‹ Traité de métapsychiqueChapitre 228 sur 327 · LOMBROSO · texte numérisé non relu

LOMBROSO

« Les pieds et les mains d'EusAPiA étaient tenus par le professeur Tamtîurini, et par Lombroso. Une sonnette placée sur un guéridon, à plus d'un mètre d'EusAPiA, se mit à sonner dans l'air et au-dessus delà tête des personnes assises, puis descendit sur la table, pour aller se placer à deux mètres de là sur un lit. Pendant que la sonnette sonnait, on alluma vivement une allumette et on vit la sonnette suspendue en l'air.

« Un gros meuble placé à deux mètres s'approcha lentement de nous : on eût dit la progression d'un gigantesque pachyderme. »

A Milan (1892) dans une série d'expériences ingénieusement disposées par G. Finzi, et qui ont admirablement réussi, on a pu maintes fois constater des mouvements d'objet et des soulèvements de la table.

Dans un cas (consacré par une photographie) la table est soulevée en l'air pendant quelques secondes. On voit sur la photographie (dans le livre de A. de Rochas, p. 48) que je tiens la main gauche et les deux genoux d'EusAPiA, et que Lombroso tient la main droite. Dans un cas de soulèvement complet de la table, Aksakoff a remarqué qu'alors les deux mains d'EusAPiA étaient sans contact avec la table.

Une lourde chaise (10 kilogrammes) qui se trouvait à un mètre de la table, et derrière le médium, s'approcha de M. Schiaparelli.

Dans l'obscurité les phénomènes furent beaucoup plus intenses. 11 y eut des coups sensiblement plus forts que ceux qu'on entendait en pleine lumière sous et dans la table. Fracas terrible comme celui d'un grand coup de poing donné sur la table. Chocs et coups frappés contre les chaises des voisins, assez forts pour faire tourner la chaise avec la personne. Transports d'objets divers, quelquefois éloignés de plusieurs mètres, et pesant plusieurs kilogrammes, transports dans l'air d'objets divers. Les pieds d'EusAPiA étant sur

entre les dents et frapper les touches du piano. Alors je rais ma main sur la bouche d'EusAPiA, et, toutes les autres conditions restant les mêmes, il y eut encore des sons du piano.

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mes genoux, pendant, que je lui tenais les deux mains, un tambourin fut enlevé au-dessus de nos têtes, et la membrane du tambourin était frappée comme avec une main. Une autre fois, les mains d'Eusapia étant liées, une sonnette fut placée sur une chaise, à sa droite : on fit l'obscurité en exprimant le désir que la sonnette tintât immédiatement. Immédiatement la chaise se renversa, la sonnette tinta, fut projetée sur la table, et, la lumière étant faite, on constata que les nœuds étaient en parfait état. Une autre fois, je tenais les deux pieds d'EusAPiA, Schiaparelli et G. Finzi lui tenaient les mains, et la table a été soulevée des quatre pieds.

Les expériences de Rome (1893 et 1894), faites par Siémiradzki et J. Ochorowicz, furent également démonstratives.

Les mains d'EusAPiA étant bien tenues, dans l'obscurité, un orgue de Barbarie voltigea au-dessus de la table, en faisant entendre des sons qui ne peuvent se produire que quand ou tourne la manivelle.

Une fois, le piano, placé derrière Eusapia, se déplaça : le couvercle en fut soulevé. Comme Siémiradzki avait exprimé le désir d'entendre des notes hautes et des notes basses en même temps, son vœu lut exaucé, ce qui semble prouver l'action de deux mains distinctes, dit Siémiradzki. Un verre à moitié rempli d'eau qui se trouvait sur le buffet hors de la portée de nos mains, fut porté aux lèvres d'OcHORowicz, d'EusAPiA et d'une autre personne qui en burent. L'opération eut lieu en pleine obscurité avec une précision prodigieuse.

En même temps on entendait des craquements dans le bois de la table. C'étaient des coups, tantôt légers, tantôt formidables, comme s'ils étaient dus à un poing robuste frappant de toute sa force.

A Varsovie, Ochorowicz, tenant les mains et les pieds d'EusAPiA, avait pris soin d'empêcher même le contact du jupon et de la robe d'EusAPiAavec la table. A la lumière diminuée, mais permettant aux assistants de distinguer les formes, alors que personne, ni surtout Eusapia, ne touchait la table, la table, sans oscillations préalables, s'éleva des quatre pieds à la fois : tout à fait horizontalement, et cela à trois reprises. Alors Eusapia, avançant le genou, dit : « Je vais lever la table avec le genou » ; pourtant la planche était à 20 centimètres du geuou. Le genou s'éleva de Vô centimètres et la

table de 20 centimètres. Même effet en levant les deux jambes toujours très distantes de la table. La table se souleva en même temps que les jambes.

Un dynamomètre marqua une force trois fois supérieure à celle d'EosAPiA, et. supérieure à celle du plus fort des assistants.

Les expériences que je vais rapporter ont été faites chez moi, à l'île Ribaud (1894) et à Carqueiranne

L'île Ribaud, où j'ai une petite villa, est un îlot méditerranéen désert, qui n'est habité que par le gardien du phare et sa femme. J'y fis venir Eusapia. Puis je priai .T. Ochorowicz de venir avec moi pour suivre de près l'expérimentation. De fait, pendant trois mois, en parfaite intimité, nous avons expérimenté, Ochorowicz et moi, trois fois par semaine, et nous avons un très grand nombre de fois constaté en toute évidence des mouvements d'objets sans contact, ainsi que beaucoup d'autres phénomènes sur lesquels je reviendrai1.

Après avoir constaté le succès de nos expériences, je priai mes amis Fr. Myers, 0. Lodge, et Schrenck Notzing, ainsi que M. et Mad. H. Sidgwick, de venirà l'île Ribaud pour juger de visu.

Et je donnerai seulement des extraits du récit d'OuvER Lodge. « Une chaise placée près de la fenêtre, à plusieurs pieds dedistance du médium, glissa, se leva et frappa le parquet. Le médium était tenu, et personne n'était près de la chaise. J'ai entendu quelques notes d'un accordéon placé non loin de nous. Un chalet à musique a été promené dans l'air et remonté au-dessus de la tête ; une clé a été tournée dans la serrure de la porte, puis placée sur la table et remise dans la serrure de la porte ; une lourde table (de 22 kilogrammes) a été soulevée eu l'air à 20 centimètres du sol, alors que le médium était debout, et que ses deux mains n'appuyaient que légèrement sur le dessus de la table, dans un angle. » D'autres séances, en 1895, ont eu lieu à l'Aguelas, chez M. A. de

1 . Je n'ai pas publié ces notes, et je ne les publierai pas : elles sont d'une monotonie effarante : « Les mains sont bien tenues, je suis touché à droite, je suis touché à gauche ». Pour avoir un protocole exact, je dictais, au fur et à mesure de l'expérimentation, les résultats à mon secrétaire, Bellier, qui écrivait dans la salle voisine, et notait les heures, les minutes et tous les détails. Investigation minutieuse, longue, peut-être exagérée dans sa minutie, et dans sa longueur, mais qui établit — sauf le cas d'une cireur systématique que je ne puis soupçonner — le fait du mouvement d'objets sans contacts.

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Rochas, en présence de M. Sabatier, doyen de la Faculté des Sciences de Montpellier, de J. Maxwell, actuellement procureur général à Bordeaux, de A. de Gramont, membre de l'Institut, de M. A. -G. de Wattevillb, licencié es sciences.

Les résultats ont été les mômes, plus nets, si possible, que dans les expériences de Milan,- de Rome et de l'île Ribaud.

« La table s'élève de 30 centimètres au-dessus du sol; les maius d'EysAPiA la touchent à peine, et quelquefois ne la touchent pas ; les genoux d'Eu^APiA sont tenus, ainsi que ses pieds, par Dariex, les pieds de la table sont libres de tout contact avec le médium. Un' petit pianola (de 900 grammes), joue quelques notes, s'élève en l'air, peudant qu'on tient très solidement les deux mains, les deux pieds, les geuoux et la tête d'EusAPiA.

<( On euleud grincer la clef daus la serrure d'un bahut placé trop loin pour qu Eusapia puisse le toucher, et pendant ce temps, on voit et on tient les mains, les pieds, les genoux et la tète d'EusAPiA. »

Une dernière expérience très démonstrative a été faite. Un pèselettres a été déplacé, s'est abaissé et relevé sans contact. La lumière était très forte. Il n'y avait certainement ni fil, ni cheveu.

En résumé, disent les observateurs, Eusapia peut agir sur les corps matériels à distance, et sans aucun contact. Le contrôle a été aussi parfait que puisse l'être le contrôle résultant de la vue claire et directe d'un fait expérimental.

Expériences de Gènes, 1901. — Voici ce que dit le professeur E. Morselli, qui, d'abord, avait été très sceptique, qui a été ensuite, comme tous ceux qui ont expérimenté avec Eusapia, convaincu. Dans un livre qui est un modèle d'érudition i, il raconte avec détails les faits qu'il a observés. Je ne rapporterai ici que ce qui concerne les mouvements d'objets sans contact (télékinésie). Ne pouvant tout citer, je me contenterai de la citation suivante2 :

« Dans les deux premières heures de la séance mouvements et oscillations delà table : bruits formidables (à l'obscurité ou à une lumière faible)... raps correspondant à des contractions musculaires ou à des gestes, déplacements d'objets, fonctionnements d'ap-

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