I. Grisâtre. Dans le Morbihan
Substances étrangères à cette espèce, auxquelles on a donné le nom de pierre de croix.
La macle. L'harmotome.
Relations géologiques.
Les staurotides n'ont été observées jusqu'ici que dans deux roches primitives auxquelles elles sont unies accidentellement, savoir, le talc schistoîde j et le mica schîstoïde. On trouve la première de ces roches au Saint-Gothard , où les staurotides sont' ac-^ compagnées de cristaux de disthène ; dans une autre partie du même terrain^ le mica schist<^de renferme
avec la staurotide des grenats primitifs et de l'amphibole aciculaire.
Le mica schistoïde avec cristaux de staurotide abonde en difierens endroits des départemens du Morbihan et dû Finistère, surtout aux environs de Quimper. On le retrouve aussi du côté de Saint-Tropez, département du Var; les staurotides y sont d'uû plus petit volume, et forment quelquefois des prismes déliés qui approchent de la forme aciculaire.
La même roche , renfermant des staurotides tantôt seules, tantôt associées au grenat et au disthène^ a été trouvée depuis quelques années aux Etats-Unis^ dans les environs de Philadelphie et de Nevr-Jersey .
Les staiu:otides existent aussi en Espagne prés de Saint -Jacçjues de Compostelle. M. Oupuget en a rapporté anciennement de Cayenne, qui présentent la forme de la variété perihexaèdre ; mais je n'ai eu jusqu'à présent aucune indication sur la manière d'être géologique de la staurotide dans ces deux pays.
^annotations.
Rien n'est si ordinaire que de voir des cristaux prismatiques qui se croisent en paraissant se pénétrer mutuellement. J'ai exposé (Traité de Cristal, tom. II, p. 394), la manière dont se fait cette pénétration apparente ^ et j'ai eu soin d'ajouter , comme un fait remarquable, que les positions respectives des cristaux groupés cachaient sous l'air d'un simple
DE MlMÉRiLLOGIE. 545
jeu de cristallisation des règles qui participent de celles auxquelles est soumise la structure deb cristaux solitaires. Ces règles consistent en ce que le plan de jonction de deux cristaux est situé parallèlement à une face qui serait, relativement k chaque cristal , le résultat d'une loi de décroissement.
Ordinairement les cristaux d'un même groupe se croisent dans des directions très variables; mais, dans la staurotide , les positions des plans de jonction sont relatives à deux limites déterminées , et ces limites se trouvent liées à des caractères de symétrie , qiii ont quelque chose de remarquable.
La symétrie que présente la variété rectangulaire , est faite pour frapper tous les observateurs. Oq s'aperçoit aisément que les axes des deux prismes sont perpendiculaires entre eux, et l'on conçoit^ avec un peu d'attention, que les plans des deux hexagones de jonction doivent aussi être à angle droit l'un sur l'autre.
Le croisement de la staurotide obUquangle n'offire pas, au premier coup d'œil, des caractères à beaucoup près aussi marqués d'une disposition symétrique ; mais on est agréablement surpris de voir ceux qu'il recèle se développer les uns après vies autres, à mesure que l'on étudie cette variété. D'abord, l'un des hexagones de jonction, et qui est représenté par ctylks (fig. 48), est régulier , et par conséquent tous ses angles sont de iâo<^. Ce même angle de 120^ se répète deux fois sur l'assemblage des deux cristaux.
C'est celui que font entre eux les deux axes J et les deux pans o, o' sont inclinés l'un sur l'autre de la même quantité, ce qui est d'autant plus remarquable y que cette inclinaison n'est pas nécessitée par celle des axes. Le second hexagone est perpendiculaire sur le premier; il a de plus deux angles droits :t et ^; et chacun des angles c et / est ^al à celui que forme le côté cz avec l'arête cf^ ou la face r avec l'arête adjacente dans la variété vmibinaire ; c'est-àdire xju'il est de 1 44^44'-
D'une autre part, il est facile de voir que l'assortiment des deux prismes est déterminé, dans l'une et l'autre variété, par la position d'un seul des hexagones, que l'on peut considérer à l'endroit où ces prismes se joignent. Or si dans la staurotide rectangulaire (fîg. 47) on prend à volonté l'un de ces hexagones qui sont semblables par leur figure et par leur position , on trouve qu'une facette située par rapport à chaque prisme , comme cet hexagone , ré-
sulterait d'un, décroissement qui a pour signe E (fig* 44) 5 €ït si dans la staurotide obliquangle (fig. 48), on choisit l'hexagone ctylksy qui est régulier, comme nous l'avons dit , on trouve qu'une facette placée comme cet hexagone naîtrait d'un décroissement
qui a pour signe A (*).
(*) La position de Pautre hexagone exalqz dépend de la loi E^, qui n'a rien d'extraordinaire en elle-même , et qui est d'ailleurs nécessairement liée à. la précédente.
DE MINÉIULOGIE. 347
On voit ici un accord singulier entre la simplicité des lois de décroissement d'après lesquelles les deux prismes se joignent, et celle des angles de 90^ et 60^, ou de 120^, supplément du précédent, qui dominent dans cette jonction ; et quoique nous ne soyons pas à portée d'expliquer, d priori, comment la cristallisation , qui semble se jouer de tant de manières dans le croisement des prismes qui appartiennent à d'autres minéraux, est ici limitée à deux résultats dont elle ne quitte l'un que pour aller à Fautre , l'espèce d'harmonie qui règne dans l'ensemble de ces résultaj^, fournit du moins une raison de convenance en faveur de l'alternative dont il s'agit ici. On est moins surpris d'une uniformité qui s'allie si bien avec la simplicité et la symétrie.
SIXIÈME ESPÈCE
NÉPHÉLINE.
{Nephelirij W. Sommitj K. )
Caractères spécifiques.
Caractère géométrique. Forme primitive : prisme Hexaèdre régulier (fig.-49)- Les joints naturels ne sont indiqués que par de petites portions de lames que l'on voit briller dans les endroits fracturés , en les faisant mouvoir \ une vive lumière.
Molécule int^ante : prisme triangulaire équilatéral (*).
Cassure, concholde, un peu éclatante.
Caracièreê physiques. Pesant, spéaif. , 3,2741.
Dureté. Ses parties aiguës raient le verre , les autres y laissent souvent une trace blanche de leur propre poussière.
Caractères chimiques. Fusible en verve y par un feu prolongé.
Sa poussière se réduit en une gelée d'un blanc légèrement jaunâtre, dans l'acide nitrique chauffé. Si l'on met dans cet acide à froid un cristal transparent de la même, substance, il y devient nébuleux par une suite de sa tendance à se convertir en gelée; et c'est* cette observation qui m'a suggéré le nom de néphèline.
Analyse par YauqueUn (Bulletin des Sciences de la Société Philomatique, floréal an 5, p. i3):
Silice • 4^
Alumine • • . . . 49
Chaux 2
Oxide de fer. • • <• i
Perte 2
(^) La perpendiculaire menée d'un des angles de la base snr le côté opposé, esta la hauteur du prisme comme I/7 esta ^/a.
DE MINÉRALOGIE. 34c|
Caractère d'élimination. Ses indications, i*. dans l'émeraude. Elle raie beaucoup plus facilement le verre j sa pesanteur spécifique est moindre dans le rapport de 5 à 6} sa cassure est plus luisante et plus décidément vitreuse. 2*. Dans la topaze dite pycnite. Sa cassure est compacte et mate j celle de la néphéline approche du vitreux. La pycnite est infusible ; la néphéline finit par se fondre en verre. 3** Dans la chaux phosphatée cristallisée. Les variétés de celle-ci avec lesquelles on serait le plus tenté de confondre la néphéline ^ savoir celles qui ont une face horizontale, sont phosphorescentes par le feu , ce qui n'a point lieu pour la néphéline. Les joints naturels de la chaux phosphatée sont beaucoup plus sensibles. 4*. Dans la meîonite granuliforme. Elle se fond beaucoup plus fiicilement, et donne un verre spongieux, au lieu d'un verre ordinaire. Elle ne se résout point en gelée dans l'acide nitrique.
VARIÉTÉS
FOBMES DÉTERMINABLES.
Quantités composantes des signes représentatifs.
MPB.
MPr
35o TRAITÉ >■
Combinaisons deux à deux.
I. Nëphélîne primitive. MP (fig. 49)* Prisme hexaèdre régulier. Au Vésuve ; à la Somma.
Trois a trois.