‹ Traité de métapsychiqueChapitre 61 sur 327 · A. S. P., XXIX · texte numérisé non relu

A. S. P., XXIX

3. P.-E. Cornillier, La survivance de l'âme, et son évolution après la mort, Comptes rendus d'expériences, Paris, Alcan, 1920, 570 pp.

rares, cet ouvrage étant destiné moins à démontrer la clairvoyance, qu'à faire connaître les imaginations du subconscient sur les théories spirites, de sorte que Ton peut très difficilement citer quelques exemples, à peine probants, de lucidité.

Il s'agit d'une jeune fille, Reine X..., âgée de quinze ans, qui, la première fois qu'elle a fait une expérience spiritique, a obtenu des coups sans contact. Alors elle fut magnétisée par M. Cornillier, et tous les phénomènes (uniquement subjectifs) présentés ensuite par elle l'ont été dans l'état de somnambulisme. Toutefois nous devons les classer comme relevant plutôt du spiritisme, car elle avait un guide (Vetteli.ini ?) qui lui dictait ses réponses. Peu importe d'ailleurs que ce soit somnambulisme ou spiritisme ; car les deux modalités psycho-physiologiques se confondent bien souvent.

La première fois que M. Cornillier endormit Reine, celle-ci, descendant en pensée dans l'appartement de M. Cornillier, distinct de son atelier, et où elle n'avait jamais été, donne des détails précis, brosses en ivoire posées sur une table, une glace ovale, deux petits portraits de M. C... sur la cheminée.

Une autre fois, Reine va visiter M. S. 0..., un ami de M. Cornillier. Elle le voit assis à son bureau, et écrivant une lettre d'affaires. A côté de lui, une dame, dans un fauteuil à la droite du bureau. Tous ces détails sont exacts. Mais que prouvent-ils?

Reine, étant envoyée pour visiter la demeure de M. X..., décédé il y a six ans à R... dit qu'il y a une haute tour, datant des temps anciens (ce qui estexact),etparlautdeM. X... dit :«. Il aimait le plus se promener et la peinture » ce qui est tout à fait caractéristique deX...

Elle sembla aussi avoir eu une prémonition (p. 417). Elle a vu le 26 août 1913, M. Cornillier prenant le chemin de fer, vêtu en habit noir ; l'air triste. Cette vision s'est répétée dans la nuit du 28 août. Le 30 août, elle voit M. C... préparant sa valise. Or, le 1er septembre, M. C.-., recevait la nouvelle qu'un sien cousin était mort, et il prit le train aussitôt pour suivre le convoi (en habit noir). Malheureusement, M. Cornillier ne nous dit pas si Reine n'a pas pu, par les voies sensorielles normales, connaître la maladie de son cousin.

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Reine a pu donner «aussi le nom d'une dame Jeanne B... morte à quarante-sept ans, qui s'est incarnée eu elle (p. 504) et qui a donné maints détails exacts : sur un fils, nommé Marcel, soldat dans la cavalerie, et sur sou mari, avec qui elle avait divorcé, et qui l'avait rendue très malheureuse. Tous ces détails ont été ultérieurement vérifiés. Mais il est impossible d'admettre comme démontrée (et presque comme vraisemblable) qu'il y a eu cryptesthésie : car ou ne nous dit nulle part que Reine n'avait pas pu connaître Mad. B... modiste.

Tous ces faits n'ont donc qu'une très mince valeur.

Ainsi, malgré tout le labeur dépensé par M. Cornillier, dans son livre, il y a de telles faiblesses et de si graves lacunes que nous n'en pouvons tirer aucun parti. Les opinions de Vettellini, c'est-àdire de l'inconscient de Reine, sur les choses et les hommes de ce monde et de l'autre, nous laissent terriblement indifférents. La plus petite constatation rigoureuse d'une cryptesthésie ou d'une prémonition irréprochables, auraient une valeur scientifique autre. A cet égard les précieux rapports de Mad. Sidgwick, de R. Hodgson et de J. Hyslop s,ont incomparables. C'est surtout l'admirable rapport donné par Sir Oliver Lodge de ses séances avec Mad. Piper, qui me paraît être le modèle du genre.

M. Mamtchitch assiste à une séance spirite pour la première fois en 1875 à Kieff, Rentré chez lui, il se met à la table, et interroge l'alphabet. Le nom de Palladia lui est donné, et cette phrase : « Remets l'ange à sa place, ou il va tomber. » M. Mamtchitch se rend le lendemain au cimetière, où il n'avait jamais été, et finit par découvrir la tombe ensevelie sous la neige. La statue de marbre, représentant un ange, avec une croix, penchait fortement d'un côté1.

M. M.vssey2, allant voir une médium, Mad. Lottie Fi.ower, lui donne le gant d'un de ses amis, M. Pigott, absolument inconnu à Miss Flower ; elle dit : « C'est absurde, je ne peux rien dire que Pig. Pig...».

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