MÉTHODE DE L ALPHABET CACHÉ
environ 1 /42e, ce qui est peu. Mais en réalité, il y eu a beaucoup plus. Car c'est un mot de 5 lettres, répondant à un mot pensé de 5 lettres, soit une probabilité de 1/7C environ, d'avoir 5 lettres.
Alors cela devient-^. C'est même plus encore, car, si la table
retardait la réponse, la dernière lettre H a été indiquée comme S, la première lettre C a été indiquée avec un retard un peu plus grand, et alors on a DMSAR, ce qui se rapproche passablement de Coesar.
Si j'indique cette expérience qui, à côtéde toutes les belles expériences que j'ai mentionnées plus haut, est terriblement médiocre, ce n'est pas que j'en veuille faire état : c'est seulement pour montrer que le calcul des probabilités, quand l'expérience est irréprochable, comme celle-là, est d'une grande utilité. Pour ma part, je préfère une expérience irréprochable, qui se présente avec une probabilité assez forte, qu'une expérience dont la probabilité est énormément faible, mais où il y a un léger vice qui lui enlève toute valeur.
Je mentionnerai une autre expérience encore. Paul, le frère de Gaston, assez sceptique, et qui n'est nullement médium, assistait à la séance sans toucher à la table. Nous lui demandons de penser un nom quelconque. Le nom qu'il pensait a été indiqué Cheval pour Chevalon. Or une Mad. Chevalon, morte il y a quelque temps, était l'amie de la famille de Gaston et de Paul. Nous demandons alors à l'esprit Chevalon de nous dire quelque chose de caractéristique. Par la table et l'alphabet caché, nous avons cette phrase : « Commentl va ta mère? » Là-dessus (il faut bien l'avouer), Gaston a été véritablement effrayé. A partir de ce moment il n'a plus voulu faire, ni ce soir-là, ni les soirs suivants, des expériences où il jouait le rôle de médium. Je n'ai jamais pu le décider à continuer.
Les expériences sur l'alphabet caché, que je crois extrêmement importantes pour donner une preuve éclataute de la cryptesthésie, ont été reprises récemment avec grand succès par sir William Baurett l.
1. Compte rendu par Miss Dallas. Expériences avec l'Oui-ja, les médiums opé- ', rant les yeux bandés (A. S. P., mars 1916, XXVI, 45).
Richet. — M&apsychiquc. 14
210 MKTAPSYCHIQUE SUBJECTIVE
Les médiums, amis personnels de sir William Barrett, avaient les yeux complètement bandés ; un masque impénétrable couvrait leur visage; les lettres de l'alphabet ne leur étaient donc pas visibles, et en outre ces lettres, placées en désordre, étaient recouvertes d'une plaque de verre et d'un tapis de table. Dans ces conditions il y eut des messages ayant un sens. Peu importe, dans le cas actuel, le sens de ce message ; il suffit d'établir que les lettres indiquées par le mouvement très rapide et très vigoureux de la planchette ne se succédaient pas au hasard, mais comportaient une signification très précise.
Dans un castrés bien observé par Sir W.-F. Barkett, le médium, H. Travers Smith, avait un bandeau sur les yeux, ainsi que M. Lennox Robinson, et les lettres de l'alphabet étaient placées au hasard sous une glace transparente. Un soir, peu d'heures après le torpillage de la Lusitania, il fut indiqué par l'alphabet ainsi manié que M. Hugh Lane (un ami des deux médiums, qu'ils savaient d'ailleurs en Amérique) avait été noyé. Pendant la séance même, alors que déjà cette indication avait été donnée par la table, un journal, dans son édition du soir, donnait le nom de Hugh Lane, comme une des victimes du désastre de la Lusitania l.
Il n'est guère possible de considérer cette monition comme très probante, car le médium savait qu'il y avait eu torpillage de la Lusitania. Sir Hugh Lane était parti pour l'Amérique depuis quelques jours. De là, pour l'inconscient, facilité de conclure que Sir Hugh Lane était une des victimes.
Il semble que l'expérience suivante, très analogue d'aillenrs, rapportée aussi parMad. H. Travers-Smith, est bien meilleure. Un soir, après une séance infructueuse, tout d'un coup la table dit : « Ship sinking, ail bands lost, William East oner board. Women and children weeping and ivailing ; sorrow, sorrow, sorrow ! ! » Ace moment, un crieur dans la rue annonce une grande nouvelle ! Mad. Smith va chercher le journal. C'était le naufrage du Titanic. William East signifiait vraisemblablement William Stead.
Si le cas de Sir Hugh Lane n'est pas probant pour la monition
1. Le récit très détaillé de cette monition a été donné par Mad. Hesther Traveiss Smith, Voices from the voici. London, W. Rider, 1919, 35.