CORRESPONDANCES CROISÉES
de Mad. Piper (Mvers P.). La coïncidence de ces paroles eùl été, non la preuve absolue, mais un commencement de preuve en faveur de la survivance personnelle l.
Il n'est pas possible d'entrer ici dans plus de détails. Il me suffira de citer les opinions, ou mieux les conclusions (d'ailleurs diamétralement opposées), de J. Maxwell et de Mad. Sidgwick -. J. Maxwell pense qu'il y a une place exagérée accordée au symbolisme et à l'interprétation, parfois fantaisiste, parfois alambiquée, de ces symboles. Il est tenté de croire qu'en accordant cette confiance audacieuse à l'écriture automatique, et en voulant toujours y reconnaître des symboles lointains et compliqués, on finirait par trouver des relations transcendentales partout.
Aussi n'admet-il pas qu'on puisse conclure dans le même sens que Mad. VERRALLetM. Piddington. «Il est impossible, dit-il (p. 139; , de conclure à l'intervention d'un esprit. Nous avons besoin d'une preuve et de faits. Or le système des correspondances croisées est fondé sur des faits négatifs, ce qui est une base instable. Au contraire, les faits positifs ont une valeur en soi, ce que ne peuvent donner (jusqu'à présent au moins) les correspondances croisées. »
Mad. Sidgwick pense tout autrement que J. Maxwell3. Selon elle, la probabilité de l'identité personnelle (p. 399), est appuyée par le caractère général des communications, qui montrent en toute évidence que les idées et les arrangements des mots sont plus en rapport avec les idées des communicateurs (dans le sens spirite) qu'avec les idées des médiums. Or cet argument de Mad. Sidgwick n'a pas grande force, car la souplesse de l'inconscient chez les médiums est assez grande pour reconstituer d'une manière saisissante les personnalités de Myers ou de tout autre. Mad. Sidgwick ajoute, avec grande raison, qu'il faut des preuves nouvelles plus positives.
M. Gérard W. Balfour* (p. 236), conclut que cette longue et laborieuse étude conduit lentement, mais sûrement, à la conviction
1. Voyez sur cette question les P. S. P. R., de 1910 à 1914, passim.
2. J. Maxwell, Les correspondances croisées et la méthode expérimentale, P. S. P. R., Part. LXV, 1912, 54-144.
3. A reply to Dr Joseph Maxwell' s Paper on cross correspondances and the expérimental method, P. S. P. R , juillet 1913, part. LXVII, 375-401.
4. Some récent sci-ipts affording évidence of personal survival, P. S. P. R., 1914, XXVIT, 221-243.
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que beaucoup de faits qui apparaissent dans cette correspondance croisée, ne peuvent recevoir d'explication satisfaisante que par l'hypothèse spirite.
M. Balfour formule ainsi ses conclusions sur les longs écrits automatiques obtenus simultanément.
« Les trois médiums mentionnent le nom d'EumpiDE. Tous les trois indiquent, plus ou moins clairement, qu'EuRipiDE est le sujet de la Cross Correspondance. Deux d'entre eux rattachent Euripide à Hercules furens. »
Dans un autre cas, considéré bon par M. Balfour, Mad. Piper dit : « Light in West » et Mad. Verrall dit : « Les mots étaient de Maud : vermeil est l'est ». La vraie citation de Maud est : « vermeil est l'ouest ».
Certes ce sont des cas de cryptesthésie bien caractérisée. Mais qu'il y ait cryptesthésie, ou lucidité, ou télépathie, cela n'implique nullement la survivance d'une conscience personnelle.
D'autre part, M. Hereward Carrington conclut ainsi (et je cite ses paroles parce qu'elles me paraissent résumer avec précision ce qu'il convient, selon moi, de conclure deces correspondances croisées). » L'ensemble de ces faits, « are ail fully explained upon purely psychological and naturalistic Unes. They almost invariabily résolves them into simple subconscious memory associations. Le hasard y a joué une beaucoup plus grande part qu'on ne le croit. Toutes ces communications, malgré le grand labeur qu'elles représentent, apportent pour la survie une moindre preuve que les séances de Mad. Piper incarnant Georges Pelham. » (')
11 semble que ce jugement de M. Carrington est justifié : mais il faudra cependant reconnaître avec lui que beaucoup de phénomènes de correspondance croisée, s'ils ne prouvent pas la survie, établissent tout de même qu'il y a des phénomènes de télépathie et de cryptesthésie qui se manifestent avec évidence.
Si nous appelons spiritiques les phénomènes dans lesquels une personnalité étrangère a paru intervenir, toutes réserves étant faites