A. S. P., 1909. XIX
Un phénomène curieux est le mélange de diverses personnalités. Il semble — mais ce n'est sans doute qu'une symbolisation — , que, lorsque telle ou telle personnalité, qu'il s'agisse de Phinuit, d'HvsLOP père, de Georges Pelham, ne peut pas donner tels ou tels détails, alors elle appelle à son secours une autre personnalité mieux renseignée. Le professeur Newbold donne une phrase en grec, langue que Mad. Piper ignore complètement. Mais Georges Pelham dit : «Je vais demander à Stainton Moses, qui est helléniste» et peu après la traduction des mots grecs est donnée. Une autre fois Rector et Hodgson, parlant par l'intermédiaire de Mad. Piper, ne peuvent trouver le nom de la belle-mère de Robert Hyslop. Ils sortent de la machine, selon l'expression pittoresque de Mad. Piper, c'est-à-dire qu'il se fait un certain silence, et que, quelque temps après, Georges Pelham revient en disant : « Elle s'appelle Marguerite. » Mais il est vraiment difficile de croire à la réalité de ces diverses personnifications qui, dans le monde des esprits, se cherchent, se trouvent, se renseignent.
Le cas de Hannah Wild, bien analysé par M. Sage, est curieux, car il est un très bel exemple de télépathie, coïncidant avec déficience complète des faits connus du décédé seul. Mad. Blodgett interroge Mad. Piper, et c'est la sœur de Mad. Blodgett (Hannah Wild) décédée depuis deux ans, qui revient. Or Hannah Wild avait écrit une lettre où se trouvaient des paroles que personne ne pouvait connaître. Rien de cette lettre ne put être dit par Mad. Piper, et pourtant toutes les pensées (et les actions) secrètes de Mad. Blodgett furent dites avec précision. De sorte que cette expérience, si imparfaite pour la théorie de la survivance personnelle, est excellente au point de vue de la télépathie et de la cryptesthésie.
Avec Mad. Verrall, une observatrice d'esprit pénétrant etsagace, les résultats ont été très beaux. Mad. Piper lui dit : « Votre grandpère était paralysé, il avait une sœur qui s'appelait Suzanne, et un fils qui s'appelait Henri. Cet oncle s est marié avec une de ses parentes, une dame Keley. » Mad. Verrall, qui n'était plus en rela-
1. Si l'on ne peut pas lire dans le texte original les gros volumes que Hodgson, Hyslop, YAmeric, S. P. R. et la S. P. R. anglaise ont consacrés à l'étude de cette admirable Mad. Piper, on en aura une idée suffisante par le livre de M. Sage (Madame Piper, par M. Sage, 4e édit., Paris, Leymarie, 1902). C'est un ouvrage de lecture facile.
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tious avec cette partie de sa famille, a pu ensuite, en faisant de laborieuses recherches, constater que tout cela était exact. Son grand-père avait une sœur Suzanne, née en 1791, et un de ses enfants, Henri, s'est marié à Mad. Keley1.
Paul Bourggt-, interrogeant Mad. Piper qui avait alors la personnalité de Phinuit, lui montre une petite pendule de voyage. Mad. Piper a pu lui dire à qui elle avait appartenu, ce que faisait autrefois le possesseur de cet objet et sou genre de mort (suicide par un poison). « Elle décrit avec une exactitude remarquable l'appartement que j'occupais à Paris. Elle a dit Fétage et mentionné un escalier intérieur. Elle a vu sur le mur un objet qu'elle a décrit et un portrait sur la cheminée qu'elle a pris pour le portrait d'un jeune homme. C'est une photographie de femme avec des cheveux coupés courts ! »
M. Hyslop, parlant à son père défunt (incarné en Mad. Piper) demande des nouvelles de M. H. C... Il lui est répondu que M. H. C... s'occupe de l'église et de l'orgue de l'église. Or précisément, — ce que M. Hyslop ignorait — M. H. C... s'était retiré de l'église, parce qu'on y avait placé un orgue, ce qu'il désapprouvait3.
M. Vernon Buiggs, qui avait été à Honolulu, interrogeant Mad. Piper à propos de Kalua, petit garçon indigène qu'il avait amené en Amérique, reçoit de Mad. Piper deux mots de langue kawaienne Lei (guirlande de fleurs) commeKALUA aimaità en tresser, et A loha qui veut dire salutations. Comme M. Briggs lui demande le nom de l'île qu'habitait Kalua, elle dit Tawaï, et sa main écrit Kawaï. Or, le nom s'écrit en réalité Kawaï, mais les indigènes disent Tawaï.
A Mad. veuve M..., Mad. Piper écrit les noms de Brown et de Parker : ce sont les noms du docteur et de la garde-malade qui ont soigné M. M .. pendant sa dernière maladie. «Il me fut alors parlé, dit Mad. M..., par Mad. Piper, comme pouvait seul le faire mon mari. Des affaires qui le concernaient, et que j'étais seule à connaître, furent mentionnées. Il me fut parlé aussi d'un ami intime de mon mari, désigné par son nom. Il fut fait allusion à notre der-
1. Voir pour les détails Hyslop, Science and a future lïfe, Boston, 1905, 157.