Cité par Lodge, loc. cit., tr. fr
2. C'est le mot que Myers employait pour désigner ce que j'ai appelé la cryptesthésie.
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assuré que beaucoup de renseiguements qu'elle fournit dans l'état de trance ne sont point acquis par les méthodes banales ordinaires. Elle peut alors diagnostiquer les maladies, et désigner les possesseurs ou les anciens possesseurs de menus objets, dans des conditions qui excluent l'emploi des voies sensorielles normales. »
Voici quelques exemples donnés par sir Oliver Lodge :
Le professeur Gonner fut amené par Lodge sous un nom d'emprunt. Alors il fut parlé de son oncle William, mort d'un trou à la tète. De fait, le professeur Gonner avait eu un oncle William, mort dans une émeute électorale, il y a très longtemps, avant même la naissance de M. Gonner. Une pierre le frappa à la tête.
« Le père de ma femme, dit Lodge, est mort alors qu'elle n'était âgée que de quinze jours, d'une mort dramatique et émouvante. Phinuit fit le récit des circonstances de cette mort d'une manière saisissante. De même la cause de la mort du beau-père de ma femme (chute au fond de la cale de son bateau) fut exactement précisée. »
Un médecin de Liverpool fut présenté sous le nom du Dr Jones. Sir Oliver Lodge et Lady Lodge le connaissaient peu. Mad. Piper lui parla dune de ses filles, nommée Daisy, dit qu'elle était charmante, mais infirme (Daisy est sourde et charmante) : « Il y a près d'elle une femme nommée Kate, que vous appelez Kitty. » Kate est la bonne des enfants du docteur.
Le sténographe était venu à une séance pour écrire ce que dirait Mad. Piper. Phinuit le prit à partie et lui dit qu'il avait un cousin s'appelantCHARLEY : « Six enfants dans votre famille (quatre garçons, deux filles) ; Minnie est votre sœur ; vous vous appelez Ed. . . » Tous ces détails étaient exacts.
Par Mad. Piper des souvenirs, extrêmement anciens, et qui se vérifient exacts, sont mentionnés sur tous les parents et les grandsparents de la personne qui l'interroge. Très souvent il faut de longues vérifications pour savoir s'ils sont vraiment authentiques. Un des frères du père de Lodge avait un frère jumeau dont Mad. Piper dit le nom. Jerry pour Jeremiah, ainsi que Robert, le frère jumeau. Mad. Piper dit qu'il était aveugle (exact) et que dans son enfance il avait mis de côté une peau de serpent, détail absolument authentique d'un fait qui s'était passé il y a soixante-six ans, fait qu'OLivER Lodge ignorait, et qui s'est trouvé véritable. Il parla aussi d'une
traversée à la nage d'un bras de rivière, traversée que Jerry avait faite.
Mad. Piper, dans une deslpremières séances, s'était assise sur un certain grand fauteuil. Phinuit, en touchant ce fauteuil, déclara qu'il avait été donné par la tante Annie, que la tante Annie avait un fils nommé Charley (tous détails exacts). La tante Annie, parlant par Phinuit, dit : « Je suis triste que Charley ait mangé l'oiseau. Cela l'a rendu malade. » De fait, exactement à cette époque, Charley, qui était au Canada, avait tué indûment à la chasse une poule d'eau , l'avait mangée, et avait été malade quelques jours après.
Les premières communicatiousde Georges Pelham par l'intermédiaire de Mad. Piper, sont très importantes, aussi bien pour la cryptestbésie que pour la possible identification. Nous les donnerons sommairement1.
En présence de R. Hodgson, M. Hart (un ami de Georges Pelham) reçut des détails circonstanciés se rapportant à des actes ou à des paroles de Georges Pelham. Georges Pelham (pseudonyme de Robinson), par la voix de Mad. Piper, lui dit que ses boutons de manchettes avaient appartenu à G. P... 11 donna les noms de M. et de Mad. Howard, amis de G. P..., et de leur fille Kalérine, et ajouta : « Dites-lui, pour qu'elle me reconnaisse, que je veux résoudre les problèmes Kalérine. » M. Hart, ne comprenant pas ces paroles, alla trouver la famille Howard (que Mad. Piper ne connaissait nullement), et là il apprit que G. P..., la dernière fois qu'il vit Kalérine, jeune fille de quinze ans, lui avait parlé de Dieu, de l'Éternité, du Temps, de l'Espace, en lui disant qu'un jour il lui parlerait de ces problèmes.
Après cette séance, les Howard eurent d'autres réunions avec Mad. Piper. « Les questions traitées, dit R. Hodgson, étaient caractéristiques, et de la nature la plus intime et la plus personnelle. Les amis communs furent cités par leurs noms. Les Howard, qui ne prenaient aucun intérêt aux recherches psychiques, acquirent, dans ces séances avec Mad. Piper, l'intime conviction qu'ils avaient causé en réalité avec la personnalité de l'ami qu'ils avaient connu pendant tant d'années. »
Après la mort de R. Hodgson, ce fut un autre savant et conscien-
4. Si malheureusement on ne peut pas recourir aux documents originaux, on les trouvera bien résumés par Delanne. loc. cit.. 363.
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cieux psychologue américain, secrétaire général de Y American Society for psijchical Research, M. James Hyslop (mort récemment, en juin 1920), qui étudia Mad. Piper'. Le guide de Mad. Piper fut alors R. Hodgson lui-même, et les faits de cryptesthésie furent tout à fait éclatants.
M. Hyslop, l'ayant interrogée sur son père à lui, Hvslop, Mad. Piper fit allusion à maints détails exacts : elle dit l'endroit où il avait laissé ses lunettes quand il mourut. Elle parla de ses livres, d'un bonnet tricoté pour lui, d'un couteau à manche brun avec lequel il avait l'habitude de se nettoyer les ongles. Elle mentionna diverses cannes que possédait M. Hyslop père, une canne avec un anneau, une autre avec un insecte doré (un scarabée), une autre avec un manche recourbé, qui avait été brisée; tous détails qui furent reconnus exacts, et que M. J. Hyslop, au moins consciemment, ignorait.
Mad. X... se fait introduire sous le faux nom de Marguerite Brown, apportant, pour avoir quelque réponse, trois boucles de cheveux, X. B. S. Elle ne connaît comme origine que la boucle S. Pour la boucle X., Mad. Piper lui dit : «.Mais c'est de Fr éd.. . Imogène? Qu'est-ce que Fmogène? » En effet, la boucle de cheveux était d'iMOgène Garnay, que M. Fred. Day avait coupée pour la donner à Marguerite Brown. Pour la boucle B., Mad. Piper dit : « Une personne très malade. » En effet la personne dont les cheveux étaient présentés est morte dans l'année. Pour la boucle S., Mad. Piper dit : «Elleest avare de ses cheveux. » Or Marguerite avait coupé cette mèche de cheveux à sa mère par surprise. « C'est votre mère, elle a quatre enfants, deux garçons, deux filles. «Tous ces détails sont exacts-.
R. Hodgson, dans une séance avec Mad. Piper, reçoit un message de Mad. Éliza qui dit avoir assisté M. F... au moment de sa mort. F... venait de mourir la veille, et la nouvelle de sa mort avait été donnée par les journaux de Boston. Deux ou trois jours après, R. Hodgson apprit qu'en effet, au moment de mourir, F... dit avoir vu Mad. Éliza qui l'appelait. Mad. Piper ne connaissait pas Mad. Éliza.
1. Voir l'analyse donnée par Marcel Mangin, A. S. P., 1902, XII, 218. La vie après la mort.