I. Néphéline transparente
a. Néphéline translucide.
Annotations.
On trouve la néphéline dans les laves du Vé^ suve, sur la montagne de la Somma , d'où elle avait
d^abord été appelée sommité. Elle y accompagne les idocrases, les méionites, les spinelles noirs, etc. Ses cristaux, ordinairement d'une forme très prononcée, sont disposés par groupes dans les cavités des fragmens de roches rejetés par les explosions volcaniques. La plupart n'ont guère que deux ou trois millimètres d'épaisseur. J'en ai observé un qui ap* partenaità la seconde variété, et dont le diamètrs était d'environ six millimètres, ou 2 lignes |.
La forme de cette variété se rapproche de celle de l'émeraude annulaire , par la mesure de ses angles. Ces deux minéraux ont d'ailleurs le prisme triangulaire équilatéral pour molécule intégrante ; mais les facettes marginales de l'émeraude sont inclinées de 120*^ sur les pans correspondans. J'ai jugé l'incidence analogue, dans la néphéline , plus petite d'environ deux degrés , ce qui donne un autre rapport entre les dimensions de la molécule. Au reste, il ne tient qu'au volume des/ cristaux et à la netteté de leurs formes qu'une différence égale à celle dont il s'agit, ou même encore plus petite , puisse être saisie avec facilité, et sans laisser aucune équivoque; et c'est une nouvelle occasion de remarquer combien il est intéressant de porter la plus grande précision possible dans la détermination des formes cristallines. La nature a placé certaines productions sur des lignes très peu divergentes, tandis que les directions qui al30utissent à d'autres font des écarts très sensibles. C'est un tableau qui a ses contrastes, sur lesquels il
n'est besoin que d'ouvrir les yeux, et ses nuances, dont la délicatesse exige un observateur attentif et exercé.
A r^ard de la pseudosommite , on la trouve près de Rome, à Capo di Bove, à la surface d'une roche qui sert aussi de gangue à une substance appelée mélilitey qui me paraît devoir rester encore dans l'appendice où j'ai placé les substances douteusesL La roche dont il s'agit a beaucoup de rapport avec le basalte; mais il ne parait pas qu'elle forme des masses assez considérables pour mériter d'occuper une place dans la méthode géologique.
M, Fleui^au de Bellevue, minéralogiste d'un mérite distingué, à qui nous devons la description delà pseudosommite , avait cru devoir séparer ce minéral de la néphéline, avec laquelle il a d'ailleurs les plus grands rapports^ parce que, selon lui, la néphéline n'était pas soluble en geJée dans l'acide nitrique, comme la pseudosommite : inais il est probable que M. Fleuriau a employé l'acide nitrique à froid , auquel cas il agit avec lenteur; en sorte que si l'on ne se donne pas le temps d'attendre qu'il ait produit ^n effet , on pourra se tromper sur le résultat.
D'après l'observation que j'ai faite sur cette pro- . priété de la néphéUne de se résoudre en gelée comme la pseudosommite , on ne peut douter que ces minéraux , qui d'ailleurs ont entre eux de si grands rapports, n'appartiennent à la même espèce. M. Fleuriau avait cru que la dernière substance n'offrait
qu^une fausse imitation de l'autre ; et c'est ce qu'ilavài t Toulu indiquer par les noms de pseudosommite , et de pseudonéphéline; mais je suis convaincu que c'est l'original lui-même.
SEPTIÈME ESPÈCE
PINÏTE.
{Finit ^ W.) Caractères spécifiques.
Caractère géométrique. Forme primitive : prisme hexaèdre régulier (fig. 5i, pi. §2), dans lequel le côté de la base est à la hauteur à peu près comme 36 està35(*).
Caractères physiques. Pesant, spécif., rî^ga.
Dureté. Rayant à peine la chaux carbonatée : facile à racler avec un couteau.
Odeur. Fortement argileuse dans une partie des individus.
Caractère chimique» Traitée par le chalumeau sur le charbon, elle blanchit et fond sur les bords en
■^1 ■ ■ Il 11 ■ I
(*) Le rapport entre la perpendiculaire menée au centre de la hase sur un des côtés, et la hauteur, est celui de
V^4 à' y 5. Ce rapport subirait peut-eixe une petite correction , si l'on ayait des cristaux dans lesquels les facettes obliques à l'axe fussent plus étendues et plus nettes que celles que j'ai eues en ma disposition*
MiKÉn. T. II. 23
Molécule int^ante : prisme triangulaire équilatéral (*).
Cassure , concholde , un peu éclatante.
Caractères physiques. Pesant, spécif. , 3,2741-
Dureté. Ses parties aiguës raient le verre , les autres y laissent souvent une trace blanche de leur propre poussière.
Caractères chimiques. Fusible en verre y par un feu prolongé.
Sa poussière se réduit en une gelée d'un blanc légèrement jaunâtre, dans l'acide nitrique chauffé. Si l'on met dans cet acide à froid un cristal transparent de la même substance, U y devient nébuleuï par une suite de sa tendance à se convertir en gelée; et c'est' cette observation qui m'a suggéré le nom de néphéline.
Analyse par Yauquelin (Bulletin des Sciences de la Société Philomatique, floréal an 5, p. i3):
Silice • ••••••••• 4^
Alumine 4^
Chaux 2
Oxide de fer. ••<•.•••• i
Perte 2
(^) La perpendiculaire menée d'un des angles de la base sur le côté opposé, esta la hauteur du prisme ccmime I/7 esta v/a.
. DE MINERUiOGIE. 355
rectangulaire , ce qui provient du proloDgement de deux pans primitifs et de deux pans secondaires, qui font avec les premiers des angles droits, eu sorte que les huit autres pans situés deux à deux entre les précédens sont presque insensibles.
L'alternative a lieu entre tel pan large et le pan étroit voisin ; mais elle n'a pas lieu entre celui-ci et le suivant qui est aussi étroit. L'aspect du cristaln'est pas symétrique ; mais il est toujours soumis à la loi de symétrie, qui veut que toutes les arêtes longitudinales de la forme primitive soient remplacées chacune par une face , parce qu'elles sont identiques.
La figure 54 représente la coupe transversale du noyau abcdefy celle du cristal péridodécaèdre onmlhihtsrgpo , dans l'hypothèse de la symétrie , et celle de la sous-variété dont il s'agit ici, indiquée par g^cwS'ipïMçj'zj' J^. On la trouve dans le département du Puy-de-Dôme.