‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas] (volume 2)Chapitre 33 sur 118 · partie du même sel est tenue en dissolution dans · texte numérisé non relu

partie du même sel est tenue en dissolution dans

les lacs de divers pays, et c'est presque toujours

dans le voisinage des mines de sel gemme ou des

fontaines salées qu'on le rencontre.

La soude sulfatée a été découverte par Glauber, d'où elle a pris le nom de sel de Glauber. On sait qu'elle est très usitée en Médecine, principalement comme purgatif.

SECONDE ESPÈCE

SOUDE MURIATÉE.

MVtlZATE DE SOUDE, OU HYDROCHLOBATE DE SOITDB DES CmMISTES.

( Fossile , stein^aahj W. Marine ^ see-salz j W. Sel commun

et sel gem>m^. )

Caractères spécifiques.

Caractères géométriques. Forme primitive : le cube (fig.. 171). Molécule intégrante, idem.

iga TRAITÉ

Caractère auxiliaire. Soluble dans l'eau.

Caractères physiques.

Réfraction. Simple.

Saveur. Salée.

Caractères chimiques. Soluble dans une quantité d'eau froide d'un poids à peu près triple. L'eau bouillante n'en dissout pas sensiblement davantage.

Action du feu. Le sel marin , c'est-à^ire celui qui a été extrait des eaux de la mer par l'évaporation, décrépite sur des charbons allumés; mais le sel gemme, retiré du sein de la ten*e, ne décrépite pas; et si l'on en prend un fragment avec ime petite pince de platine , et qu'on l'expose à la flamme d'une bougie, il se fond par sa partie extérieure, et s'arrondit en globule qui s'attache à la pince. (Voyez le Traité de Cristallographie, tom. II, p. 555.) Analyse par Bergmann :

Soude • • • • • 4^

Acide muriatique 52

Eau. 6

lOO.

Caractères distinctifs entre la soude muriatée et les autres substances appelées sels. Elle en difiPère par sa saveur connue de tout le monde, et par la forme cubique de ses fragmens.

DE M1NÉ1V\L0GIË. luS

VARIÉTÉS

Pormes dèterminables.

■ • • • ' (Les trois premières variétés ont été décrites diaprés des. cristaux obtenus avec le secours de Part.)

I. Soude vûLxnidXée primitipe.V (fîg. i^i). De^ risle^ tom. ï, p. 377 et 378; var. i, 2, 3.

a. Octaèdre,. A. (fi^ 172). Eu octaèdre régulier»

De llde j t. I, p.' 379, lidtè àV/S: On obtieiit ciîi-' âtamaitiiit là sbiidë ^urbitëË'ioa^ ôelte foiMe, Idlii^ qu^on émMoiëTùrtûte côtmne diss6lyknt. ' *' ''•^* •'^

^..376) var. ^i .;!' . .. , ; ••..-. \[v.n,'t ..•. r-n- ;

.':;••/:•. ii. •».* "/.'«ii i)i<îl^.i{'?

Soude muriatée infundibulifotme. ^y^t^^\^\û gure d'un entonnoir can:éy.jOU,4!HRe .^é^^^ les fiuqes taiit intécieurçs qu?p;^|;|éifieuff s 9^ lées parallèlement à leur base. ,• i/;\'< it»

^ La fbnnaticMi. ,de cette yarî^-j/^içvft .^^4\\^^^ l'évaporation moyenne, ou à^ scelle. ;quA;^ ]iàut|MM{{ une température un peu élevée , a été décrite avec beaucoup de soin par Rouelle (*). Elle commence

{*) Mémoires de PAcadémie des Sciences y année 1 745.

MiKÉn. T. II. ï3

par* un cvhe qui sWfôïice en partie dans l'eau; De nouvdUee molécules surviennent et s'arrangen t à l'entour en formant une espèce de cadre, qui âdhète par le bas de ses faces intérieures aux lK>rd5 sup^rieurs^du |cùbe initial. Cet assemblage s'accroît ensuite de la même manière par de nouveaux cadreà toujours plus jiarges, qui se placent les uns audessus des {autres, k mesure que la partie déjà fomiée s'enfonce de plus en plus dans le liquide. Le* corps prend ainsi la figure d'une trémie ou d^une pyramide quadrangulaire creuse renversée. Si Ton reprend en sens contraire, ou de bas en haut, la série des cadres qui la composent, on pourra la considérer commû produite par un décroissement qui aurait agi sur dès lames évidées en carrés. L'inclinaison des faces sur la base varie de manière que sa liante parait être l'angle de 45^9 ainsi que Tavait observé Cappéller (^). Cette limite n^nd au résultat « d'un décroissement par une ^mple rangée de molécules intégrantes.

iJdpiltàine. En fflameus libres et déliés. A Aussée en Stirie.

' fibreuèe-cbmjoiniê. En fibres réunies parallèleil^éttt'les ânfett aux autres.

(**) Prodr. Orist, j». 3a.

DE MINÉRALOGIE. igS

. Concrélionfiée mamelonnée.

Accidens de lumière.

Incolore.

Rouge.

Bleue.

Verte.

Violette.

Blanchâtre.

APPENDICE

Soude murlatée cuprifère. Colorée par le cuivre carbonate vert. Trouvée au Vésuve par M. Grottus.

Relations géologiques.

La soude muriatée est répandue dans la nature avec une abondance proportionnée à son .utilité. £Ue forme des dépôts immenses dans le sein de la terre , en Pologne, en Hongrie, en Russie, en Al]^ magne, en Angleterre et en Espagne; elle s'unit avec les eaux , qui en sont des réservoirs inépuisables. Une des mines les plus célèbres dont on la retire est celle de WiHsczka en Pologne (*). Elle s'étend vers la Hongrie et la Transylvanie dans un espace que quelques auteurs disent être de plus de 100 lieues en longueur, sur une largeur qui varie

{*) Voyez la description qu'en a donnée Guettard, Mém. de FAcad. des Sciences; 1763^ p. 2o3 et suiv.

iO^ TKAîTÉ

depuis 25 jtisqu'^à 36 lieues. Le sel y est dispose par couches sous des lits de sable et d'argile. Oi> en retire des blocs qui ont jusqu'à huit pieds de diamètre. Cette miné fournit environ cent vingt mille quintaux de sel par an. On voit par ce qui précède que la soude muriatée doit tenir un rang dans la méthode géologique parmi les substances» ijui, considérées seules, constituent des roches.

Toutes les mines de soude muriatée occupent des terrains secondaires. On trouve dans celle de Wilisczka des coquilles et des madrépores j et le î>aron de Bom cite une défense d'éléphant et desdents molaires, et autres ossemens de ce quadrupède (*) , que l'on avait retixés de cette mine. Ler même sel est souvent accompagné de chaux sul- &bé€ y et quelquefois de chaux anhydro-sulfatée.

^; sovde muriatée existe en grandes masses sous ]a larme de cristaux aciculaires en Arabie. On a d^||:]^yevt U y a quelques années, enTrance^ aina ^vîfon^^ de Tic, département de la Meurthe, de» tiaocs tvès puissatis de ce sel, séparés par des couche» de chaux ^sulfatée et d'argile. IL est en grains crislaUips sàjn» couleur et pavfaitèÉient purs^ et soif oj^ploUs^tion rapporterait annuellàxient un béné- %^ f^ez considéraMé.

4* ) Catal-.^ 1 1 ^ p. 46.1.

Annotations.

La soucie murlatëe , qui existe à Fëtat solide dans le sein de la terre, porte le nom de sel gemme; mais une quantité très considérable de la même substance est tenue en dissolution par les eaux de la mer. Ce sel, après son extraction , se nomme ^el: marin ^ mais il ne diffère point du sel gemme* Enfin, les eaux de plusieurs lacs €t de quelques fontaines sont chargées aussi de soude muriatée. Elle entre, en proportion très sensible.^* 4âw les eaux de Balaruc, de Bourbonne, de B<Hu*b9nrLaii<^> et Larcbambaut, de la Motte., etc. , ,

On emploie divers procédés pour retir^r^ l^: «dl «darin, et Fob tenir à l'état concret. Lp pri^miei' 'estil'éyaporation spontanée par 1^ chaIeu|:4^.^1$>L L9,,i:tiafée montante amèn^ l'eau daite des £09jîfrt «enduites dWgile bien battue, et partagées pa]}:4ilf petits murs en divers compartimens , qui. commis» niquent entre eux : on a soin de ne laisser entrer dati^ ces fossesjcju'une couche d'eaû. oissez mincéf pour que Véyappration soit prompte et facile. Ji; mesure que le' sd seJorxaç,on le iramasse »ave6 <les' rateanix, et on le met en tas pour le ùk^ sécher. • ; .. i

]^ ^çôpad procédé est Févaporation' lartificiiBlle: d PaidjQ du feu qu'on entretient sous des chavi^

dières remplies d'eau salée. Dans certains pays, Févaporation spontanée précède Tartiificielle. On fait d'abord tomber l'eau sur des fagots d'épines, où elle se divise on une pluie très fine qui, présentant beaucoup de surface à l'air, s'évapore en grande partie, de sorte que celle qui arrive au fond se trouve très chargée de soude muriatéc. Cette eau est ensuite portée dans de grandes chaudières qu'on expose à l'action du feu pour achever Févaporation.

' Dans quelques contrées du nord, on profite du d^rë de froid de l'atmosphère , comme d'un moyen fwRSparatoire:^ On fait entrer une couche d'eau peu épaisse dans des fosses /pratiquées à cet effet. Une psàtie dé cette eau^ en se congelant, abandonne tetf molécules salines, qui se concentrent dans la pértioD encdre fluide; en sorte que celleH)i n^a plus l^fMÈÊ^ que d'être exposée à une médiocre chaleur, jMDurqué son évapora tion permette au sel dont elle esft^ «chargée de se cristalliser.

; La décomposition de la soude lïiuriatée fournit l^ide muriatique ou hydro-chlorique qui se débite dans le commerce. Cet acide , distillé sur de Foxide d)er' manganèse, donne naissance à Vacide muria-^ tiquis ùxigéfié, ou ^u chlore', dont M. ^ BerthoUet a fait une application importante à l'art de la ieikturei On" sait que les étoffes et autres tissus employés i^ nos usages se décolorent au bout d'un

certain temps par Taction de l'atmosphère , surtout lorsque la lumière favorise cette action (*). Or M. Ber tliollet a fait voir que le cblore produit en un instant^ ou tout au plus en quelques heures, le même effet que l'air n'opère qu'avec lenteur et comme par nuances. 11 suffisait donc d^exposer les toiles et les étoffes à l'action de ce gaz, pour juger du plu' ou moins de résistance qu'elles devaient opposer k l'action de Pair, par le plus ou moins de facilité qu^avait le gaz à les. décolorer, et discerner ainsi les matières colorantes qui mentaient la préférence par leur solidité.

Mais la plus belle application que M.BerthoIIet ail faite ^e sa découverte , est celle qui est relative au blanchiment des (ils et des toiles. Ces^ substances sortent de la main qui. les a fabriquées . avec une teinte sale et désagréable, que l'on a cherché a leur enlever. Jusqu^alors on les exposait à l'air pendant un temps pl|4S ou moias odn^idéraMi^;,' l'oxïgène de l'atmosphère, en s unissant aux parties Qolorantes qui adhérent à ces substances, le^ rendait solubles .^it :IeI' lîquéiîr dëi lessives^ dans laquelle on les passait à plusieurs reprises. M. BerthoUet a substitué a Faction lente de cet oxigéne l'énei]^' dit^c^Lore^ et ce: procédé^ est devMu

( * ) Il n'est personne qui n'ait observé les effets dte cette altérattoa siw les rideaux^ . de taffetas «ok^é y placés a«x fenêtres des appartemens où le soleil donne.

le fondement d'un art nouveau pratiqué dans nos

manu&ctures, porté jusqu'en Angleterre, et reconnu partout pour être supérieur de beaucoup a Tancienne méthode par l'avantage qu'il a de ménager le temps et la main-d'œuvre. Il feit plus, il ijaet en liberté les terrains où l'on était obligé d'exposer les fils et les toiles , et les rend à l'Agriculture^ qui semblait les redemander.

. Jje sel de cuisine , qui n est pas de la soude murîatée pxu^e, est employé, en petite dose, comme stimulant de. l'estomac , et excitant les forces digestives. A forte dose , il sert k conserver les viandes ; mais Hippocrate prétend que, de cette manière, il diminue leur propriété nutritive', et finit . pâii l'anéantir. . .

Les eaux minérales citées plus haut , dont la soude mmiatée fait , en quelque sorte, la base, sont regardées comme toniques' et. apéritives; elles sont, purgatives; on les administre en bains, douches et boissons. La chaleur naturéltejde ces qaux est aussi resardee comme contribuant a leur activité.

.':'••. •••■•:* '-.«I THOISIÉHE E^ÉC]^. . * .' . .:.» •

SOUDE BORATÉK. ' ( Tinkal^ K. ) *

Caractères géométriques. Formé primitive : prisme

rectangulaire oblique (fig. 174) dans lequel riiiciidence de P sur M est de 106^ 7' (^).

Molécule intégrante, idem.

Caractères physiques. Réfraction, double à un hiaut degré.

Saveur,. Douceâtre, tirant sur celle du savon.

Cassure. Transversale et assez souvent longitu-

dînale. ondulée et brillante.

,Ùaraçtères chimiques. Soluble dans douze fois son poids d'eau froide , et six fois son poids d'eau chaude^

Fusible à un feu modéré en une masse bour^ouf* flée et très poreuse. ,

Au cllalu^leau, elle se boursouffle d'abord, et fipit par se convertir en yerre.

Analyse dé la soude boratée dite tinhal , par Klaprotti : i

Acide borique 87

Soude. i4>5

Eau 47

Perte i,5

Caractères 'dïstinctifs. i*. Entre la soude boratée et l'alumine sulfatée. La première se divisé piar

{*) Soit A£ (fig. 176) cette molécule. Si l'on mène E^y, Ea perpendiculaires ; l'une sur Aa, l'autre sur.a^ , on pôurrt faire Ej = |/48, Ay = 2, E«=: V'i4, EE'= i/45.

deux coupes perpendiculaires l'une sur l'autre, au lieu qu'on n'aperçoit aucun joint naturel bien sensible dans l'alumine sulfatée. Les cristaux de soude boratëe s'éloignent totalement de la forme de Toctaèdre ou du cube, que l'alumine sulfatée présente toujours, soit simple, sôit modifiée par des facettes angulaires, et quelquefois marginales. :^^. Entre la même et la magné^e sulfatée. Lia saveur de celles-ci est amère, et celle.de l'autre savonneuse. Ses cristaux ont des joints nets situés diagonalement, que l'on n'observe point dans ceux dç soude boratëe. 3*. Entre la soude boratée et la potasse nîtratée. La première ne détonne pas comme l'autre sur un charbon ardent. ^°. Entre la même et là soude muriatée. La saveur de celle-ci est salée, et celle de Fautre savonneuse. La solide boratée est d'ailleurs la seule des substances sapides et solubles qui se convertisse en verre au chalumeau.

YAK lÉTÉS^ .

Formes déterminables.

,. (Les cinq variétéfli^ suivantes ont été décrites d'aprëfr des

itrislanx obtenus avec le secourss de Fart.)

""îrSôUde boratée />^riAi?ara^rfrè.'G'MP (fig. 176).

P^me oblique] à bases hexagones syiKiétriques. De l'Isle,. t. I, p^ 345} var. 2.

ao3

a. Pénociaèdre. 'G'MTP (fi". 177). DeHslc,

r MTP

t. I, p. ^4^; var. 3.

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