‹ Traité de métapsychiqueChapitre 268 sur 327 · SCHKENCK, pi. XXI · texte numérisé non relu

SCHKENCK, pi. XXI

"2. ScHRENcK-NorziNG, d. 370. fig. 107 et pi. XI.

Fig. 2-2. — Ectopiasoiie de Mahthe bVA^a après Mail. Bisson et ScHRKNuK-NofziNG).

Agrandissement du cliché.

Adroite, tête de Mabthe dont on voit le cou se dessiner nettement. Expansion Manche fluidique qui, semblant partir des cheveux et de la nuque de Marthe, descendait à peu près comme les rubans (l'un bonnet.

A gauche commencement de forme matérialisée, une figure, très imparfaite encore, comme enveloppée d'un voile. Les ailes du nez sont à peine formées (Exp. du 30 déc. 1911).

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étaient pratiqués les examens minutieux de toute la personne cTEva avaut etaprèsla séance, on ne voitpas commeutelleauraitpu apporter de grands dessins ; 3° les dessins ont apparu quelquefois eu dehors du voile de tulle qui recouvrait Eva ; 4° il y a eu des mouvements, parfois très manifestes, et tout à fait automatiques, de ces images qui sesuccédaieut avec rapidité, et qui paraissaient desètres vivants.

Le fait qu'il y a apparition de dessins et non de formes en relief n'est nullement une preuve de supercherie. Eu efïet, ou s'imagine, bien à tort, qu'une matérialisation est nécessairement analogue à un corps humain et qu'elle possède trois dimensions. Loin de là. Rien ne prouve que le processus de matérialisation ne soit pas précisément, après la période de nuage, de brouillard, une période de linéaments grossiers, rudimentaires, à laquelle succédera une période de développement complet.

Les expansions gélatineuses, à demi lumineuses, humides, qui sortent de la bouche de Maktiie-Eva, sont des formations embryonnaires, qui tendent à l organisation sans y parvenir tout de suite. Peut-être, avec d'autres médiums, tels que Hume et Florence Gook, l'organisation eu forme vivante est-elle plus rapide; eu tout cas, avec Eva la formation est lente, progressive, difficile.

Schrenck a examiné au microscope des résidus de cette matière amorphe, et n'y a trouvé que des débris épithéliaux, des formes bactériennes, et une quantité notable de graisse. Daus certains cas, c'a été un tissu d'apparence végétale; dans d'autres cas, ou a vu comme uu filameut de coton entouré d'une substance granuleuse non déterminée.

Ces expériences remarquables de Mad. Bisson et de Schrenck établissent donc* une fois de plus le phénomène de l'ectoplasmie. Après les expériences de W. Crookes, de Mad. d'Esi>érance, de P. Gibier, d'EusAPiA, de la villa Carmen, il semble qu'il soit maintenant impossible de révoquer en doute ce phénomène extraordinaire, extrêmement rare, mais réel '.

1. En Allemagne, des critiques acerbes (et médiocres) ont paru; en particulier, de Mad. le Ur Mathilde von Kemnitz. Schkenck-Nojzing lui a vigoureusement répondu ainsi qu'au l)r von Gul\t-\Vkli.enburg, Uer Kamp f und die Materialisationspliaenomene, Verteidigungsschrïft, Munçhen, Reinhardt, 1914. Voir aussi La querelle des phénomènes de matérialisation, par A. von Schrenck-Notzing, A. S. /'., mai, l'Jl4. XXIV, 129-149. Sciibenck démontre que l'examen attentif des photographies indique qu'il ne peut s'agir des photographies ayant paru dans le

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Pour l'origine et la formation des ectoplasmes, les phénomènes que Schrenck-Notzing et Mad. Bisson ont constatés sur Eva apportent des documents nouveaux, dune belle importance théorique. Le mot ectoplasme, que j'avais imaginé pour les expériences d'Eusapia, semble absolument justifié; c'est bien une sorte de protoplasme gélatineux, amorphe d'abord, qui sort du corps du médium, et qui prend forme plus tard. Sur presque toutes les photographies, on voit distinctement cette embryogénie de la matérialisation. Au début il y a toujours des voiles blancs, des taches laiteuses, et c'est dans l'intérieur de cette pâte gélatineuse, sorte de mousseline humide et gluante, que des figures, des doigts, des dessins se forment peu à peu.

Pour apporter une preuve formelle qui établisse la vérité des phénomènes de matérialisation, et d'embryogenèse ectoplasmique, présentés par Marthe, je crois devoir donner ici, presque sans abréviation, le protocole des expériences faites par moi avec Marthe, chez Mad. de S..., dans des conditions où toute fraude était impossible (septembre, octobre, novembre 1906).

Si je ne les ai pas publiées en 1906, c'est qu'elles m'ont paru tellement extraordinaires que je voulais attendre leur confirmation par de nouvelles recherches que je désirais poursuivre, mais Marthe à ce moment entreprit d'autres études avec Mad. Bisson.

A certains égards mes expériences donnent plus de détails que celles de Schrenck. et de Mad. Bisson ; car je pouvais suivre tous les progrès de l'embryogenèse ectoplasmique. En effet, je n'ai pas pris de photographies ; grave lacune sans doute, mais lacune largement compensée par le fait que j'ai pu suivre de l'œil les progrès de la formation ectoplasmique dans tous leurs détails, sans qu'il y eût des intermittences d'observation pendant lesquelles le rideau était abaissé, ce que le médium ne permet pas quand il attend que la photographie soit prise, et quand il donne lui-même le signal au photographe. Et puis, les médiums ont toujours plus ou moins

journal Le Miroir. Mad. Barklay, qui, dans le Psy chic Magazine, avait cru démontrer la fraude, a prouvé simplement qu'elle n'avait ni lu les comptes rendus des séances, ni examiné soigneusement les photographies.

Schkenck avait d'ailleurs payé des détectives qui pendant plusieurs mois ont cherché par tous les moyens à relever, et même à provoquer quelque fraude : ils n'ont rien pu obtenir.

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peur de cet éclair, et je crois bien qu'à cause même de cette crainte il y a peut-être quelque ralentissement des phénomènes.

Enfin il est probable que les pouvoirs médianimiques de Marthe se sont transformés, et que leur modalité a varié. Chez Mad. de S... les phénomènes étaient assez différents de ceux qui se p saient à Alger, analogues, presque identiques à ce qui a été vu, quelques années plus tard, par Mad. Bisson et Se i enck-Nojzing,

Voici textuellement mes notes de 1906 '.

« Dans le salon (tout petit) que j'explore, un angle : des rideaux sont devant l'angle qui peut se fermer ou s'ouvrir, Un fauteuil canné au milieu, où est assise Marthe. Mad. de S... (que j'appellerai A...) est seule avec Marthe et moi. Nous sommes, A... et moi, assis près de Marthe, tellement près que sans me lever je peux toucher les mains de Marthe. La lumière (une lampe électrique couverte d'un voile rouge) est assez forte pour éclairer toutes les parties blanches (rubans blancs autour de la tête) des vêtements de Marthe. Après une demi-heure environ, j'ouvre les rideaux et je vois par terre une vague lueur, assez faible pour que je doute de sa réalité. Peu à peu la lueur devient de plus en plus forte. Elle est par terre, comme un très petit mouchoir lumineux. Tout le corps de Marthe est immobile. La tache lumineuse grandit. Ses contours sont laiteux, indécis, nuageux, plus incertains et plus flous que ne serait une étoffe. Elle se rapproche du fauteuil, grandit, prend la forme d'une sorte de serpent qui tend à monter vers le bras gauche du fauteuil de A... Ses contours deviennent plus nets. C'est comme une masse d'étoffe à demi pleine. Soudain un spectacle extraordinaire. De la masse se détache une pointe qui monte, se recourbe, et se dirige sur la poitrine de Marthe (dont les maius sont toujours tenues). La pointe continue à avancer, dune manière effarante, comme un animal qui se dirige avec son bec; et, à mesure qu'elle avance, sur la tige rigide, il y a comme une toile qui se déroule (une membrane d'aile de chauve-souris) si mince et si transparente qu'on voit les vêtements de Marthe à

•i. Ces noies, que je me proposais de publier quelque jour, m'ont paru tellement importantes que je les ai confiées, pour qu'au besoin elles parussent après ma mort, à mon cher ami Georges Lyon. 11 vient sur ma demande de me les renvoyer.

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travers. Ou distingue bien la tige de ce voile membraneux qui l'entoure. Marthe est immobile, et parle par intervalles.

« Je peux m'approcher, regarder de très, très, très près, °2 ou 3 centimètres de distance. Je vois comme une étoile gonflée, à formes changeantes, animée de mouvements. Pendant cinq à six minutes, je l'examine avec soin. Je vois des prolongements, comme les cornes d'un limaçon, qui se dressent à droite et à gauche : ces cornes sont comme une gélatine transparente, elles peuvent rentrer et sortir de la masse principale plus nettement formée.

« Marthe se lève. Je lui prends les mains. Eu élevant ou en abaissant ses mains, il me semble que j'attire la pointe de la masse. Bientôt la masse a disparu. Il semble qu'il n'y ait plus qu'une sorte de voile suspendu à ma main (qui tient les deux mains de Marthe). Mais je ne peux rien sentir. J'ai fait un léger mouvement du petit doigt, la masse a redesceudu de quelques centimètres pour remonter ensuite. »

Cette extraordiuaire expérience, qui était la première, a été dépassée encore en étraugeté par l'expérience suivante (20 octobre) faite dans la journée, avec une lumière très suffisante pour voir (Exp.III).— Je passe, brevitatis causa, Inexpérience II, du 18 octobre, qui est la reproduction de l'expérience I. — Il y a assez de lumière, même dans le cabinet, pour qu'on puisse lire le titre d'un livre.

« Après une demi-heure d'attente, les rideaux s'ouvrent. A terre un petit tractus blanc, qui grandit, fait une masse ovoïde, qui émet unprolongement, lequel monte sur le bras du fauteuil. A ce moment il y a nettement comme les deux cornes d'un limaçon qui semblent déterminer la direction de la masse, une masse X, inférieure, sur le sol, une masse B qui lui est unie, et qui a grimpé par dessus le bras du fauteuil. Je peux de très près regarder cette formation. La tige est d'un blanc grisâtre, moins blanche que la guipure du corsage de Marthe et à contours plus flous. Elle a des renflements, comme une peau de serpent vidée, tandis que les deux masses X et B semblent gonflées et plus pleines. Peu à peu la masse X remonte, et la masse B redescend, de sorte qu'à un moment la masse X est sur les genoux de Marthe, tandis que la masse B est devenue inférieure. C'est la base sur laquelle semble reposer toute la formation, car elle s'étale comme un amibe sur le plancher, et a

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METAPSYCHIQUE OBJECTIVE

alors la forme de deux socles (deux pieds?). Peudaut que ces deux sortes de pieds coutinueut à s'épater sur le sol, j'ai tout le temps

9 bis.

nécessaire pour regarder de très près la masse X, grisâtre, gélatineuse, à peine visible. Il ne m'est pas permis de la toucher. Elle

ËGTOPLASMIÈS DE !UAllTHF.

est alors sur les genoux de Marthe. Alors peu à peu elle semble se diviser en digitations à son extrémité. C'est comme un commence-

là.

ment de main, informe, mais assez nette pour que je puisse dire : c'est une main gauche qu'on voit par le dos.

« Un nouveau progrès se fait. Le petit doigt se sépare presque

complètement, et alors l'apparence suivante, très rapide, mais très

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nette : masse nuageuse grisâtre dans laquelle apparaît une main

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avec doigts repliés, vue par le dos, avec un petit doigt nettement séparé, un peu mal formé, et au-dessus un renflement qui ressemble aux os du carpe (une sorte de photographie Rontgen des os du carpe). Bientôt la masse nuageuse qui entourait cette main disparaît, et il reste une main rudimentaire et informe, mais d'une consistance toute différente. C'est comme un moulage en plâtre. Je crois voir les plis de la peau et les sillons se former lentement. Je vois et je tiens solidement les deux mains de Marthe. La main ectoplasmique semble résistante, plus grosse qu'une main de femme. Je peux la regarder de très près et attentivement peudant dix minutes, et à une très bonne lumière. Puis Marthe se lève, et tout disparaît. »

De toutes ces expériences la plus extraordinaire est certainement l'expérience IV (20 octobre).

« Assez bonne lumière. Le rideau reste fermé pendant une heure environ. Puis je l'ouvre; une tache blanche, comme une étoffe sur le sol, rapidement grandit, il y a formation de deux cornes pour le cheminement de la masse X, qui émet des cornes très mobiles daus tous les sens.

« Alors la masse X, d'abord très ample, se disloque peu à peu, en particules, qui lui donnent l'apparence d'une main ; ce n'est plus le moulage comme hier, c'est une main grisâtre à contours incertains.

« Cette main est animée de mouvements, elle a l'air d'une main de momie qui sortirait d'une étoffe. Elle se relève et s'abaisse comme une main. Les mains de Marthe tenues par moi solidement sont tout à fait immobiles. Les extrémités des doigts de l'ectoplasme, effilées, allongées en fuseaux, semblent se terminer en nuages. Je peux les regarder de très près. Je touche un de ces fuseaux; il me donne l'impression d'un liquide froid. Je puis appuyer, et j'ai la sensation d'un os (phalangette), froid, recouvert de peau. La main se balance sur mon genou, et je sens comme un léger frôlement d'un corps peu résistant. Alors la main se soulève toute seule, en se balançant sur la longue tige qui la rattache au sol, puis retombe sur le sol, en faisant un léger bruit; elle reste par terre, et je crois voir les deux os de l'avant-bras comme enveloppés d'un nuage mousseline.

« Puis la main se relève, s'incline et avance vers moi. Le poignet est abaissé, les doigts sont pendants, ils se balancent, il y a comme

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un mouvement de torsion de cet étrange avant-bras. Je crois toujours voir les os du carpe enveloppés dans le nuage mousseline.

« La main se pose sur mon genou. Je sens son poids (très, très léger). Elle fait, comme je le demande, de petits mouvements de déplacement sur mon genou, mouvements que je seus bien. Alors Marthe me dit : « Voilà les muscles qui commencent à se former », et je vois (ou crois voir) dans l'espace qui sépare les deux os quelque chose de noir. La main se relève, se meut très près de moi, n'ayant presque plus de racine avec le sol que par une légère traînée blanche. La main alors retombe par terre avec un petit bruit, puis se relève et disparaît tout d'un coup, au moment où Marthe se relève. »

La dernière expérience est assurément moins remarquable. Il semble qu'il y ait eu comme un effort pour donner des phénomènes différents, qui n'ont pas pu acquérir grande intensité.

« Après une longue attente (une heure) Marthe ouvre les rideaux. On la voit assise, immobile. A son épaule droite apparaît comme une masse blanchâtre, peut-être lumineuse (sans qu'on puisse affirmer qu'elle ait une luminosité spéciale). Cette lueur, d'abord indistincte, prend peu à peu la forme d'une draperie, puis disparaît daus le corps de Marthe. Alors apparaît une sorte de nuage qui ne me paraît pas pesant (?), et qui est comme jeté en travers du cou et du buste de Marthe, mais c'est très fugitif.

« Puis se produit un phénomène extrêmement important, malheureusement plus rapide que les phénomènes jusqu'à présent constatés. A environ 0m,50 de Marthe paraît une sorte de poupée (sans figure) tout à fait indistincte, de 1 mètre de hauteur à peine. Une tête toute petite, avec deux longues manches et presque pas de jambes, le tout sous une sorte de draperie ou de lueur. Gela dure une demi-minute. Puis la forme tout entière s'affaisse sur le sol ; il ne reste plus que la rondeur de la tête, qui persiste pendant une demi-minute, très bas, et disparait. »

Le dernier phénomène (je copie, sans en rien retrancher, mes notes) est extrêmement net et bien visible. « Prolongement lumineux semblant partir de l'union du cou avec le dos par derrière. Les deux mains (de Marthe) sont visibles et tiennent la draperie. Le prolongement est blanc, très lumineux; il me paraît, sans que j'en

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sois sûr, qu'il est lumineux par lui-même. Il est droit, très étroit, n'ayant pas, à ce qu'il semble, plus de 0m,02 de diamètre. Au bout est une masse qui n'est pas arrondie; mais plutôt triangulaire. La partie externe de cette masse est comme frisée, ou plutôt les contours externes en sont indécis. Elle est d'abord complètement immobile, puis elle se meut par saccades comme si la tige rentrait dans le corps. Il m'a semblé que la masse lumineuse, ressemblant à une sorte de massue des armes nègres, changeait de dimensions, devenait tantôt plus grande, tantôt plus petite. Finalement elle est rentrée dans le cou et dans le dos de Marthe, les mains de Makthe étant toujours visibles. »

Telles sont les expériences que je lis en 19Q6, avec Makthe. Elles me paraissent, étant corroborées par les photographies ultérieures (admirables) prises par Schrbnck-Notzing et Mad. Bis.son, d'une importance extrême.

D'abord il ne peut y avoir supercherie. La lumière, très suffisante pour tout voir; la proximité, extrême; et le temps, parfois très prolongé, qui me permettait de tout observer dans le plus grand détail, interdisent absolument que j'aie été victime d'uue fraude. Même en supposant — ce qui est absurde — que Mad. de S..., chez qui l'expérience se faisait, eût été complice, il eût été impossible de faire apparaître sous mes yeux ces nuages qui s'organisaient devant moi en masses mobiles et d'apparence osseuse.

Marthe était explorée, fouillée, avant et après l'expérience. Je ne la quittais pas des yeux un instant, et ses mains ont toujours été non seulement tenues, mais visibles.

Donc il s'agit de phénomènes authentiques.

Or ce qui résulte de ces observations étonnantes, c'est le procédé de formation des ectoplasmes, une buée nuageuse, blanchâtre, peutêtre lumineuse, qui prend d'abord la forme d'une mousseline ou d'une gaze, au sein de laquelle se constituent une main, un poignet, un bras, lesquels deviennent graduellement de plus en plus consistants. Cet ectoplasme est doué de mouvements personnels. Il rampe comme un animal, s'élève du sol, pousse des tentacules à la manière d'un amibe. Il n'est pas rattaché au corps du médium pendant tout le temps, mais le plus souvent il en émane, et lui est relié.

On peut distinguer dans ces ectoplasmies deux phases : une phase

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d'ébauche, et une phase de constitution. Selon toute probabilité, avec d'autres médiums, la forme constituée peut apparaître tout de suite, sans avoir été précédée par une période de nuage indistinct, préparatoire.

Afin de démontrer l'authenticité de ces phénomènes, je ne peux mieux faire que de comparer les notes prises par moi, en 1906, et celles qu'a publiées Geley en 1920; je les reproduis sans rien changer ni aux unes et aux autres. Nous avions l'un et l'autre, sans nous communiquer nos notes et sans rien publier, isolément expérimenté avec Marthe, moi en 1906, Geley en 1910.

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