cannes ordinaires, ou ce qui est la même chose
3.600 Pas, soit 99"«%47"S84. Et je ne crains pas d'affirmer maintenant qu'il suflBt de jeter les yeux sur ce plan et d'étudier un instant le tableau qui précède poxir reconnaître aussitôt :
1® Que le Pas assyrien de 5 pieds ou de 3 coudées de longueur est incontestablement, comme je l'ai déjà dit, l'unité primordiale de laquelle toutes les mesures agraires dérivent, dans le système assyrien ;
2® Que par conséquent la mesure que les anciens arpenteurs assyriens désignaient sous le nom de Sar (5/1*^1) est évidemment celle dont la contenance était égale à un Sar de Pas carrés, soit à 3.600 Pas carrés et qu'ainsi cette mesure était précisément V Empan-gagar carré et ne doit être identifiée ni avec le Stade carré ni avec le carré de 60 Empans de côté, c'est-à-dire aveCî le quart 'du Plèthre carré, hypothèses aussi inadmis^ sibles l'une que l'autre, quoique émises toutes les deuxijr dans les termes suivants, que j'emprunte à ime publi-" cation récente de M. Oppert (1).
(( Dans l'origine, et dans la haute antiquité surtout, il » existait déjà des mesures spéciales qui étaient direct-" )) tement dérivées des évaluations linéaires. Dans te^ » textes d'un âge très reculé, remontant à l'époque d^ » Hammurabi et de Rim-Sin ou Eriv-Aku (l'homo-^ » nyme de l'Arioch de la Bible, si non le même persoa-^ » nage que ce dernier), c'est-à-dire au xxii® siècle
(1) Les mesures assyriennes de capacité et de superficie, § i^* Mesures agraires, page 12 et suivantes du tirage à part.
MÉTROLOGIE ASSYRIENNE 37
» avant notre ère, il est question de ventes et de reven- » dications de terrain, qui sont généralement évaluées » par une mesure superficiaire nommée Sar <<Llj. )) Cette valeur ne se retrouve pas dans les documents » plus récents, séparés d'eux, il est vrai, par quinze » siècles au moins. Elle se rencontre dans les textes de » Rim-Sin, ou à Tunité, ou avec Tindication des frac- » tiens, ce qui montre que nous avons ici devant nous )) ime vraie mesure agraire. Le signe Sar nous semble » indiquer le Sar ou Saros des Grecs, le chiffre 3.600 » qui est le carré de 60. J'ai pensé que le Sar était )) le Us ou les 60 toises (1) carrées équivalant à un )) Stade carré. Le Stade, ainsi que nous l'avons déjà » énoncé en 1853, et ce qui est confirmé par la décou- » verte de l'Étalon Babylonien, corroboré par la » mesure fondamentale de la statue de Gudéa, était de » 720 Empans, 360 Coudées et 60 Toises (on peut ajouter » encore : ou i20 pas) . L'antique table métrique de » Senkéreh a dû être applicable à cette mesure des » textes de Hammurabi (2) : le Sar sera donc un carré » de 194°^,4 ou 37.791 °^,36 carrés, ou 3^78■ environ. » Le prix assez élevé, dans ces âges si reculés, de cette » aire, 3 mines 1/2 par exemple, en démontre l'impor- )* tance : 787 fr. 50 environ constitueraient pour cette » époque une somme considérable. »
« J'ai hésité, à la vérité, car le Sar étant appliqué à » ime maison construite ou en construction, la valeur » indiquée ci-dessus paraissait exhorbitante. Mais cette
(1) La Toise de M. Oppert, il ne faut pas Toublier, est la mesure linéaire que je désigne sous le nom de Perche, D^autre part, les mots 60 Toises carrées indiquent ici un carré ayant 60 Toises sur chacun de ses côtés, c'est-à-dire 3.600 Toises carrées.
(2) Je ne considère pas cette hypothèse comme exacte, la table de Senkéreh n'étant, à mon avis, qu'une table arithmétique et non une table métrique.
38 MÉTROLOGIE ASSYRIENNE
)) raison peut être écartée par la considération que le
mot ^y|yy>>|f peut indiquer aussi un terrain où Von
doit élever des constructions; une autre valeur que
j'avais en vue, d'un carré de 60 empans de côté, ou de
2 ares 62 (1), conviendrait mieux appliquée à un
édifice. Mais on trouve une subdivision du Sar le \^
Se, et sous la forme suivante 5/6 Sar, 20 Se. De là, il
s'en suit que la j)roportion du Sar au Se est plus
grande que 120 à 1, et qu'elle atteint probablement
3<* Il résulte, en troisième lieu, des documents qui précèdent que le Sar assyrien, ou en d'autres termes l'Empan-gagar carré de 3.600 pas carrés de superficie, était habituellement divisé en sixièmes; que cette sixième partie du sar était ainsi égale à 600 pas carrés (un ner de pas carrés), ou si l'on aime mieux, à 24 cannes carrées de 25 pas carrés chacune, et qu'enfin Tancienne mesure nommée Se, contenueplus de 20 fois dans cette sixième partie du Sar, était certainement identique à notre canne agraire carrée qui contient 25 pas carrés et qui se trouve par suite, avec le Sar, dans le rapport de 1 à 144, et non dans le rapport de 1 à 180 que mon contradicteur a considéré comme plus probable.
Il ne sera pas maintenant sans intérêt de comparer
les contenances des mesures agraires assyriennes à celles
de quelques autres mesures agraires qui nous sont
connues avec une exactitude au moins égale.
Nous savons, par exemple, que l'Empan-gagar carré
(1) On remarquera que ce carré, de 60 Empans ou de 30 Coudées sur chacun de ses côtés, est précisément notre Perche agraire carrée de 2«.62inq,44 de superficie. C'est donc une mesure que mon contradicteur considère aujourd'hui comme inadmissible dans la série agraire, puisqu'il ne craint pas de soutenir que TAune est à la Perche agraire comme 1 est à 14, quand la vérité est cependant que ces deux mesures sont entre elles comme 1 est à 15.
MÉTROLOGIE ASSYRIENNE 39
OU Sar, qui avait une contenance d'environ 95 ares, ne différait pas beaucoup de notre Hectare et par conséquent devait servir habituellement à la mesure des terrains situés hors des villes. Il en était de même à plus forte raison pour le stade carré, quatre fois plus grand que le San.
Toutes les autres mesures avaient un caractère plus urbain, s'il est permis de s'exprimer de la sorte.
Le Plèthre carré, contenant 10 ares 1/2 environ, ressemblait beaucoup à Vactus quadratus des Romains (12^,64).
La Percte agraire carrée, ayant 2*"%62, se rapprochait aussi beaucoup de VOnce agraire romaine (12** partie du Jugère) (2«'«»,10).
Quant à la Canne carrée ou Se, il y a lieu seulement de la cîonsidérer comme la plus petite des mesures en usage chez les Assyriens, pour lesquels toutes les mesures inférieures à cette Canne n'étaient que Ae^ fractions qu'ils calculaient et réglaient comme je vais l'indiquer.
Tant qu'ils se sont contentés d'arpenter leurs terres au Pas, les fractions de la Canne n'ont été probablement calculées que d'une manière très approximative, en fonction soit du Pied carré, soit de la Coudée carrée. Mais il en a été autrement dès que les arpenteurs ont pu avoir à leur disposition de véritables mesures, et alors la Coudée, mesure essentiellement nationale, qui devait se trouver entre les mains de tout le monde, a été, sans aucun doute, le premier instrument dont ces arpenteurs se sont servis, lorsqu'ils ont voulu mesurer le sol, d'une manière plus exacte.
Mais comme l'usage de cette nouvelle mesure ne leur permettait pas d'opérer, sur le terrain, avec assez de rapidité, il est facile de comprendre, qu'ils n'ont pas tardé à lui substituer, pour aller plus vite, une mesure
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plus longue à laquelle M. Oppert a donné le nom d'Aune, sans en connaître exactement la longueur et qui était indubitablement la double-Coudée à laquelle j'ai maintenu ce nom d'Aune adopté par M. Oppert.
Cette Aune, que les arpenteurs assyriens représentaient toujours, sur leurs textes, par la lettre U :^, comme pour indiquer que toutes les autres mesures n'étaient, pour eux, que de simples mesures JractionnaireSj ou de simples mesures de compte^ tandis que celle-ci, au contraire, constituait sewZe leur mesure joar excellence^ c'est-à-dire en d'autres termes, leur mesure usuelle et manuelle, cette Aune, dis-je, était naturellementdiviséeen 48 Doigts, puisqu'elle était composée de 2 Coudées, divisées chacune en 24 Doigts. Mais le doigt assyrien n'a que 0°*,022.5 de longueur et une aussi petite fraction était bien minime pour des arpenteurs qui n'ont pas besoin de mesurer le sol avec tant d'exactitude ; ils se sont donc contentés, dans le cas actuel, de diviser, en fait, leur Aune en 24 parties de 2 Doigts ou de 0"^,045 de longueur chacune, fixant ainsi la longueur de leur fraction à 2 Doigts, comme ils avaient fixé celle de leur mesure à 2 Coudées ; et leur outillage, on le remarquera, s'est trouvé, de cette manière, parfaitement semblable à celui de nos arpenteurs modernes qui se servent du Mètre, comme les Assyriens se servaient de la double Coudée (1°*,08) et qui ne mesurent les fractions de leur mètre que de 5 en 5 centimètres, quand les Assyriens mesuraient lea fractions de leur aune, de deux doigts en deux doigts (0^,045).
D'un autre côté, cette longueur de 2 Doigts (1/24® d'aune) est toujours représentée sur les textes assyriens par le même signe que l'Uban de la série ordinaire ( 1^1 ^I ) et il n'est pas difficile de dire pour quels motifs.
MÉTROLOGIE ASSYRIENNE 41
D'une part, en effet, TUban, dans le sens ordinaire de ce mot, est la 60* partie de la Coudée, par conséquent aussi la 180* partie de la Canne ordinaire, égale ellemême à 3 Coudées, et d'autre part, la longueur de 2 Doigts, 24® partie de l'Aune, est contenue 6 fois dans l'Empan, 12 fois dans la Coudée et 15 fois 12 ou 180 fois dans la Canne agraire égale à 15 Coudées, comme l'Uban ordinaire est contenu 180 fois dans la Canne ordinaire.
De plus le Doigt assyrien est égal à 5 Sussi ou à 2 Ubans 1/2, de sorte que la 24® partie de l'Aune, égale à 2 Doigts, est, en même temps, égale à 10 Sussi ou à 5 Ubans j ce qui fait qu'on donnait le nom d'Uban agraire à cette mesure de 2 Doigts ou de 5 Ubans de longueur, comme on donnait le nom de Perche agraire à la mesure qui avait 5 Perches ordinaires de longueur et celui de Canne agraire à la mesure qui avait 5 Cannes ordinaires.
A un autre point de vue, puisque l'Uban, la Canne et la Perche de la série ordinaire étaient entre eux comme les nombres 1, 180 et 360, il est clair que l'Uban, la Canne et la Perche de la série agraire devaient être aussi entre eux dans les mêmes rapports, et que c'est par ce motif, sans aucun doute, qu'ils portaient autrefois les mêmes noms.
En définitive les longueurs mesurées sur le sol par les arpenteurs assyriens étaient exprimées, comme on ^entde le voir, en Ubans, Aunes, Cannes et Perches ou doubles Cannes, et il y alleu d'en conclure que, lorsqu'on Voulait calculer la contenance d'un rectangle ayant ses deux côtés ainsi exprimés, cette contenance résultait forcément de la nmltiplication de ces deux longueurs, ^t qu'ainsi elle se trouvait naturellement exprimée en ^dnnes carrées, Cannes-aune, Cannes-uban^ Aunes ^drrées, Aunes-uban et Ubans carrés.
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Mais les surfaces des Cannes carrées, des Cannes-aune, et des Cannes-uban sont entre elles dans les mêmes rapports que les longueurs des Cannes, des Aunes et des Ubans, et il résulte de là que ces unités métriques étaient précisément celles que Ton conservait toujours de préférence dans le résultat final. Quant aux trois autres unités, elles étaient systématiquement supprimées, soit en les retranchant purement et simplement à cause de leur faible importance, lorsqu'on croyait pouvoir le faire sans inconvénient, parce qu'un calcul d'arpentage n'est jamais qu'un calcul plus ou moins approximatif, soit, lorsque cela était nécessaire, en les transformant en Cannes-uban, au moyen d'une opération fort simple d'arithmétique. Quand les contenances étaient ainsi exprimées, la Canne-uban, considérée comme mesure de superficie et nommée alors simplement Uban, était un rectangle d'une Canne on de 15 Coudées de longueur, sur 1 Uban agraire ou 2 Doigts de largeur et avait par conséquent 1 Coudée carrée et 1/4 ou 0"^j3645 de superficie, tandis que, de son côté, la Canne-aune, considérée au même point de vue et simplement nommée Aune, était un rectangle d'une canne de long sur une canne de largeur avec une surface de 30 coudées carrées ou de 8°'i,748, très sensiblement égale, comme on le voit, au Scr^upule de terre des Romains (8">S78).
Ces divers résultats sont consignés dans le tableau suivant :
MÉTROLOGIE ASSYRIENNE
Tableau indicatif des mesures Jractionnaires de superficie dans le système agraire assyrien
CD
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Ut
ONGUEU
exprimée
•m Si
CD