Binotriunitaire. D'E'P*E*B (fig
i * P jr C
A Trenton aux Etats-Unis.
Formes indéterminables.
Granuliforme.
Variétés dépendantes des accidens de lumière.
a. Transparent, ou translucide et coloré.
Orange-brunâtre.
Brun-rougeâtre.
Jaune-verdâtre. A Ceylan. v
Verdâtre.
Blanchâtre.
Jaune-pâle ( jargon de Ceylan ).
Substances étrangères à cette espèce auxquelles on a donné le nom «{Hyacinthe.
Essonite : hyacinthe.
Corindon d'une couleur orangée : hyacinthe orien* taie.
Topaze d'un jaune de safran : hyacinthe occidentale.
Topaze d'un jaune de miel : hyacinthe miellée.
Grenat d'un rouge mêlé d'orangé : hyacinthe la belle.
Harmotome : hyacinthe cruciforme.
Idocrase : hyacinthe brune des volcans.
Meïonite : hyacinthe blanche de la Sonmia.
Quarz hyalin hématoïde : hyacinthe de Compostclle.
Une variété de grenat : hyacinthe de Disentis.
Relations géologiques .
Le zircon, qui n'avait été rencontré pendant longtemps que parmi des matières de transport, a été observé, depuis plusieurs années, dans des roches, où il est uni accidentellement aux substances qui les
DE MINÉRALOGIE. iagg
constituent ; celle dont la formation est la plus ancienne, a été découverte en i8i i , dans le New-Jei>sey , aux Etats-Unis , près de Trenton , sur les bords de la Delaware. Le zircon y est engagé .immédiatement, tantôt dans un feldspath gris, tacheté de verdâtre, tantôt dans un quarz grisâtre, et tantôt dans un mélange de quarz et de feldspath, qui renferme aussi des lames de talc nacré. Suivant la description que M. Conrad a donnée du gissement de ce zircon , dans le troisième numéro du Journal minéralogique américain, la roche environnante est composée de feldspath, de quarz et de mica noir, avec grenat, et paraît se rapprocher du gneiss par sa structure.
Une autre roche, qui coEftient accidentellement le zircon, est une siénite, qui se trouve en Norwéjge, près de Frederischwern. Tantôt le feldspath est d'une couleur qui tire sur le rouge de chair, et tantôt c'est la variété nommée feldspath opaîîriy à laquelle est associée une substance que Werner a appelée ^/fstein on pierre grasse. Cette roche, déjà remarquable en elle-même, l'est encore plus par son origine. D'après les observations de MM. Hausmann et Léopold de Buch, elle repose sur un calcaire Coquillier de transition.
Le zircon a été trouvé dans uneitoisième espèce de roche, d'une nature toute diflFérente, qui est située dans le voisinage du 'ruisseau d^Expailly, en France. Suivant M. Weiss, minéralogiste très distingué, cette roche est une lave f)oreuse <joi renferitiedu
3oo TRAITÉ
fer oligîste , comme la pierre de Yolvic. Ce qui pourrait paraître singulier ^ c'est que ces zircons y qui ont dû subir l'action des feux volcaniques^ aussi biei^ que la lave dans laquelle ils isont engagés , aient conservé leur couleur brune, tandis que la simple exposition! à la flamme d'une bougie pendant quelques secondes , suffît pour Ëôre disparaître cette couleur. M. de Monteiro a remarqué le zircon dans un feldspath du Groenland, qu'accompagnaient la sodalite et l'eudialite. J'indiquerai ailleurs les consé^, quences que ce savant a tirées de son observation , relativement à la nature de la dernière substance.
Enfin , le' zircon se rencontre dans divers endroits ,. parmi d'autres substances que les eaux y ont transportées de leur Heu natal. A Ceylan, il est mêlé parmi, des cristaux de corindon , de spinelle , de tourmaline , de grenat , etc. , dans une rivière qui vient des hautes montagnes situées vers le milieu de cette île. On le trouve aussi en France, près du village d'Expailly ^ à un quart de lieue de la ville du Puy , dans un ruisseau où ses cristaux sont disséminés dans un sable volcanique , rempli de petits octaèdreset de grains de fer oxidulé titanifère , et renfermant en outre des corindons bleu^ et des grenat^.
M. Henri Umâna , savant minéralo^te espagnol^ a rapporté un sable analogue des environs de Santa- Fé-dc-Bogotta , dans l'Amérique méridionale. Le fer oxidulé titanifère abonde aussi dans ce sable, et
DE MINÉRALOGIE. Soi
M. Cordier a prouvé que ce fer provenait en général <les détritus des matières volcaniques.
Armotationa.
L'ensemble des variétés que présente la substance que je viens de décrire, a été sous-divisé par Werner en deux espèces distinctes, dont l'une est Vhjrœcinthe et l'autre le zirœn. La couleur brune , jointe à une forme qui se rapproche de la variété dodécaè- ^e, caractérise l'hyacinthe. Le zircon présente un aspect analogue à celui de la variété prismée. Si cette sous-division n'est pas selon les principes delà science, qui nous montre partout ime même forme de molécule intégrante , et un même système de ^cristallisa^ tion , du moins elle s'accorde avec la méthode des lapidaires , qm ont établi une distinction pareille, en std)$tituant seulement au mot zircon celui de/argon de Cejrtariy parce que c'est principalement de cette île que proviennent les variétés qui se rapportent au zircon.
Le nom d^ hyacinthe parait devoir son origine à la ressemblance de couleur qu'avaient les pierres ainsi nommées , avec la fleur qui , au rapport de la Fable, provenait de la métamorphose du jeune Hyacinthe^ tué par Apollon , et sur laquelle le dieu avait tracé l'expression de sa plainte. (*) L'hyacinthe des an-
{*) La plante qui portait cette fleur , bien différente de
3oa TRiUTÊ
ciçns^ colorée d'un violet assea agréable, mais sea** lement au premier, aspect , semi)lait être plus prompte à se flétrir , dit Pline , que la fleur du même nom (*). Les modernes ont appelé hyacinthes ^ des pierres d'un rouge-orangé, souvent avec une teinte de brun. La couleur était ici, connue par rapport aux antres gemmes, une source d'équivoques jBt de méprisas.
A l'égard du nom de jargon y on le. donnait, en général aux pierres sans couleur, qui, après la t£dlle\ en imposaient aux yeux par un faux air de ressemblance avec le diamant, quoiqu'elles lui cédassent jtrès sensiblement en éclat et en dureté.
Ce nom. ferait-il allusion à l'idée qu'on . y attache lorsqu'on l'emploie pour désigner un langage afiecté, qui n'est qu'une imitation vicieuse de la bonne éloquence? Quoi qu'il en soit , le zircon étant la pierre qui, dans certains cas, jouait le mieux le diamant , le nom de jargon lui sera resté, comme nom propre, et spécifique (**).
La pierre que les lapidaires nomment jargon de^ Ceylan, est un véritable zircon, d'un jaune pâle.
notre jacinthe^ était une espèce de lis qui avait sa^ corolle, marquée intérieurement de deux caractëres dans lesquels rf]eU^ aidé par l'imagination ^ yoj^ait le mot aï ^ qui est le cri de la douleur.
(*j Hist. TuzL, 1. XXXVII > ch. 9.
(**) Inter adamanUH connumerari solet j Waller., t I,
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qui prend un assez beau poli. C'est cette même pierre qu'on fait quelquefois passer pour un diamant, d'une qualité inférieure. Son éclat se rapproche en effet de celui du diamant ; mais ses reflets sont incomparablement moins vifs ; aussi est-elle peu estimée. A l'égard des zircons dont la couleur est l'orangé-brunâtre, et que l'on appelle hyacinthes , il y en a qui ne prennent qu'imparfaitement le poli , surtout parmi ceux que l'on trouve en France ; mais je dois observer que les gemmes qui circulent sous ce nom dans le commerce appartiennent le plus souvent à une espèce très différente, qui estVessonite (kaneelstein de W.).