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Phant. of the Living, II

METAPSYCHIQUE SUBJECTIVE

dont l'épaule est en saillie et dont la tête est tournée vers le cadran. Le tableau est une copie d'un tableau de Canaletti qui représente

Fig. 2. — Pendule que je dessine grossièrement (d'après les indications d'AucE).

Venise. Au premier plan le canal, au second plan se détache l'église San Georgio Maggiore.

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Fig. 3. — Pendule réelle de la maison de M. C..., dessinée par Pli, Renouàrd.

Certains faits de lucidité m'ont été donnés par Léonie B..1, très

d. Léonie B... est celte personne avec laquelle le Dr Gibkht du Havre, et Pierre Janet, ont essayé de prouver qu'on peut provoquer le sommeil à distance.

rarement d'ailleurs, encore que j'aie beaucoup expérimenté avec elle.

Un jour, Pierre Janet lui fait faire, quand elle était au Havre, un voyage, dans le seus que les anciens magnétiseurs attachaient au mot voyage. Elle va (dans son rêve hypnotique) à Paris, — M. Gibert étant parti pour Paris où j'étais alors, — pour me voir, et voir M. 'Gibert. Tout d'un coup, elle dit : « Ça brûle ». P. Janet essaye de la calmer. Elle se rendort et se réveille de nouveau en disant : « Mais, M. Janet, je vous assure que ça brûle ».

Eu effet, à 6 heures du matin, quelques heures auparavant, mou laboratoire de la rue Vauquelin était, le 15 novembre, détruit par un incendie. Janet avait endormi Léonie ce même jour, à 17 heures, et à cette heure-là personne au Havre ne pouvait connaître l'incendie1.

Léonie m'a donné un jour un magnifique exemple de lucidité, encore qu'il ne s'agisse que d'une lucidité accidentelle plutôt qu'expérimentale, et que les détails donnés par elle portent sur des faits minuscules. Expérimentant un soir avec elle, sans aucun succès d'ailleurs, sur les cartes et les chiffres, je lui parle de mon ami J.-P. Langlois, et je lui demande : « Qu est-ce qui lui est arrivé, à M. Langlois? » Alors, très vite, elle me dit (peu respectueusement) : « Il s'est brûlé la patte. Pourquoi ne fait-il pas attention quand il verse ? — Quand il verse, quoi? — Une liqueur rouge dans un petit flacon... Sa peau a soufflé tout de suite. » Or rien n'était plus exact. Deux heures auparavant, en préparant une solution d'hypobromite de soude, J.-P. Langlois, qui était mon chef de laboratoire, avait versé trop rapidement du brome (liqueur rouge) qui s'était répandu sur sa main et sur sou avant-bras. La brûlure instantanée avait provoqué immédiatement la formation d'une phlyctène assez étendue. Or Léonie n'avait pu aller au laboratoire, et personne, venant du laboratoire, n'était venu chez moi. J'étais alors seul à Paris, et je n'avais rien dit à qui que ce soit de ce petit accident survenu deux heures auparavant.

1. A propos de cet incendie, il y a eu deux prémonitions bien intéressantes (prémonitions ou monitions : car l'heure du rêve n*est pas déterminée). Dans cette nuit du 14 au 15 novembre, mes deux plus intimes amis, H. Ferrari et J. Héricoort, ont rêvé l'un et l'autre, indépendamment l'un de l'autre, qu'il y avait de grandes llammes, et le feu.

Le Dr Bagkmann (de Kalmar, Suède) a observé une jeune fille, Alma L..., servante chez lui, qui lui a donné de fréquents exemples de lucidité en sommeil hypnotique1. Dans un cas très intéressant, et qui semble indiquer plus que de la lucidité, Alma est priée d'aller chez le directeur général du pilotage, à Stockholm où elle n'avait jamais été. Elle voit le directeur assis devant sa table à écrire et décrit exactement la chambre où il se trouve. Alors on donne à Alma Tordre formel de saisir le trousseau de clefs qu'ALMA avait vu sur la table, de serrer les clefs, et de mettre son autre main sur l'épaule du directeur pour attirer son attention. Alma déclare que le directeur général faisait attention à elle. Le directeur, qui n'avait pas la moindre idée qu'on faisait sur lui une expérience, dit plus tard qu'il avait ressenti quelque chose de singulier au jour et à l'heure en question. Il était assis, occupé à un travail, quand, sans aucune espèce de raison, ses yeux tombèrent sur le trousseau de clefs, posé près de lui sur la table, et cependant il n'avait jamais eu l'habitude de les poser là. Il entrevit alors comme une forme de femme. Pensant que c'était la femme de chambre, il n'y attacha pas d'importance. Mais, le fait se répétant, il appela et se leva pour voir ce qui se passait. Or, personne, ni sa servante, ni aucune femme, n'était venu dans la chambre. Il n'observa d'ailleurs aucun bruit, ni aucun mouvement venant du trousseau de clefs.

Un individu ayant été arrêté pour un meurtre, un des sujets du Dr Backmann, Agda Olsen, décrivit très exactement la maison où le crime avait été commis, et, quoique n'ayant jamais vu le meurtrier, elle dit que celui-ci avait une cicatrice à la main droite. Le constable de Kalmar, M. Ljung, qui avait interrogé l'assassin, n'avait pas d'abord constaté de cicatrice, et c'est après que le Dr Backmann le lui eût dit qu'il a vérifié qu'en effet cet individu, à la suite d'un ancien abcès, disait-il, avait une cicatrice à la main droite.

Alma ayant donné de notables preuves de lucidité, je résolus, avec Fr. et A. Myers, d'aller à Kalmar, pour faire quelques expériences avec elle. Voici le cas intéressant de lucidité qu'elle me présenta,

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