Phantasms of the Living, II
3. Essai d'interprétation d'un cas curieux de vision et d'audition à grande distance chez une hystérique de quatorze ans durant l'état de somnambulisme . (A. S. P., juillet 1914, XXIV, 198-203).
l'aspect de la personne ayant trouvé l'objet. En réalité ce portecrayon fut rapporté le lendemain ; mais tous les détails sur la maison, la forme et la découverte du porte-crayon, puis sa mise dans une boîte, furent reconnus exacts.
Le Dr Osty a étudié dans les plus grands détails un cas admirable de cryptesthésie, un des plus complets qu'on ait encore pu constater. Mais, par suite de diverses circonstances, on ne peut donner les noms. Je prendrai donc des pseudonymes, et changerai les dates et les lieux.
Le 23 septembre 1919, M. Nicolas Cordier, conseiller municipal, célibataire, possesseur d'une assez grande fortune, adonné aux recherches botaniques, part pour aller faire une excursion botanique dans les montagnes des Vosges : mais le soir il ne rentre pas chez lui. Sa mère et les parents qui demeurent avec lui s'inquiètent : toute la nuit du 23 au 24 on cherche à avoir des détails sur son excursion. Le lendemain matin on ne le revoit pas. Ou sait seulement qu'à 3 heures deux passants Font aperçu dans la montagne, en une région accidentée, et relativement dangereuse. Alors on fait des recherches plus actives ; non seulement la police, mais encore des soldats du régiment voisin explorent les ravins, les vallons abrupts ; on ne trouve aucun indice. Les journaux de la localité, et même les journaux de Paris, mentionnent la disparition deM. Cordier. Safamillepromet unerécompense de 5.000 francs à celui qui pourra découvrir le corps, et les recherches, assidues, persistantes, continuent du 23 septembre au 7 octobre.
Le 7 octobre, en désespoir de cause, le frère de M. Cordier adresse une lettre au Dr Osty, en le priant d'essayer la clairvoyance de quelque somnambule. M. Osty, averti par un télégramme, est à peine au courant des conditions dans lesquelles M. Cordier a disparu. On lui envoie quelques vêtements habituels de M. Cordier; il prend simplement une jarretelle, et, sans autre objet, sans donner la moindre indication sur la personne et sa disparition, met la jarretelle entre les mains deMad. M. .., endormie. Mad. M... tout de suite dit qu'il s'agit de quelqu'un, qu'elle décrit assez exactement, qui a été dans la montagne, qui avait des touffes d'herbes à la main, et qui a été précipité dans un ravin qu'elle décrit,
en mentionnant un lac, et en fournissant quelques indications.
Nouvelles indications plus précises le 8 octobre, et enfin, le 9 octobre, grâce aux renseignements donnés par Mad. M... au D' Osty, et transmis par M. Osty au frère de M. Cordier, on retrouve le cadavre fracassé de M. Nicolas Cordier.
D'autres détails, très exacts, ont été donnés, que je ne puis indiquer ici. Il mesuffitde constater qu'il est absolument impossible que Mad. M... ait pu, par la voie normale de la connaissance, savoir : 1° qu'il s'agissait de M. Cordier ; 2° qu'il avait été dans la montagne; 3° en quel endroit précis il était tombé.
La prime de 5.000 francs n'a été attribuée à personne, puisque c'est la famille, qui, guidée par les indications de M. Osty, a fait la recherche et la découverte du corps. Je ne sais pas si Mad. M... qui y avait cependant quelques droits, a touché cette prime.
M. Suhr cite le cas d'un sieur Balle1 magnétisé par Hansen, un avocat de Copenhague. M. Balle, hypnotisé, fait un voyage (imaginaire) pour aller retrouver la mère de M. Suhr à Roeskilde. Balle la voit légèrement malade, au lit, dans la rue Skromagerstrade. M. Suhr croit que c'est une double erreur, mais il a été prouvé que la mère de M. Suhr, contrairement à toute prévision, était malade rue Skromagerstrade. M. Balle n'avait jamais été à Roeskilde. Deux autres cas de clairvoyance ont été donnés par M. Balle.
Voici un très beau fait de cryptesthésie somnambulique qui vient de m'être adressé par Madame D... une femme de haute élévation morale et de grande intelligence.
Mad. D... va, pour la première fois de sa vie, en compagnie de sa fille, Mad. R..., consulter une somnambule (qui ne peut savoir son nom), à propos d'un vol qui vient de lui être fait. La somnambule lui dit : « C'est le nom d'un mort qui a servi à pénétrer chez vous, et quel mort ! Un vrai héros, extraordinairement courageux, et qui a fait plus que son devoir. Il s'est sacrifié pour un autre. » Tout cela était absolument exact; dépassant debeaucoup soit le hasard, soit la saga-