‹ Traite de metrologie assyrienneChapitre 9 sur 40 · DU PIED · texte numérisé non relu

DU PIED

de l'empan

EmDan

Pied

Coudée

Pas ou Canne

Perche

Canne agraire

Perche agraire

Makhar

Plèthre

Empan-Gagar

Stade ou Ammat-Gagar. . .

Parasan&re

Les indications contenues dans ce tableau conduisent à des conséquences qu'il importe de faire remarquer, car elles suflBsent pour montrer :

1° Qu'en ne tenant aucun compte de la parasange, dont les constructeurs assyriens ne se sont jamais servis, et en prenant \Qpied pour unité métrique, au lieu de Y empan ou de la coudée^ ces constructeurs ont

MÉTROLOGIE ASSYRIENNE 11

religieusement conservé, comme je l'ai dit, dans leur système métrique, Tancienne numération décimale, puisque le système ainsi constitué comprend, à la suite du Pied :

La Canne = 5 Pieds,

La Perche = 10 Pieds,

Le Plèthre = 100 Pieds (10 fois 10),

Le demi-Stade = 300 Pieds (30 fois 10),

Et le Stade = 600 Pieds (60 fois 10).

2° Et que tout le reste de la population assyrienne, en adoptant l'empan pour unité, avait, au contraire, complètement substitué une numération duodécimale à l'ancienne numération décimale, puisqu'il y avait, à la suite de l'empan, dans le système ainsi créé :

La Coudée = 2 Empans,

La Canne = 6 Empans,

La Perche = 12 Empans,

Le Plèthre = 120 Empans (10 fois 12),

Le 1/2 Stade = 360 Empans (30 fois 12),

Le Stade = 720 Empans (60 fois 12),

Et la Parasange = 21.600 Empans (180 fois 12).

Le tableau qui précède montre, eu second lieu, que l'introduction du Makhar dans la série métrique a donné aux architectes et aux constructeurs les moyens de passer, sans transition, de la numération décimale dont ils avaient l'habitude de se servir, à la numération sexagésimale, usitée ensuite à des époques plus rapprochées de nous, en leur permettant d'affecter à leurs mesurages une série métrique composée du Pied toujours considéré comme unité principale, de la Perche (1) égale à 10 Pieds (une dizaine de pieds),

(1) C'est précisément parce que la perche ayant 6 coudées qu ce qui est la même chose, 12 empans de longueur, se trouve, en outre, égale à 10 pieds y que je lui ai donné le nom français de Perche, de

12 MÉTROLOGIE ASSYRIENNE

du Makhar, égal à 60 pieds (un sosse de pieds), et du Stade égal à 600 Pieds (un ner de Pieds) , sans avoir jamais besoin de prolonger cette série au delà, parce que les exigences de leur profession n'ont jamais rendu cette prolongation nécessaire.

Il est extrêmement probable que lorsque les architectes se sont décidés à abandonner ainsi Tancienne numération décimale pour adopter de préférence la nouvelle numération sexagésimale, ils Tont fait directement et sans passer par l'intermédiaire d'une numération duodécimale; mais c'est là certainement un cas très exceptionnel, parce qu'il est hors de doute qu'une numération purement duodécimale a réellement existé et a servi à tout le monde, comme je l'ai montré tout à l'heure, pendant une longue série d'aimées, comprise entre l'emploi primitif de la numération décimale et l'emploi définitif de la numération sexagésimale, telle que nous la connaissons aujourd'hui ; et dans cette situation la difficulté consiste à savoir quelle était exactement cette numération intermédiaire purement duodécimale. Le tableau précédent est malheureusement insuffisant pour la faire connaître avec tous les détails nécessaires, parce qu'il ne constitue lui-même qu'un mélange de mesures introduites, à diverses époques, dans la série générale, d'abord sous l'empire de la numération décimale primitive, plus tard en suivant les règles de la numération duodécimale intermédiaire, et plus tard enfin pour faciliter l'usage de la numération sexagésimale. On peut, malgré cela, si je ne me trompe, considérer comme certain, ainsi que je crois Tavoir déjà prouvé dans un mémoire

préférence à celui de Toiscy qui ne convient qu'à une mesure de 6 pieds de longueur. La Perche occupe ainsi, dans la métrologie assyrienne, le même rang que la Pertica, dans la métrologie romaine.

MÉTROLOGIE ASSYRIENNE 13

spécial (1) publié en 1886, dans le viii® volume du Recueil dirigé par M. Maspero (2) (page 150), que le système intermédiaire de numération duodécimale, à peu près inconnu avant mes publications, se trouve cependant très exactement conservé, dans son état intégral, sur la troisième Tablette de Senkereh, qui ne contient, à mon humble avis, aucune indication métrique quelconque, malgré FaflBrmation contraire de quelques assyriologues, et qui est, par suite, comme les deux autres tablettes exclusivement arithmétique ^ aucun des nombres qu'elle renferme n'étant susceptible de recevoir une valeur concrète. Et pour en donner une dernière preuve, il suflBra de placer ici comme à la page suivante, la série complète des mesures assyriennes de longueur, en regard des indications correspondantes fournies par la troisième Tablette. Il n'y a, en effet, qu'à jeter un seul instant les yeux sur les indications de ce tableau, pour demeurer aussitôt convaincu que les trois tablettes, trouvées dans le tombeau de Senkereh, présentent, toutes les troiSy identiquement le même caractère, c'est-à-dire sont purement arithmétiques ^ l'une aussi bien que les autres, parce qu'il est évident que si la troisième de ces tablettes avait eu pour objet de faire connaître, comme on l'a dit, la composition des mesures linéaires assyriennes, les nombres correspondant au pied et à la canne agraire n'auraient pas été omis sur la partie de cette tablette que j'étudie en ce moment, et surtout qu'on n'y aurait pas ajouté inutilement les vingt-sept lignes qui ne correspondent directement à aucune mesure.

(1) Essai de restitution, de traduction et d'explication du texte de la 3" tablette de Senkereh.

^ (2) Recueil de travaux relatifs à la Philologie et à l'Archéologie Égyptiennes et Assyriennes.

METROLOGIE ASSYRIENNE

Page 1