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CHIROMANCIE, GRAPHOLOGIE

Si parfois il y a eu des divinations saisissantes, il faut les mettre sur le compte soit du hasard, soit de la lucidité stimulée par un fait extérieur ; le fait extérieur étant l'examen de la main pratiqué par un sensitif.

La graphologie, à certains égards, se rapproche de la chiromancie. Mais il ne faut pas méconnaître que la graphologie a une base physiologique, nullement métapsychique, qui est inattaquable. 11 est absolument certain que nos gestes, et par conséquent notre écriture, répondent à nos sentiments et à notre caractère. Un individu ivre laissera voir son ébriété par son écriture. Qu'il soit furieux ou serein, son écriture ne sera pas la même. Il est impossible qu'une personne très bête ne laisse pas transparaître un peu de sa bêtise. Les imbéciles et les gens d'esprit ne peuvent pas avoir le même graphisme. Quidmens imaferat scripto tuadextra notabit. Mais nous ne sommes plus du tout dans la métapsychique, et, si des sensitifs, comme Mad. Freya, emploient la graphologie, ce n'est sans doute que pour aider leur lucidité. La lettre qu'on confie à un graphologue lui révélera maintes particularités psychologiques du scripteur, à condition que ce graphologue ait antérieurement étudié beaucoup d'écritures, et qu'il soit observateur sagace et prudent. Mais on ne peut pas parler de lucidité1.

Pour être complet, il faudrait mentionner Vastrologie, qui fut en si grand honneur autrefois, qui n'a rien de sérieux, quoique d'énigmatiques journaux, les Nouveaux Horizons, continuent obscurément à la défendre.

neun und ausfùhrlichen Harmonia oder Uebereinstimmung aller Linien auck ausfiihrlichen Abmessung der Saturninae, des Berges Lunae, und anderer Berge, mit Fleiss verfestiget, 3° édit., 8°, Iéna, 1681. — Voyez surtout Vaschide (N.), La psychologie de la main, Paris, 1909. — Chéiro's. Language of the hand : Complète practical work on cheirognomony and cheiromancy containing the System, Rules and expérience of Cherio (couito de Hamond), New-York, Tennyson. London, Nichols and C°, 1897, XV, 162 pages, avec 32 planches.

1. Voyez sur la graphologie surtout Crépieux-Jamin, L'écriture et le caractère. Il existe en France un bon journal de graphologie, organe d'une intéressante Société de graphologie, qui a la sagesse de ne pas mêler la métapsychique à ce fragment de la psycho-pliysiologie normale. Mon expérience de graphologie avec H. Fertari et J. Héricourt, Revue philosophique, 1886, est demeurée classique. Chez deux personnes hypnotisables et tout à fait ignorantes de la graphologie, nous avons obtenu totale transformation de l'écriture, et adaptation de l'écriture à la personnalité nouvelle créée par suggestion hypnotique.

Nous sommes donc, de fait, absolument ignorants encore des conditions de la cryptesthésie. Nous ne pouvons même pas dire, — ce qui serait un commencement de science — que les objets extérieurs ont une action émouvante quelconque, et produisent une sensation cryptique qui, par association d'idées, éveille tel ou tel souvenir (comme par exemple l'odeur d'un parfum nous fait songer à la personne connue de nous qui a l'habitude de ce parfum). Nous devons nous résigner à ignorer les voies par lesquelles est mise au jour la faculté cryptesthésique.

p. — Transposition des sens.

Il est des cas où la sensibilité tactile, énormément accrue, paraît jouer un rôle.

Un médecin de Lyon, Petetin (1744-1808) avait déjà, il y a plus d'un siècle, observé le phénomène du transport des sens (nous conservons l'expression dont il se sert, sans qu'elle implique dans notre pensée aucune hypothèse '). Il a pu chez trois grandes hystériques constater des phénomènes d'hyperesthésie — ou pour mieux dire de cryptesthésie — qu'il a racontés avec détails, dans le style singulier de son temps. Il semble bien que l'observation ait été exactement prise.

Il faut laisser de côté évidemment la soi-disant anesthésie auditive de l'oreille; car la surdité n'était qu'apparente; les malades n'entendaient pas quand on leur parlait à l'oreille, mais entendaient quand on leur chuchotait quelques paroles au bout des doigts ou au creux de l'épigastre. Or l'insensibilité aux paroles prononcées à l'oreille est une de ces hallucinations négatives dont les recherches modernes sur le somnambulisme ont montré la réalité.

Il n'en est pas de même pour la sensibilité visuelle. Ici la transposition des sens est évidente. Voici comment s'exprime Petetin (p. 44). Sa malade, Mad. A..., âgée de dix-neuf ans, était en catalepsie (c'est-à-dire en somnambulisme).

« Je glissai sous les couvertures une carte qu'enveloppait ma

1. Petetin, père, Electricité animale. Catalepsie hystérique ances traie. Découverte du transport des sens, dans l'épigastre à l'extrémité des doigts et des orteils. — Rapports du fluide nerveux, principe de ce phénomène, avec le fluide électrique. Expériences qui les confirment (Lyon, 1808).

main, et la fixai sur son estomac... je vis sa physionomie changer ; elle exprimait tout à la fois l'attention, l'étonnement et la douleur. « Quelle maladie ai-je donc? je vois la dame de pique. » Je retirai aussitôt la carte et la livrai à la curiosité des spectateurs. Ils pâlirent en reconnaissant la dame de pique. Je plaçai une seconde carte avec les mêmes précautions. « Cest, dit-elle, le dix de cœur. » Enfin une troisième... «■ Salut au roi de trèflel... » J'en fus bouleversé. J'entendis un bruit confus autour de moi, je ne remarquai même pas la consternation qui se peignait en traits énergiques sur toutes les physionomies. »

Comme la malade hystérique de Tambow, la malade hystérique de Lyon distinguait, par les doigts, la saveur de diverses substances : brioche, abricots, mouton rôti, pain au lait, bœuf bouilli, mais toutes les conditions étaient-elles bien notées?

D'autre part, Mad. A... semble avoir présenté des phénomènes de cryptesthésie et de prémonition que le transport des sens ne peut pas expliquer. Elle reconnaissait les objets placés dans une boîte. « Formait-on une pensée sans la manifester par la parole, la malade en était instruite aussitôt, et exécutait ce qu'on avait l'intention de lui commander. »

Sur une autre malade hystéro-cataleptique, Mad. de Saint-P..., âgée de vingt-quatre ans, les résultats ont été moins nets. D'ailleurs Petetin ne prenait pas les précautions -que nous jugeons aujourd'hui absolument nécessaires. Il est probable qu'il y eut alors des cryptesthésies intéressantes, mais elles ne nous sont pas rapportées avec une suffisante précision.

En tout cas la première observation de Petetin est remarquable, car les phénomènes sont étonnamment identiques à ceux qui ont été observés chez la malade de Tambow. Mais nous sommes devenus plus difficiles qu'on ne l'était en 1830 sur le caractère métapsychique des phénomènes.

Peut-être Mad. Pigeaire, qui fut une somnambule très lucide, avait-elle une sensibilité de ce geûre. Elle lisait une lettre (cachetée) qu'on lui mettait sur le front. Sir 0. Lodge a observé qu'en expérimentant avec Mlles L... les phénomènes (suggestion mentale d'une sœur à l'autre) étaient beaucoup plus nets lorsqu'elles se touchaient à peine par le petit doigt, fût-ce pour la reproduction d'un

dessin. Boirac a signalé un très beau cas de lecture par hyperesthésie tactile1. Mad. V.. ., somnambule, se fait bander les yeux par un fort bandeau. On lui colle du papier gommé sur les yeux, et alors elle lit sans hésitation les lignes imprimées, même en caractères très fins. Elle lit l'heure sur une montre enveloppée d'un mouchoir. Tel fut le rapport du Dr G. D... à Boirac, qui résolut d'expérimenter sur un autre sujet, préparé par lui. Le sujet de Boirac fut un certain Ludovic S..., qui parvint à lire avec le bout de ses doigts, comme s'il avait quelque extériorisation de la sensibilité. Une lecture fut faite quand l'obscurité était complète, toute lumière dans la chambre étant éteinte, Ludovic ayant en outre les yeux bandés. « Il ne me paraît donc plus possible de douter, dit E. Boirac, que le phénomène présenté par S... soit exclusivement, comme nous l'avons dit, un phénomène du toucher, auquel la vue reste complètement étrangère. »

Une autre expérience, plus curieuse peut-être encore, a été faite par E. Boirac. Il plaça Ludovic près de lui, le dos tourné, les yeux bandés, et s'assit sur l'autre siège, en priant Ludovic de lui tenir le coude. Alors E. Boirac plaça les doigts sur les lettres d'un journal, et, à mesure qu'il passait sur telle ou telle lettre, Ludovic épelait et lisait. Le résultat fut le même, même lorsque E. Boirac, fermant les yeux, ne pouvait plus lire les lettres que parcouraient ses doigts.

Il est bien désirable que des recherches nouvelles soient faites sur cette hyperesthésie tactile. Cela nous permettrait peut-être de conclure que, dans certains cas tout au moins, le sens du toucher a pris une telle acuité que cela devient presque de la cryptesthésie -.

Un très beau cas de cryptesthésie, explicable peut-être, quoique difficilement, par une acuité prodigieuse du toucher et de la vision, a été signalé par le Dr A. N. C. Chowrin, directeur de l'asile des aliénés de Tambow 3.

1. E. Boirac, La psychologie inconnue, Paris, Alcan, 1908, p. 245. Un cas d'apparente transposition des seîis.

2. On ne peut aujourd'hui faire état des étonnantes recherches, inachevées encore, de Louis Farigoule. La vision extra-rétinienne et le sens paroptique. (Nouvelle Revue française, 1920, 104, pp.).

3. Ce mémoire a paru en russe en 1898. Mais je ne le connais que par la tra-

Il s'agit d'une femme fort intelligente, Mad. M..., très cultivée, de trente-deux ans, non mariée, qui fut prise de troubles nerveux assez graves (grande hystéro-épilepsie). Le D1' Ciiowrin fut amené à s'occuper d'elle, parce qu'un jour, en sa présence, ayant reçu une lettre qu'elle maniait en sa- main, sans l'ouvrir, elle se mit soudain à pleurer, disant qu'il y avait un grand malheur dans cette lettre. De fait la lettre annonçait la mort d'une de ses nièces.

Diverses expériences ingénieuses furent alors entreprises. M. Ciiowrin, parfaitement au courant des supercheries dont les hystériques sont capables, lit des expérimentations rigoureuses, de concert avec ses collègues de la Société médicale de Tambow. Des lettres cachetées entourées de noir d'aniline, enfermées parfois dans des papiers photographiques sensibilisés, étaient écrites en caractères si fins qu'on ne pouvait les distinguer qu'à la loupe. (Il faut étudier dans le mémoire original le détail de toutes les excellentes précautions prises.)

La lecture de ces lettres fut faite quarante fois environ, et M. Chowiun ajoute : « Si M... a la propriété d'ouvrir ces lettres et de les recacheter intégralement, de manière à ramener au statu quo mite les signes, les cachets, les enveloppes, les papiers photographiques sensibilisés et non impressionnés, c'est aussi extraordinaire que de lire les lettres sans les avoir ouvertes. »

Dans une autre série d'expériences, M... lut, eu présence de diverses personnes, des lettres hermétiquement closes. Tantôt la lettre était lue avec son texte, tantôt le sens de la lettre était indiqué par des images qui se présentaient à elle. Par exemple, dans une lettre écrite par le Dr Andréoff, il y avait : « Dans les sables de l'Arabie s'élevaient trois palmiers entre lesquels coulait une source murmurante. » M... dit : « Un grand espace. C'est du sable, blanc comme de la neige, mais ce n'est pas de la neige ; trois arbres, très hauts. Je n'ai jamais rien vu de pareil. Peu de feuilles, mais de larges feuilles, une source dont j'entends distinctement le murmure. »

Dans une autre expérience, le Dr Troizki écrivit sur un bout de

duction allemande donnée par A. de Schrenck-Notzing, Experïmen telle Untersuchunçjen auf dem Gebiete des raumlichen llellsehens, der Kryptoscopie und inadaequaten Sinneserregung, E. Reinhardt, Miïnchen, 1919, 80 p.

papier (qu'il eûroula seize fois sur lui-même) ces mots : « Sophie Alexandrovna est au lit, et regarde le mur ». Ce jour-là, Sophie Alexandrovna, c'est-à-dire Mad. M..., avait une fluxion dentaire et était au lit. Elle prit le papier, le tint pendant quelque temps dans une de ses mains, et dit : « Je vois un lit, c'est moi qui suis sur mon lit, avec une mentonnière», et elle regardait fixement le mur.TRonzKi et Speranski, qui étaient présents, n'ont pas quitté de vue un instant le papier enroulé.

D'autres expériences encore lurent très significatives. Par le toucher, Mad. M... put distinguer les couleurs. Devant la Société de Médecine de Tambow, elle put reconnaître la couleur de trente flacons, de diverses couleurs, placés sous une épaisse couverture, et entourés de papier. De même par le toucher M... pouvait distinguer les saveurs. On prenait des flacons contenant des solutions de soude, de chlorure de sodium, de chlorhydrate de quinine, de sulfate de zinc, on trempait de petits fragments de papier dans une de ces solutions, on les lui mettait sous l'aisselle, et elle sentait aussitôt le goût du salé, de l'acide, de l'astringent ou de l'amer. Comme les expérimentateurs ne savaient pas quelle avait été la solution employée, toute transmission mentale, comme aussi toute erreur expérimentale, était écartée.

C'est par une extrême hyperesthésie auditive qu'il faut expliquer les télépathies obtenues par le professeur Gilbert Murray, en apparence admirables, mais en apparence seulement l.

M. Murray sortait du salon et allait dans une chambre voisine. Alors quelqu'un dans le salon, en général la fille aînée de M. Murray, prononçait quelques paroles tout haut qui étaient aussitôt écrites. Ces paroles indiquaientun tableau, un geste, une scène, un incident. M. Murray revenait, disait aussitôt ce qui lui venait à l'esprit, et on confrontait les paroles de Miss Murray et celles de G. Murray. Or la similitude est saisissante, et il est inutile de mentionner ces identités indiscutables. Mais cependant, ainsi que Mad. Yeriull l'a d'ailleurs indiqué, on peut expliquer tout ou presque tout par

1. Voir l'adresse de G. Muuk-vy à la S. 7'. R., juillet 1915 et Mad. Verkall P. S. P. R„ XXIX. Voir aussi S. M. Kingsford : Psychical Research for tke Plain Man, London, Kegan Paul, 1920.

une hyperesthésie auditive. Or M. Murray n'avait nullement conscience d'avoir entendu quelque chose. De sorte qu'il s'agit là d'une hyperesthésie auditive inconsciente, phénomène très curieux et qu'il serait intéressant d'étudier à nouveau d'une manière approfondie. En tout cas l'hyperesthésie poussée si loin est très étonnante et se rapproche quelque peu de la cryptesthésie. Quelquefois d'ailleurs l'exactitude des paroles prononcées par M. Murray, confrontées avec la réalité, allait beaucoup plus loin que les paroles émises tout haut par Miss Mdrray.

Les faits invoqués par M. Murray sont tout à fait insuffisants pour faire admettre la cryptesthésie, mais il y a tant d'autres exemples de cryptesthésie métapsychique qu'on peut à l'extrême rigueur supposer qu'elle a joué aussi quelque rôle dans ces expériences, quoi que j'adopte uniquement pour ce cas spécial, l'hypothèse d'une simple hyperacuilé auditive.

Il s'agit sans doute d'hyperesthésie visuelle chez M..., une grande hystérique, soignée à l'asile d'Alexandrie par le Dr Frigerio1. On lui fermait les yeux avec les doigts sur les paupières, et elle lisait couramment le titre d'un livre ; de même, au contre-jour, les yeux également fermés par les doigts, elle lisait le contenu manuscrit d'une carte postale. De même encore quand on tenait un livre tellement haut qu'il eût été impossible de le lire, même si elle avait eu les yeux ouverts. Mais ce cas d'hyperesthésie rétinienne n'a pas été suivi ayec autant de précision que le cas de Chowrin.

Le Dr Naum Kotik2 a obtenu de bons résultats de cryptesthésie avec une petite jeune fille de quatorze ans, Sophie B. . . Quand le père de Sophie B... (un alcoolique qui a fini par suicide dans une maison d'aliénés), était avec sa fille, encore qu'on ne pût déceler une parole ou un geste qui indiquât ce qui devait être deviné, Sophie devinait la pensée de son père d'une manière étonnante. Mais il ne faut tenir aucun compte de ces expériences; car la tromperie est

1 . Ravi fenomeni osservati in una ipnotizzata ed in particulare délia suggeslione reciproca e délia lettura ai occhichiusi da essa presenlati. (Arch. di psichiatria, etc., Torino, XV, 1894, 101.)

2. Die Emanation der psycho-physischcn Energie. Wiesbaden, 1908.

METAPSYCHIQUE SUBJECTIVE

trop facile. Pourtant, d'autres fois, le père de Sophie étant absent, Sophie a pu deviner la pensée de M. Kotik.

Chose pensée par M. Kotik.

Spitschka.

Noshik.

Nilki.

Plessimètre.

Une mounaie.

Patron.

Bulewka.

Noshuizy i.

Chose dite par Sophie.

Spitschka.

Noshik.

Instrument analogue à ceux

des verriers.

Un bouton, une monnaie.

Une Pa... da...

Bulawka.

Noshik... Noshhiry.

Ces expériences ont réussi encore, même quand Sophie se trouvait séparée de l'agent (le père ou M. Kotik) par une porte complètement close.

Aussi pour M. Kotik le fait de la transmission mentale est-il absolument établi. 11 va même jusqu'à indiquer les lois de cette transmission mentale, en disant qu'elle se transmet principalement sous la forme phonétique et qu'elle peut traverser les murs en perdant une partie de sa force.

M. Kotik a pu faire d'autres intéressantes expériences avec une jeune fille, Lydia W..., de dix-huit ans, capable de l'écriture automatique, et d'esprit très cultivé.

Les preuves de cryptesthésie spiritique ont été'très abondantes ; pour ne citer qu'un exemple :

Pensée de M. Kotik.

Lumière.

Baiser.

Neige.

Daprer.

Cheval.

Journal.

Réponse de Lydia.

Lumière. ?

D'après.

Cheval.

Journal.

1. Ces divers mots signifient en russe allumettes, couteau, ciseau, gomme, anneau, etc.

Il y avait toujours une analogie phonétique entre la chose pensée et la chose indiquée par Lydia, môme quand elle se trompait.

Mais cette transmission peut aussi être une transmission visuelle ; car, dans une autre série d'expériences, M. Kotik regardait une carte postale (que bien entendu Lydia ne pouvait pas voir) et alors, par l'écriture automatique, Lydia décrivait — parfois avec une exactitude admirable — ce qui était sur cette carte postale. Il paraît que la conduction de cette transmission mentale se fait mieux quand on relie l'agent et le percipient (Lydia et le Dr Kotik) par uu fil métallique.

Enfin daus ses dernières expériences, ingénieuses, M. Kotik a essayé de fixer sa pensée (pensée d'un objet, d'un paysage, d'un sentiment) sur une feuille de papier blanc, et il a donné cette feuille à Lydia pour qu'elle devinât ce qui y était fixé par la pensée. Les résultats ont été absolument remarquables.

Je ne citerai qu'un exemple de ces fixations de la pensée sur le papier. Le Dr Bernstein pense au paysage suivant — le bord de la mer : un bateau où il y a des individus : sur la rive un bâtiment qui est entouré de verdure. — Or ce que Lydia a vu est : « la surface de Veau, comme un miroir; sur le rivage çà et là des maisons entourées d'arbres ; sur Veau un bateau ».

Le hasard n'a guère pu donner ces ressemblances, quoique il y ait quelque monotonie dans les paysages donnés à deviner. Tout de même, la similitude est saisissante entre l'image vue par Lydia, et l'image mentale que le Dr Bernstein a fixée sur le papier donné à Lydia.

Voici les conclusions de M. Kotik. La pensée est une énergie qui rayonne au dehors. Cette énergie a des propriétés physiques et psychiques, de sorte qu'on peut l'appeler énergie psycho-physique. Cette énergie, née du cerveau, passe aux extrémités du corps. Elle se transmet difficilement par l'air, se propage par Jes conducteurs métalliques, et peut se fixer sur le papier.

D'après M. Kotik, il y a deux conditions à envisager : la sensibilité du sujet : l'énergie vibratoire qui met en jeu sa sensibilité. C'est cette énergie vibratoire qu'a surtout étudiée M. Kotik ; mais il ne semble pas qu'elle soit spéciale à la pensée humaine ; il est possible que toutes choses rayonnent d'une certaine énergie vibratoire.

puisque les sujets sensibles indiquent non seulement les choses auxquelles tels ou tels individus ont pensé, mais même des choses inertes auxquelles nulle pensée n'a été attachée.

Il nous semble plus prudent de ne pas adopter d'autre hypothèse que celle d'une sensibilité spéciale qui permet aux individus hypnotisés et aux médiums (peut-être parce que leur inconscience a une grande force) de savoir ce qui est, qu'il s'agisse d'une pensée ou d'un objet.

Le Dr Rudolf Tischener l vient de publier un travail important sur la lucidité. Je ne le suivrai pas dans sa discussion théorique. Les temps ne sont pas mûrs : et tout est d'une désolante fragilité, mais je m'attacherai aux faits : et M, Tischener en cite de fort remarquables.

Après avoir expérimenté avec Mad de. B., qui a donné à Wasielewski de bons résultats cryptesthésiques, M. Tischener a expérimenté avec un individu nommé Re..., un homme de trente-deux ans, fils d'un employé de la poste, et lui-même employé de commerce. Plusieurs mots étaient, à l'abri de la vue de Re... écrits et mis sous une enveloppe opaque. Les phrasesou mots étaient repliés et mis dans des enveloppes cachetées, opaques (lichtdickt... mais quel était le degré de l'opacité ?)

Les résultats de nombreuses expériences ont été remarquables. Il ne peut s'agir de lecture de pensée ; puisque plusieurs des enveloppes cachetées étaient mélangées, et que M. Tischener ignorait ce que contenait l'enveloppe remise à Re...

Sur 68 expériences, il y en eut 24 de -négatives. Mais cela n'importe pas, car, sur les 44 qui ont réussi, le succès est tel qu'il est radicalement impossible de supposer une coïncidence.

Athen pour Athen.

Barbara pour Baelbara, Eberhard pour Ebarhard.

Madalene pour Madelene.

Pater pour Dater.

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