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CRYPTESTHESIE DANS LA DIAGNOSE DES MALADIES

Lorsque M. Magnin la vit le 26 février, M110 B... aperçut à côté de M. Magnin la forme d'une jolie dame, qui dit à M"e B... qu'elle guérirait, et qui même put préciser eu disant que le 8 mai elle pourrait se lever. Du 26 février au 8 mai, souvent M. Magnin la magnétisa. Or, pendant son sommeil magnétique elle voyait toujours apparaître la jolie dame. Le 8 mai, Mllc B... est complètement guérie. Elle se lève, pose les pieds à terre, marche, embrasse la tête imaginaire de sa petite amie (la jolie dame), et le 15 mai elle semble être revenue à l'étal normal ; les lésions thoraciques et rachidiennes ont disparu. Depuis lors la guérisou s'est maintenue, M1Ie B... s'est mariée, a eu deux enfants '.

Assurément ce cas est remarquable : il n'est guère vraisemblable qu'il y a eu trois colossales erreurs de diagnostic, et qu'il s'agissait uniquement de phénomènes hystériques.

Voici deux autres cas, cités par Marcel Mangin, pour lesquels l'explication par l'hystérie est également insuffisante.

Un ouvrier, nommé Derudder, avait été blessé en février 1867, à la jambe. Les deux os étaient brisés. Le mal s'aggrava; il y avait une suppuration abondante, nulle tendance à la consolidation osseuse. La partie inférieure de la jambe était mobile clans tous les sens. Huit ans après, faisant une visite (avec prière) à Oostaker, près de Gand (Belgique) — il y a là une grotte sacrée, du genre de la grotte de Lourdes — Derudder se sent soudainement guéri; il peut se tenir droit; il marche; ses deux jambes appuient à terre. Or, depuis huit ans, il ne marchait qu'avec des béquilles.

Tout dépend évidemment de l'exactitude de cette observation rapportée par deux médecins.

La seconde observation n'est pas moins étrange. En 1897, Gargam, à la suite d'un grave accident de chemin de fer, est pris de para-

1. M. Magnin rapporte un fait de prémonition bien singulier que lui aurait donné M»° B...

Un jour, après avoir été endormie, la petite amie revint (la petite amie étant la seconde personnalité de Mlle B...) et assura a M. Magnin qu'elle le ferait mourir. M. Magnin la dissuada, non sans peine, de ce projet sinistre : alors elle lui dit : « Je vous montrerai qu'il m'eût été facile de mettre mon projet à exécution. » Deux jours après M. Magnin alla au bord de la mer à Veules et pour lire il s'assit sur un rocher, au pied d'immenses falaises. Après quelques heures de lecture, il retourna au casino. A peine était-il parti que la falaise s'éboula.

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plégie, avec atrophie musculaire et commencement de gangrène. Deux rapports médicaux (daus un procès contre la Gie P. 0.) concluent à l'incurabilité et à l'évolution progressive de la maladie.

Or, arrivée Lourdes, Gargam guérit presque subitement quand il entre dans la grotte. Il peut faire quelques pas chancelants. Le lendemain, les blessures du pied, qui suppuraient, paraissent guéries. Il peut marcher sans appui, malgré l'atrophie musculaire. Trois semaines après, il a augmenté de 10 kilogrammes, et peut faire un service actif1.

Même si ces deux observations sont exactes, elles ne prouvent nullement une force métapsychique nouvelle ; elles indiquent seulement que le système nerveux central, dans certaines conditions, possède un inhabituel et tout à fait extraordinaire pouvoir sur les phénomènes organiques.

Ce qui complique énormément la question, ce n'est pas seulement la difficulté même de l'appréciation thérapeutique, c'est que des considérations étrangères l'ont obscurcie. Pour les guérisons miraculeuses, ce furent les idées religieuses, comme eu témoigne l'enthousiasme des foules qui vont aujourd'hui à Lourdes et qui allaient jadis au cimetière de Saint-Médard '.

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