figueroa, quoique non écrit.

Le chevalier Giovanni de Figueroa, un des plus brillants maîtres d'escrime de Palerme, fait un songe, d'une vivacité d'impression extrême, et il raconta au matin à sa femme tout ce qu'il avait vu : une route blanche de poussière, un vaste champ cultivé, une construction rustique avec un char et des harnais, un paysan en pantalon sombre, la tète couverte d'un chapeau noir, qui invite M. de Figueroa à venir; tous deux entrent dans une petite étable pleine de fange et de fumier. Au fond un escalier de pierre tournant. Un mulet attaché à la mangeoire mobile, et qui obstrue le passage. M. de F... fait déplacer le mulet et gravit l'escalier. Au haut de l'escalier, une

1. J. S. P. R., mars 1920. A group of psychical expériences, 166-180.

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chambre avec parquet en bois et du maïs, des tomates, des pastèques, des oignons pendus au plafond. Dans cette même chambre, deux femmes, l'une vieille, l'autre jeune, et une petite fille dont les traits furent nettement distingués et retenus. Dans la chambre contiguë un lit (pour deux personnes) extrêmement haut, comme jamais M. de F... n'en avait vu.

Cherchant avec sa femme la signification de ce rêve précis et compliqué, M. de F... n'en put trouver aucune (août 1910).

Le 12 octobre de cette même année, M. de Figueroa fut prié d'aller assister son concitoyen M. Amédée Brucato dans un duel.

On partit avec les deux témoins en automobile pour Marano, une petite localité dont M. de F... ne connaissait pas même l'existence. Soudain, pendant qu'il roulait en rase campagne, M. de F... retrouva la route blanche qu'il avait vue dans son rêve, et il dit à ses compagnons : « fai vu cela. Voici ce que nous allons trouver, une maison et une cabane en bois. » Et alors successivement tous les détails du rêve reparurent, mais alors réels. Le paysan à pantalon noir, à chapeau noir, le mulet attaché à la mangeoire qu'il fallut déplacer pour gravir l'escalier, la chambre du dessus avec ses pastèques, ses oignons et ses maïs au plafond, les trois femmes, le lit très haut, dans la chambre voisine, etc. L'impression fut si forte et si étrange, que M. de Figueroa déclare avoir alors complètement oublié le duel pour lequel il était venu.

S'il y a eu par ci par là quelque particularité qui se puisse expliquer par la paramnésie; il n'en reste pas moins un ensemble imposant de faits qui ont un caractère métapsychique supérieur'.

Le cas de l'abbé Garnier2 est tout à fait analogue au cas du chevalier de Figueroa. L'abbé Garnier, étant au séminaire, en 1846, voit tout un paysage inconnu avec détails multiples (des moutons, des hommes à chapeau noir pointu, un poulain, un roquet, des enfants jouant, etc.). Trois ans après, en 1849, voyageant eu Italie, il voit exactement le même paysage et les plus petits détails de son rêve sont reproduits. La bonne foi de l'abbé Garnier n'est pas douteuse.

1. J'ai dû résumer ce récit, mais on n'en aura ainsi qu'une idée très imparfaite, si on ne le lit pas dans l'original.

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