jâmorphe^ ^ I
ii8 TIUITÉ
jiccidens de lumière.
Limpide.
Blanchâtre.
Translucide.
Couleurs. , j f ^t
Transparence.
annotations.
L'alumine sulfatée ne se trouve isolée, dans la nature, qu'en petite quantité. Elle se présente alors ordinairement sous la formé < 3élpoUssière ou dé filamens, à la sin^ace de quelques minéraux efflorescens, ou des schistes alumineut. Celui qui est en filamens se nomme aluri de plunie. On a cotî^ fondu cette variété avec rasbêstë flexible, dit amiàites et. avec le fer sulfaté fibreux; célùî-ci prêtait Sautant plus à la méprise, qu'on le trouve qùelcyiéfoîs en même temps que l'alun dans lès manufactures de ce dernier sel.
Le plus bel albn de plume qui soit connu, est cèiùî que le célèbre Tourneforf a découfért daiis la grotte de l'île de Mïlo. On voit,; par la description qu'il en donne dans la relation dé .où voyage, qu'il en avait très bien saisi les oirâctères, et avait évité de le confondre avec une aatre substance
filamenteuse, qui se rencontre au lùi^nie endroit, et qu'il dit être insipide et pierreuse.
DE MIQftBJJLOGlE. ng
: MJ Olivier a rapporté depuis des. pfiorceaux de ces de^x ^fibst^aces^ qu'il ayait trcmvés dans la même frotte , et qu^il a bïçn voulu partager avec moi. J'ai reconnu que la seconde était une chaux sulfatée fibreuse. On conserve, encore ^ dans quelques cabinets, de4'alun de plume rapporté par Tournefort. J'aieula-^tiâ&ction de le.OQinparer avec celui de Mi. Olivi^t, et je la dois à M, Lucas fils , qui rn^ek a donné une petite touffe composée de fibres, dont la longueur est d'environ quatre centimètres.
'L'alumine sulfatée qui^ se débite dans lé commerce., est retipée de3 substances qui en sont imprégnées, ou qui en contiennent seulement les principes. . . î
Les premières n'ont besoin que d'être lessivées polir fournir l'alun. Telle est surtout la terre ^qtâ se, trouve à la Solfatare , près de Pouzzole. Les chaudières où l'on met cette terre pour en extrak^ le sel, sont enfoncées dans le sol^ dont la chaleur naturelle est d'environ 87** -y de Réaumur, ou 46,g du thermomètre centigrade; et ce sol a ainsi le double avantage d'offrir la matière de l'alim toute préparée, joint à une température qui fournit un ~ moyen économique de retirer le sel sans employer aucun combustible, et de l'amener, par des cristal* lisations i^itérées, à. un degré sufiisantde pureté. ,
On a appelé d'abord alun de Rome celui qu'on: extrayait d'une pierre dure , située près de la Tolfâ , à environ i4 lieues de Home, dans ùtiè montagne
tap TtiJTÊ: .
Tolcanique^ pierre que je range aujourd'hui comintf espèce à la suite de l'alun sous lenomd'a/aTTU/ïe sous^ sulfatée alcaline. Mais ou a étendu depuis cette acception à l'alun qu'on retire en général de toute» les pierres et terres dans lesquelles ce sel existe tout formé.
Quant aux substances qui renferment seulement les principes de l'alun , ce sont particulièremait les schistes alumineux pénétrés de fer sulfuré ou de pyrite ferrugineuse, dont la décomposition donne lieu à la combinaison de l'acide sulfurique avec l'alumine. On a nommé alun de Roche ou alun de glace celui qu'on obtient par le traitement des substances dont nous venons de parler. La preinièrç de ces dénominations, suivant Leibnitz, tire son origine du nom de la ville de Roche en Syrie y 4'où. l'art de fabriquer l'alun à été apporté en Europe (*).
Un des endroits les plus remarquables parmi ceux dont on retire l'alun , est celui qui est situé dans le canton d'Aubin, département de l'Aveyron. On y trouve ce sel en grandes masses , que l'on exploite avec avantage. On en attribue la formation à l'embrasement des houillères que contient le même terrain.
I> alun du commerce a été regardé pendant longtemps comme uniquement composé de sulfete d'à-
(^) Leibnits^ protog., p. 4/.
DE MINERALOGIE. lai
lûinine et d'acide sulfurique; mais M. Vauquelin, en l'examinant plus particulièrement, est parvenu a ^e résultat également important pour la Chimie et ]pour les Arts, que le sel dont il s'agit renferme toujours une certaine quantité d'alkali , qui est tantôt la potasse, et tantôt l'ammoniaque, ou même l'une et l'autre à la fois; il a trouvé, de plus, que les 'deux alkalis se remplaçaient mutuellement, ç'cst-à-dire ^ue, à mesure que la proportion de Fun était plus forte, celle de l'autre se trouvait diminuée, en sorte que la masse des deux était constanunent la même {*). Cette identité de fonctions, qui permet de substituer un alkali à l'autre, offre aux chimistes un sujet de recherches intéresrsantes qui se rattachent à celles de MM. Berzelius et Mitscherlich sur les substances isomorphes.
On a observé que l'alun prenait la forme de l'octaèdre régulier lorsque sa base était saturée d'à cide; mais qu'il cristallisait en cubes lorsqu'il y avait excès de base jusqu'à un certain degré, et que, quand elle dominait trop, la cristallisation devenait confuse, et ne produisait plus qu'une espèce de magma.
Leblanc , qui a beaucoup perfectionné l'art de fieiire cristalliser les sels, a obtenu des cristaux d'alun octaèdres, cubo-octaèdres et cubiques, également remarquables par la netteté des 'formes et
(*) Voyez le Journal des Mines ^ n' 28^ p. 3oi.
• , t»ottV ainsi dire, „„rticuUèi«, ou i«
nuite a leur »v^ pouvait a\o» v.nsès.
^; Ae Vuifluence que P Y^u^ bases,
parti de i"» ^ g acides c
4^ «rot)OTtions entre ^ on ne uo
des prov"^ formes V )' ^ s^^ aucun
foire varier les *" .. i entraîne *«*'
«QWï faire ^ diversité e ^ ^^s,
Rangement d»"» ,^ quantité de d
- ''"t;Cu û sel ^«^-'^J'XueU.
''^"■'"' :;, en altérer les -«^J^^^ étant
^^ uCervlent, *° ^y'Se de la,ueU« X/alkaii ^citante, a ^ ^g^
doué d'une '"^^^„, „,pAle f *^"™and
»»» ''' '"""^il» de voir ne serart P»
ritable, Il t^ constance des n» ^^^
8"" ' i/in U ll>é»"=
DE MINÉRALOGIE. i a5
Rajouterai une observation qui en offre une nouvelle preuve. Il arrive souvent qu'une forme cristalline a des facettes qui lui sont communes avec une autre forme originaire de la même suIh stance, plus des facettes qui lui sont particulières. Qr, les faôéjLtes communes ayant absolmnent tes inéme$ inclinaisons dans la variété plus composée que dans celle qui est plus simple, on doit en conclure qu'elles résultent des miémeis lois de décroîssement;<^cë qui suppose qu'il ne s'est fait aucun changenient dans les molécules. Donc, puisqu'il est impossible que la nature soit en contradiction avec elle-même , on ne peut pas dire que la portion surabondante de basé à laquelle on attribue là production des facettes particulières à la variété plus composée, ait déterminé un changement datas les molécules, surtout si l'on considère que les positions de ces facettes s*accordent toujours parfaitement avec d'autres lois de décroîssement dépendantes de la même forme de molécule.
Les cristaux d'alun dont la formation n'a pas ^té conduite avec les précautions nécessaires pdlir les avoir isolés, forment souvent des suites d'oc^ taèdrès implantés les uns dans les autres. On dispose quelquefois, dans la capsule où l'alun est tenu en dissolution, une petite charpente, que ce sel recouvre en se cristallisant, de manière à imiter des espèces de guirlandes composées de ces octaèdres implantés, et qui produisent un assez bel
tïi4 TRAITÉ
effet. J'en ai vu que 1 on faisait passer, vîs-à-vîs des personnes peu instruites, pour des stalactites calcaires en nappes.
Ce sel est utaie des isubstances les plus précieuses pour Fart de la teinture, où il fait l'office de mordant. On appelle ainsi un corps qui, fixé sur une étoffe, facilite la combinaison du principe colorant , avec elle. Un mordant est donc un intermède d'union entre le principe colorant et l'étoffe. Tout mordant doit avoir les qualités suivantes : 1^. être blanc, afin de ne pas altérer la nuance du principe colorant; ^•. être à l'abri des changemens que pourrait occasionner l'action de Fair ou celle des lessives, pour que la couleur soit inaltérable; 3". n'être point corrosif, pour ne point endommager l'étoffe. L'alumine et l'oxide d'étain réunissent plus ou. moins ces avantages.
L'alumine a une telle affinité avec la plupart des étofifes, qu'elle se sépare de son acide pour se fixer sur elles, de manière qu'il suffit de les aluner, et d'y porter ensuite le principe colorant, pour obtenir une couleur fixe. D'autres fois on com* mence par déposer sur l'étofie un pnncipe astringent, après quoi on alune, et alors le mordant est formé du principe astringent et de l'alumine combinés ensemble (*).
On croyait autrefois que l'adhérence des parties
(*) Détails communiqués par M. le comte GhaptaL
DE MUNÉRALOCIE. is5
colorantes avec les éto£Pes était l'effet d'une cause mécanique, et l'on considérait le mordant comme une espèce de mastic, qui tenait ces parties enchatonnées dans les pores de l'étoffe, d'abord ouverts par la chaleur, et ensuite resserrés par le froid. Une Chimie plus éclairée a prouvé que l'adhérence dont il s'agit dépendait des affinités réciproques de ces trois agens, les parties colorantes, les (ilamens de l'étoflfe, et les mordans (*).
On a remarqué que le bois imprégné d'une dis* solution d'alun brûlait avec difficulté. Lorsqu'on veut empêcher l'encre de couler sur le papier qui boit , on le plonge dans la même liqueur.
L'alun est employé particulièrement à Fextérieur pour restreindre les chairs qui se boursoufflent, et pour arrêter les hémorragies des petits vaisseaux. Mais, dans le premier cas, en s'en sert surtout après l'avoir privé de son eau de cristallisation, et sous la forme de ce qu'on appelle alun calciné (**).
TROISIÈVŒ ESPÈCE.
ALUMINE SOUS-SULFATÉE.
( Atuminite ; Jf^ehstériie ^ Brong. Reine thonerde j W. )
Caractères physiques. Pesant, spécif. i,6,
( * ) Voyez le Traité de la Teinture , par M. le comte Berthollet.
(**) Article eQmmuniqué par M. HalIé.
laC TRAITÉ
Consistance. Tendre , douce au toucher , se laisfiant aisément racler par' le couteau.
Happant à la langue.
Couleur. Le blanc mat.
Saveur. Nulle.
Caractères chimiques. Soluble dans l'acide nitrique, sans effervescence j mise dans Teau, elle s'imbibe d'une quantité de ce liquide égale à enyiron — de son poids.
Analyse par Stromeyer :
Alumine 3o
Acide sulfurique • • • . n^ Eau.. 46
YARIÉTÉS.
Formes indéterminables.
1 . Alumine sous*$ulfatée mamelonnée. En masses arrondies, lisses, ayant un aspect terreux et la consistance de la craie. A Halle et à Morlen Saxej à New-Haven en Angleterre ; à Epernay en France.