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Uber Télépathie und Hellse/ien, Mùnchen, Bergmann, 19i

M. Albert Hofmann (de Mehlen) ' a fait de curieuses expériences de télépathie avec ua docteur eu médeciue, M. Fueddenberg. M. Hofmann avait été percipient dans les expériences de M. R. Tischener : cette fois il a agi comme agent. Il demeurait dans une maison distante de 28 mètres. Daus l'expérience I, Hofmann suggéra Alaof Kôln, et Freudenuerc. dit Kôln. L'expérience II ne réussit pas. Dans l'expérience III, H... suggéra Groenendael, Freudenberg vit un joli bois, avec des étangs, ce qui est tout à fait le bois de Groenendael, près de Bruxelles. Dans une autre série d'expériences, plus récentes, les expérimentateurs habitaient deux demeures distinctes, à 800 mètres de distance. Il y eut des succès très nets, transmission de couleurs et de visions. Le mot encrier a pu être transmis. Notons aussi un résultat bien singulier. Freudenberg avait suggéré Jules César ; Hofmann a pensé au pont de Bonn, où il y a une statue de J. César. Malheureusement, après ces séances qui réussirent, il y eut une série d'échecs.

Il est inutile de continuer cette énumération. Ce n'est pas le hasard : ce n'est pas non plus la télépathie. Est-ce l'hyperacuité rétinienne poussée au point d'être de la cryptesthésie ? ou bien y at-il — ce que je ne pense pas — quelque erreur systématique due à ce que Re... avait pu voir ce qu'écrivait M. Tischener ? Il est à noter que M. Tischener est très instruit des fraudes possibles sigualéespar les psychologues américains.

Le D1' Waldemar de Wasielewski2 a rapporté des cas intéressants de cryptesthésie pragmatique, qu'il convient de rapprocher des faits de rhabdomancie, car vraiment il semble que ce soit un phénomène du même ordre. Mlle von B..., observée par lui, daus des conditions telles qu'aucune fraude n'était possible, a pu souvent dire quels étaient les objets enfermés daus une boite bien ficelée, dire s'ils étaient en bois, ou de tel ou tel métal. Daus la statistique très imparfaite qu'il nous donne, il dit qu'il y a eu cinquante expériences et six insuccès. Mais il faudrait savoir quelle était la probabilité du succès.

M. Wasielewski a fait aussi quelques autres expériences portant

1. Versuche ùber Télépathie (Psych. Slud., janvier 1921, 1-12.

2. Un cas de lucidité spontanée, A. S. P., juin 1914, XXIV, 165.

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sur des dessins et sur des mots enfermés dans des boîtes. Il faudra lire le détail dans l'original. M. de W... avait écrit en écriture renversée ; Mlle de B... lut comme si l'écriture n'avait pas été renversée. Il est vrai que dans cette dernière expérience l'écriture n'était pas enfermée dans une boîte, mais simplement mise sous une enveloppe.

Avec raison M. de W... pense qu'il ne s'agit pas là de télépathie, mais plutôt de l'influence des choses, plus ou moins analogue à la force rhabdique, cette vibration mystérieuse, qui, se dégageant des eaux souterraines ou des métaux, détermine les muscles des baguettisants à faire plier la baguette de coudrier.

M. Warcollier, ingénieur chimiste, a fait sur la télépathie de nombreuses expériences, très méthodiques, qu'il a rapportées dans un livre qui n'a pas paru encore, mais dont le manuscrit m'a été obligeamment communiqué par M. Warcollier.

Plusieursdesexpérieucesdetélépathieontété faites parM. Warcollier comme percipient, sur des dessins. Elles sont bien intéressantes.

Sur 10 expériences il y a eu une fois un succès remarquable (expérience IV).

Le dessin fait était un ballon dirigeable avec une hélice ; le résultat a été un ballon dirigeable et une hélice.

Dans d'autres cas il y a eu demi-succès : le dessin à deviner était un drapeau tricolore ; il y a eu 9 dessins successifs, parmi lesquels il y a un drapeau tricolore. Dans l'expérience VIII il y avait uncor de chasse ; sur 5 essais de divination il y a eu une coquille de limaçon qui ressemble tout à fait à un cor de chasse. Dans le dessin n° 10 il y avait un perroquet ; le percipient a tracé, parmi douze dessins, un oiseau blessé qui tombe par terre.

Résumant ses recherches, M. Warcollier arrive, sur 35 faits, à constater qu'il y en a eu 13 de négatifs ; 5 à éliminer par suite d'une coïncidence vraisemblablement due au hasard, 10 demi succès, et 7 succès complets. Mais la part de la probabilité est difficile à calculer.

En comparant les diverses télépathies qu'il a eu l'occasion d'observer, et par des méthodes trop longues à exposer ici, qu'il

faudra lire dans le livre original, M. Warcollier classe ainsi les diverses facilités de transmission.

Couleurs 70 p. 100

Attitudes 55 —

Dessins 45 —

Objets 38 —

Idées 37 —

Images mentales 10 —

Mots, chiffres 10 —

C'est une tentative intéressante de classification, rudimentaire encore, que seules pourront justifier de plus nombreuses expériences ; mais il ne sera pas facile de trouver des sensitifs, comme M. Warcollier, qui seront en même temps capables de calculs et d'analyses pénétrantes.

Ce qui prouve que M. Warcollier est un sensitif, c'est la belle cryptesthésie qu'il a observée sur lui-même. Rentré tard dans la soirée chez un ami qui demeurait à la campagne, il se couche, s'endort, et, se réveillant à demi, il aperçoit, dausla pièce éclairée par une veilleuse, un gros paquet ficelé de forme quadrangulaire, enveloppé d'un papier d'emballage jaune. Il s'écrie : « Qu'est-ce que ce paquet ?». Mad. Warcollier se réveille, s'étonne, — car il n'y a pas de paquet daus la chambre — et alors M. Warcollier lui décrit l'objet qui en effet avait été monté par mégarde dans la chambre, et il y avait séjourné, avant l'arrivée de M. Warcollier dans la maison, quelque temps ; puis il avait été retiré.

M. Abronowski (cité par M. Warcollier), sur 324 suggestions, dont le succès avait une probabilité de 1/3, a eu 157 succès, soit 50 p. 100, ce qui dépasse notablement le chiffre probable. Il est vrai que, dans ces expériences, il y avait contact des mains, ce qui enlève beaucoup de valeur à l'expérimentation. Toutefois, avec un percipient plus sensible que les autres, Jeanne Hirschberg, il y a eu, sans contact des mains, 62 p. 100 de succès.

M. Warcollier d'une part, et d'autre part M. Abronowski, ont fait timidement des hypothèses pour expliquer la télépathie, et ils ont eu raison d'être timides.

Après tout l'hypothèse de la télépathie, par vibration du cerveau A, à la suite de la vibration du cerveau B, n'est pas valable, au

moins comme explication générale adéquate, car très souvent il y a lucidité sans vibration du cerveau B. Les spirites ont une explication plus simple ; c'est celle des esprits omniscients et omnipotents. Mais c'est une explication enfantine.

Mieux vaut se réfugier dans mon aveu d'absolue ignorance quant au mécanisme et à la cause.

Lombroso1 rapporte le cas d'une jeune fille hystérique, qui, à certains moments, perdait la faculté de voir par les yeux, et voyait par les oreilles. Elle lisait, les yeux bandés, quelques lignes d'imprimerie qu'on plaçait à son oreille.

A propos de cette transposition des sens, Flammarion dit que les sujets s'imaginent à tort voir par le front, ou l'épigastre, ou l'oreille. Je serais tenté cependant de croire qu'il y a en réalité une impression sensitive peut être tactile, une excitation sensorielle périphérique, au moins dans quelques cas.

Ces faits d'hyperesthésie, ou de paresthésie, sont donc indubitables, tout comme dans le cas de Ludovic S... rapporté par Boirac. Mais il n'est pas possible d'adapterà l'hyperesthésie sensorielle les phénomènes multiples de la cryptesthésie. L'explication par l'acuité invraisemblable des sens normaux ou par la transposition des sens n'est valable que pour un petit nombre, très restreint, d'observations. Encore même là ne sommes-nous pas assurés que cette interprétation est exacte. Une rétine capable de percevoir des rayons lumineux qui ont passé à travers une triple enveloppe de cartons épais, c'est une rétine tellement différente de la rétine normale que son étude relève de la métapsychique plutôt que de la physiologie.

Toutefois, c'est peut-être un réel progrès que d'avoir permis, pour quelques cas exceptionnels tout au moins, d'attribuer à l'acuité sensorielle des phénomènes qui passaient jusqu'alors comme inabordables. Et il sera très intéressant de l'étudier chez les sensitifs. On ne sait jamais, lorsqu'on commence une étude expérimentale, si des résultats inespérés, imprévoyables, inattendus, n'en seront pas le fruit.

1. Cité par Flammahion : La mort et son mystère, 1920, p. 255. .

C. Lombroso a indiqué quelques cas de cryptesthésie très nets *. Dans ses expériences, aidé des Drs Ottoi.enghi, Sartoris et Roncarini, il a trouvé un jeune homme de vingt et un ans, Régis, commis de magasin, qui a réussi à reproduire quelques-unes des expériences de Picivmann (mais sans contact). M. Lombroso a écrit sur une ardoise le mot de Pitckerel. Alors Régis, les yeux et les oreilles bandés, à une distance de 10 mètres, a écrit Vitche sur une autre ardoise. Ou lui remet un dessin dans une enveloppe, il a les yeux bandés, et il en fait un fac-similé très étonnant. Il y eut pourtant quelques échecs. Régis but ce jour-là un demi-litre de rhum, de manière à être très ivre., ce qui n'est pas une bonne condition pour machiner une fraude habile. M. B... (de Nocera), âgé de vingt ans, a donné aussi au Dr Grimaldi, en présence de Lombroso, d'intéressants exemples de cryptesthésie.

Des expériences de télépathie ont été récemment entreprises par les Drs F. -H. Van Loon et A. Weinberg 2.

Gomme leur mémoire n'a pas paru en totalité, on ne le peut juger définitivement. Il semble que les résultats soient favorables à la télépathie ; les sentiments émotionnels paraissent avoir été perçus plutôt que les noms, les chiffres, les figures. Avec les cartes, il y a eu échecs. Il y a eu succès quand un des agents mettait dans sa bouche de l'acide chlorhydrique ou un bonbon (mais est-ce que toutes précautions ont été prises?) En somme il est difficile de conclure quoi que ce soit de cette laborieuse expérimentation, inspirée par certaines observations extrêmement douteuses de thought transference et de luiUing game.

La bonne foi des percipients n'est pas contestable. Mais il peut y avoir des excitations sensorielles, faibles et inconscientes, qui déterminent, sans aucune influence métapsychique, de vagues perceptions. Même quand les percipients sont de bonne foi, il faut être aussi sévère que si on les soupçonnait de tricherie, car l'inconscient est toujours éveillé et recueille les plus légers indices qui peuvent le mettre sur la voie. Quand l'agent soulève un poids lourd, et que le percipient dit éprouver une sensation de fatigue, il faut

1. Mon enquête sur la transmission delà pensée, A. S. P., 1904, XIV, 264-273.

2, A Metliod of investigation inlo thought transference (J. S. P. R., janvier 1921, 3-23.

Richet. — Métapsychique. 16

prendre d'extrêmes précautions, pour que le percipient, dont les sens sont extraordinairement hyperesthésiés, ne comprenne pas que derrière lui on soulève un livre. Tout mouvement de l'agent doit être absolument éliminé, avant qu'on puisse conclure à une cryptesthésie.

Il faut rattacher à la cryptesthésie pragmatique, les très beaux phénomènes donnés par M. Reese2.

Les faits dont nous allons donner brève relation ont été constatés par des observateurs très avertis, Carrington, A. de Schrenck-Notzing et J. Maxwell, qui ont isolément expérimenté avec Reese.

Notons que M. Carrington a spécialement étudié la prestidigitation et est uu psychologue expérimenté.

M. Reese était, en 1913, âgé de soixante-douze ans. Il est né en Pologne prussienne, à Posen, puis il a passé en Amérique où il a vécu. Il raconte volontiers qu'il a eu des entrevues avec tous les puissants de ce monde, surtout avec les grands financiers américains, car un de ses pouvoirs, paraît-il, est de découvrir les sources d'eau ou même de pétrole. Le fait est qu'il a donné des preuves éclatantes de lucidité.

Edison a rapporté2 des expériences faites avec Reese qui lui ont paru décisives. Il va dans une pièce éloigDée de la chambre où se tenait Reese, et écrit cette question : « Y a-t-il quelque chose de mieux que ïhydroxyde de nickel pour une batterie de matières alcalines? » Puis il rentre dans la salle où était Reese, qui lui dit tout de suite : « Non, il n'y arien de mieux que ïhydroxyde de nickel pour une batterie de matières alcalines. » Deux ans après, on annonce à Edison la visite inopinée de Reese. Alors Edison écrit, en caractères microscopiques, le mot de Keno, et met le papier dans sa poche. « Quai- je écrit ? » demande-t-il à Reese, et Reese lui dit sans hésitation : « Keno ». Le Dr Jamet Hanna Thompson, médecin aliéniste et sceptique avéré, fut absolument convaincu à la suite d'une séance qu'il eut avec Reese.

1. Schrenck-Notzing (A), Un clairvoyant, A. S. P., 1913.XX1II, 65. — Maxwell (J.), Même sujet, ibid., 67. — Caurington, Compte rendu d'une séance avec Bert Reese (ibid., 357).

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