‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas] (volume 2)Chapitre 96 sur 118 · ZJowi/rtrt^ M*GG*^GG^Tèî4«Pïi^/V · texte numérisé non relu

ZJowi/rtrt^ M*GG*^GG^Tèî4«Pïi^/V

Fond y qui a fait beaucoup d'observations sur cette »ubstancié(*), pèsent jusqu'à 3o livres. J'ai reconnu .dans ces grains, des joints naturels dirigés comme dans les cristaux ordinaires du péridot.

M. Bert, officier de marine, a découvert à l'île Bourbon, dans la rivière de Saint- Denis, de petits cristaux engagés dans un basalte , qu'il a regardés, avec raison , comme étant de la même nature que la chry solite des volcans ; observation iiatéressante , en ce qu'elle confirme, par les caractères minéralogiques, le rapprochement que Rlaproth, guidé par l'analyse, avait fait de cette même substance en miasses informes, avec le péridot ordinaire. M. Bert ayant bien voulu me donner plusieurs des cristaux dont il s'agit , j'ai trouvé que les mesures de leurs angles coïncidaient avec celles que j'avais prises sur les variétés de notre péridot. Leur forme se rapporte à la variété continue (fig. i3j),et quelques-uns présentent celle de lai sous-variété a. La pesanteur spécifique est aussi la même , autant que j'ai pu en juger d'après un poids de quelques grains que formait la totalité de ces cristaux. Un fragment essayé au chalumeau par M. Vauquelin, n'a pu être fondu. ' Le phls gros cristal dé péridot que j'aie observé , avait énvîi'On 1 2 millimètres , ou 5 lignes | , dans sa plus grande largeur ; mais il y a dans le commerce des morceaux brutâ de cette substance , d'un volume

(*) Minéral, des volcans , p. i38.

beaucoup plus cousidérable. A l'égard des cristaux de l'île de Bourbon , ils n'ont guère que 4 millimètres ou. environ une ligne :| d'épaisseur. Leur prisme n'est point strié y comme celui des cristaux ordi-^ naires.

Le péridot a été long-temps employé par les lapidaires, avant qu'aucun naturaliste ait déterminé ses formes cristallines. La pierre que Rome de l'Isle a décrite , sous le nom de péridot de Cejrlan (*) , et qu'il appelle aussipéridot des Indes orientales (**), n'était autre chose dans l'idée de ce célèbre naturaliste, ainsi que dans la réalité, qu'une tourmaline d'un vert-jaunàtre. 11 est visible, pour ceux qui le liront avec attention , qu'il n'a pas été à portée d'ob-* server les formes de notre péridot , ou de ce que lés Allemands ont appelé chrjrsolite; et ainsi on ne peut l'accuser, comme on l'a feit (***)i de s'être trompé au point de confondre avec cette gemme des substances qu'il nomme chrysoIiteordiFiaire(^^^^)etchrysoIite de iSbrcô (*****) , et dont il donne aussi des descriptions parfaitement exacte», en même temps qu^l fait de l'une une espèce particulière , et considère Fautre comme une simple variété de la topaze de Saxei

Klaproth, en publiant l'analyse du péridot, lui

Çf) Cristal' 9 ttJI^.p. 363 et suiv.

(**) Ibid, ^ p. 348 , note SB, ^

(***) Voyez Kirwan , Elenunta of Miner., 1. 1, p. 263.

(••*♦) CrisUl., t. II, p. 271.

(****») Ibid. , p. 2fi7.

avait conservé ce même nom de chrysolite^ qu'il portait en Allemagne ; et comme ce célèbre chimiste n'a joint à ses résultats aucune description de la pierre qu'il appelait ainsi , et s'est contenté de renvoyer à celle de Werner , qui n'était pas connue parmi nousy la preçiière idée qui devait se présenter est qu'il s'a- ^ssait de la substance nommée chrysolite par Rome de l'Isle, Daubenton et les autres minéralogistes français : mais Dolomieu prouva bientôt que la pierre analysée n'était autre chose que notre péridot, et eh. prit occasion de développer les motifs pressant qu'avaieat la Minéralogie et la Chimie de ne point séparer leurs intérêts, et de s'éclairer mutuellement daps leurs travaux (*}v Lies craintes de ce savant miçuéralogiste, sur les inconvéniens que pouvait exitraîner un défaut de concert entre ces deux sciences^ furent justifiées, presque dans le même te^ps, par un exepiple d'autant plus oparquant, qu'il portait ^ur cette même chrysolite de Kldjproth, dont un mii^éri^ogiste s'empressa. d'appliquer l'analyse â la chrysolite de Rome de l'Isle (**). Celle-ci tétait encore; raiigée, à cette époque , parmi les substances terreuses^ auxquelles lle^.eT^pjériences de Vauquelin l'ont enlevée depuis, pour lui désigner sa vérUable

place dans l'espèce de la chaux phosphatée .

(*) Journal des Mines , n*^ ag^ p. 3^^ et sùiv.

(*^) Lamétherîe, Théorie de la Terre, a' édk. , t. 11^ jK 249.

DE MIKÉRALOGIE. 4/5

J'ai apçrçu très nettemeat la double image desobjet,s^ amnoyien d'im péridot cristallisé et intact, en regardant à travers une des faces obliques d(fig. 1 3o), et le pan opposé à M, J'ai f;^it tailler un autre cristal en forme de prisijie, dont l'angle réfringent ^vait

une face dans le sens du pan M, et ime autre qui correspondait à d, avec luie inclinaison difierente. Cet angle, qui n'est que d'environ 14^5 double sensiblement l'image d'une ligne à environ 22 centimètres ou 8 pouces de distaiicç.

La couleur du péridot est lé vert plus ou moins mélangé de jaunie.. I^es m^rçç^wxd)^ cçttQ pj^rre^qui pnjt ét^ taillé§ , ont Q|4ii^d^^^t ^ne tran^p^rmc^ pure^ et Wr.^çl^t.çst assez vifjmaiscç if^ii^étiil^^l^ défaut d'4tp tendfç , cç qui le rend susceptible. de

perdM.façileiïjLeutspnpQli, , ^ ■ , On Va quelquefois. Q(}ofo^du avec la çyi^fiqphajaiç, qi^j. e^ inçc)pî|)pablemeAt gljis dure. Un autirç,»q^j?VÇr tère ^fjpi.lç <UstiûgUjÇ de.^tçiiit^ les autres pierrç? gaipis^^i^^t^la foroç dç, sft réfijap^tipp., 11 faut ÇfXjÇefH tjçr l€| ;çif^çon , qiji ese^<[|!^il][eur^ d'une coule^ .toute ' différente. ::>..,

Cette jÇicrre > à rai^, d^ .sqa p W de dMreté,> u'est pas fort recherchée par Içs fimateiirs. d^ bijou^. L'auteur du Mercure indien (*) dit que ceux qui font le commerce des pierres ont peine à.se défaire de cellerci.

(*) Deuxième partie ; 1. 1, ch. i5.

y> ridots en a trop. y> Cela peut être vrai par rapport aux péridots taillés ; mais les naturalistes n'appliqtieront pas cet adage aux péridots cristallisés , car c'est une des substances qu'il est le plus difficile de se procurer sous des formes régulières.

QUATRIÈME ESPÈCE

COKDRODITÇ..

Caractères géométriques. Forme primitive t prisme rectangulaire oblique ( fig. 'i36, pi. 7* ), dont la base P naît sur une arête C horizontâte. L'incidence

de cette base sur le pan M est de 112*^ \^%J^^ sur le pan opposé de 67^48'- Les dîvisionis qui dorliiënt tes joints naturels ont lieu' avec asses^ de liCltëté, surtout celle qui est dans le àens de la base. On 'aperçoit dans les fractures d'autres joints parallèles^âtix dfargimalès de la côûpë trahàvèifeàle. Les pànS' T som inclinés sûr chacun de" cèfe''' derniers'' jcjirits dé

Caractères physiques. Pesant, spécîf., 3'yr4'. ^ Z?^^r^/^. Rayant légèrementlê verre. ' '''' *

"(*) SI l'on représente la dimensîon en hauteur du prisme par rânité, Tarète horhohulc dé' là Wè'Wà pôui» expiée»-

sion V't^^ «t le second côté de la coupe transrçrsale

aéra \/6.

CE MINÉRALOGIE. k^^

'Electricité. Les morceaux translucides , dont la surface est lisse, ëtant isolés et frottés , acquièrent Félectricité résineuse.

Magnétisme ^ Les morceaux bruns agissent sur l'aiguille dans l'expérience du double magnétisme.

Caractères chimiques. L'acide nitrique n'a sur elle aucune action. Exposée à la flamme du chalumeau 9 elle ne fond qu'avec une extrême difficulté. Elle commence par perdre en grande partie sa couleur; elle devient ensuite opaque, et finit par présenter quelques faibles indices de fusion sur les bord$ les plus tranchans du fragment qui a été mis en expérience. Le résultat de cette fusion est un émail d'un blanc jaunâtre.

VARIÉTÉS

Formes déterminables,

t ï . Condrodite quadrihexagonale, 'G'Tb (fîg. 1 87).

Des Etats-Unis.

Indéterminables.

Condrodite laminaire. Des environs de New- York.

Granuliforme. De Suècie.

Accidens de lumière.

Jaune.

478 ' TÔAiTÉ

Jaunâtre.' ' " ' *

Brun-noirâtre,

Translucide.

Opaque.

Annotations.

La ecHidrodite n'a enoore été observée que sous la forme de lamelles ou dé grains à texture lamelleuse^ disséminés dans une gangue calcaire. On la trouve en Finlande , dans la chaux carbonatée qui renferme Ift paigasite, et qu'accompagnent des lames de mica brunâtre; à Aker en Sudenhanie, dans uhe cbaux carbonatée laminaire;^ et aux Etats-Unis-, près de New - Jersey , dans la chaux carbonatée lameHaire avec le grapliite.

Les premiers morceaux de condrodite qui aient été apportés en France, valaient de cette dernière locaUté, où cette substance a été découverte, il y a quelques années , en petites masses arrondies et jaunâtres. On l'avait regardée comme une variété de titane silicéO'Calcaire , avec lequel elle a un certain rapport par son aspect (*). Ce rapprochement me parut d'abord d'autant plus probable , qu'une partie des morceaux dont j'ai parlé avaient été examinés par M. Bruce, professeur de Minéralogie à Nev?^- York; et ses connaissances en Chimie, dont il a

(*) Voyez le Traité de Minéralogie de Cleaveland , p. 578. Boston, ich6.

donné depuis une nouvelle preuve par l'analyse de la magnésie hydratée, me firent supposer qu'il en avait lui-même fait l'essai. J'avais placé dans ma collection les échantillons qui m'étaient destinés, avec d'autres dont je suis redevable à M. Vanuxem , jeune savant du même pays ; et je les avais tous étiquetés confor-^ mément à l'opinion que je viens de citer, sans m'occuper de leur détermination géométrique , à laquelle ils semblaient d'ailleurs d'autant moins se prêter, qu'ils n'offraient aucun indice de forme r^ulière.

M. Berzelius étant venu depuis en France, y apporta des morceaux de la même substance , trouvés en Finlande , et qu'il annonça comme appartenant à une nouvelle espèce, à laquelle on avait donné le nom de condrodite^ parce qu'elle ne s'était présentée que sous la forme de grains. On en avait même fait l'analyse , dont le résultat se rapprochait beaucoup de celui que donne le péridot ; mais ayant entrepris d'examiner la structure de ces morceaux , je trouvai que leur division mécaniquexonduisaît à un prisme rectangulaire à base oblique, ce qui les rendait incompatibles, dans une même espèce, avec le péridot, qui a pour forme primitive un prisme droit. De son côté , M. Berzelius , à l'aide du principe des proportions définies, parvint à déduire de l'analyse dont j'ai parlé une formule particulière pour représenter la condrodite; et dans son nouveau système mineralogique , il la considéra comme un siliciate à base de magnésie.

48o TRAITÉ

Quelque temps après, ce célèbre chimiste ayant tu dans ma collection les morceaux qui provenaient des Etats-Unis 9 crut y reconnaître les analogues de ceux qu'il avait apportés sous le nom de condrodite. Tandis qu'il s'assurait de cette identité par les procédés d'analyse, l'opération de la division mécanique me donnait pour les premiers le même prisme rectangulaire oblique que j'avais obtenu pour la substance de Finlande. Cet accord entre les résultats des deux déterminations confirme ce que j'ai plus d'une fois avancé : savoir que la Cristallographie et la Chimie ne renfeiment en elles-mêmes aucune cause de divergence , et que leur langage , pour être toujours uniforme , n'a besoin que d'être sagement interprété.

Je n'ai pu déterminer que d'uue manière approximative les dimensions et les angles du prisme , en partant des données suivantes : un fragment de cristal des Etats-Unis, dont j'ai donné plus haut la des- .cription, m'a offert un prisme hexaèdre, dont deux pans étaient primitifs, et les quatre autres parallèles aux joints situés en diagonale ; ces derniers résultaient évidemment d'un décroissement par une rangée sur les bords longitudinaux. L'incidence de ces quatre pans sur les deux pans primitifs, prise à l'aide du gonyomètre , m'a fait connaître le rapport des cotés de la coupe transversale du prisme. Quant à la dimension en hauteur, je l'ai déduite des deux autres, en supposant que ce prisme fût dans l'analogie des

prismes obliques rhomboïdaux , dans lesquels la droite qui va de l'extrémité supérieure d'une arête longitudinale à l'extrémité inférieure de l'arête opposée , est perpendiculaire sur l'une et sur l'autre arête.

Les mesures qui se déduisent d« ce^ données ont été vérifiées par M. de Monteiro, et lui ont paru aussi approchées que le permettaient la petitesse et les imperfections des morceaux qui m'ont servi à le» déterminer.

CINQUIÈME ESPÈCE

ÀSBESTË.

Caractères spécifiques.

Je n'ai pu jusqu'à présent caractériser l'asbeste que d'après son tissu filamenteux , joint à la propriété d'être réductible , par la trituration , en une poussière fibreuse ou pâteuse.

Ce caractère peut servir à distinguer l'asbeste de certaines variétés d'amphibole qui présentent aussi un tissu fibreux > mais dont les fibres çont roides et se sous-divisent par la pression en une multitude de jpal^celles ^ciculaires qui s'implantent dans les doigts, et se réduisent par la ^trituration en une poussière âpre au toucher. Les fibres de l'asbeste paraissent être des prismes rhomboïdaux.

Caractères physiques. Pesant, spécif de l'asbeste flexible, 0,9088. . . 2,3 184. . * ^i^lT^i de l'asbeste Ml\kr. t. II. 3i

^Su TRAITÉ

xlur, 2,9958 j de Fasbesle tressé, 0^806.-. 0,9983 (Brisson).

Dureté. Variable depuis la faculté de rayer le verre jusqu'à la mollesse du coton.

Imbibition, plus ou moins sensible, lorsqu'on le plonge dans J'eau.

Poussière obtenue par la trituration , douce au tou- .cher.

Caractères chimiques. Fusible au chalumeau en un verre noirâtre. A un feu violent, il se réduit en fritte cellulaire, qui corrode le creuset.

Analyse de Fasbeste flexible, par Chenevix (Brongniard. Traité de Min., t. I, p. 479) '•

Silice 59

Magnésie 25

Chaux 9

Alumine 3

Perte 4

Nous ignorons si Fasbeste n'est pas une variété fi-

lamenteuse de quelque autre substance déjà classée dans la méthode. M. Cordier a présumé que tous les asbestes appartenaient à Fampbibole. L'analyse précédente semble favoriser cette conjecture, par son analogie avec celle de Factinote qui a pour auteur M. Laugier.

Caractères distinctifs . V Entre Fasbeste flexible et diverses substances filamenteuses, telles que Falu-

mine sulfatée, dite alun de plume , le fer et le zinc sulfatés de la même fonne, etc. Ces dernières substances sont faciles à distinguer de l'asbeste par leur isaveur. 2* Entre l'asbéste dur et la' chaut sulfatée, dite gypse sojeux. Gelle-ci se calcine en un instant sur un charbon ardent, tandis que Fasbeste n'y éprouve point d'altération sensible. 3* Entre le même et les variétés aciculaires d'épidote et d'amphibole. La poussière de ces dernières substances est sèche et aride au toucher; celle de l'asbéste est douce et comme pâteuse.

VARIÉTÉS

1. Aû^e^lQ flexible, Amiant , W. C'était aussi l'a* miahte des anciens minéralogistes.

a. Filamenteux. En fîlamens déliés, plus ou mohis souples, libres ou faciles à séparer, élastiques, doux au toucher, et quelquefois séinblables à là plus belle soie.

b. Cotonneux. En fîlamens déliés comme ceux du coton.

c. Membraneux. Il se laisse effiler à peu près comme le linge. ' ' '

2. Asbeste dur. Gemeiner Asbest, W. Pilàmens roides et cassans. Cette variété passe à la précédente par une gi*adation de nuances. ' '

a. Fibreux- conjoint.

4o4 TRAITE

b. Fibreux-radié.

c. Fibreux contourné.

d. Subbacillaire, composé de baguettes ou de prismes ébauchés, réunis, parallèlement à leur Ion-gueur. Dans cette variété, l'asbeste prend de la dureté ^ «on, tissu devient plus serré et se rapproche à certains endroits du tissu lamelleux. L'aspect général de la structure et de la forme, annonce une tendance vers la cristallisation régulière.

e. Subcompacte.

3. Asbeste tressé. Bergkork, W. Schvrânmender Asbest , R. Liège fossile^ papier fossile des anciens 'minéralogistes. Composé de fibres tellement entrelacées les unes dans les autres, qu'elles forment un tissu continu.

a. Mou, cédant à la pression à peu près conune le liège. ,

é. Ligniforme. Bergholz^ W, présentant l'apparence d'un bois desséché.

c. Coriace , cuir fossile.

Acci4ens de lumière^

Blanc sojeux.

Jaunâtre,

Kerdâtre, .

Brunâtre^

Relations géologiques,

L'asbeste n'entre dans la formation d'aucune dei roches qui composent les terrains primitifs. C'est une substance parasite qui est venue après coup se loger dans les cavités et les fissures de diflPérentes roches. Souvent il tapisse les parois de ces fissures ; il se mêle avec les cristaux qui s'y sont formés en même temps que lui; il les pénètre dans" toutes sortes de directions ; quelquefois il adhère à la surface des roches qu'il revêt de ses filamens.

Celles dans lesquelles on le trouve le plus communément sont le talc stéatite et la serpentine. En voici quelques exemples tirés de ma collection :

Dans un échantillon qui vient de Nerburiport aux Etats-Unis, le talc stéatite (serpentine noble) est traversé par une veine 4'asbeste en filamens nacrés ,. dont les directions sont perpendiculaires aux faces de la fissure dans laquelle cet asbeste s'est formé.

Dans un autre qui vient de l'Oural, l'asbestè cotonneux affecte la même disposition à l'égard de la stéatitô dont les fissures lui ont servi comme de réceptacle. ' Dans un troisième du département de l'Isère , la couche d'asbeste s'interpose dans la chaux carbonatée laminaire, où l'on voit aussi des aiguilles d'épidote; Enfin dans un quatrième, trouvé au petit Sàint^ Bernard, l'asbestè radié forme des espèces de nœuds

480 TRAIïi

dans les cavités d'une serpentine mêlée de chaux carbonatce.

Il y a des serpentines ou stéatites qui , en prenant un tissu fibreux, semblent passer à l'asbeste, ce qui a fait croire à quelques naturalistes que Fasbeste n'était autre chose qu'une serpentine filamenteuse^ mais ce fait est loin d'être prouvé.

Le plus bel amiante que l'on connaisse vient des montagnes de la Tarentaise en Savoie, où il forme des^ filamens soyeux de plus de 3 décimètres ou environ un pied de longueur. On en trouve également au Brésil, et surtout dans l'île de Corse, où l'asbeste est en général très abondant.

Annotations.

L'asbeste est une des substances naturelles sur lesquelles les. anciens aient débijbé le plus de £ables. U suffisait alors qu'une production eût quelque chose d'un peu singulier j séduit par l'amour du merveilleux , on enchérissait par l'imagination sur ce qu'on voyait, et un simple fait d'Histoire naturelle devenait le sujet d'un roman. L'asbeste, comme pierre, est incombustible; comme matière filamenteuse, il a de la ressemblance avec le Un , la soie et d'autres substances semblables qui cèdent facilement à la combustion : voilà tout le fondement des merveilles qu'on a prêtées à l'asbeste. On le regardait comme une espèce

DE MINERALOGIE. ^ 487

de lin incombustible produit par une plante des Indes ; et Pline, qui est ingénieux à aider par des traits d'esprit la crédulité de son lecteur, ajoute que l'asbeste , né dans un climat desséché par le soleil, et que, les pluies n'airosent jamais, s'accoutume à vivre au milieu des ardeurs du feu : assueacit vipère ardendo.

On s'était même imaginé qu'un jour quelque chimiste parviendrait à extraire une huile de l'amiante, et que cette huile, jointe aux 61amens duprétendu lin incombustible, et inaltérable comme lui, fournirait un moyen pout faire des lampes perpétuelles.

Toutes ces belles découvertes se réduisent à faire^ avec de l'amiante de petites mèches que quelques personnes substituent aux mèches dé coton dans les lampes que l'on appelle veilleuses.

Les anciens filaient Fasbeste, et en faisaient des nappes, des serviettes, des coiffes, que l'on jetait au feu quand elles étaient sales , et qui en sortaient plu^ blanches que si on les eût lavées. Mais ce que l'on raconte de ces sortes d'ouvrages, semble supposer que les anciens avaient un procédé plus par&it pourtravailler en amiante que celui qui a été mis en usage dans les temps modernes : car on n'a pu parvenir i filer l'asbeste qu'en lui unissant des fils de lin ou de chanvre. Quand l'ouvrage était terminé, on le jetait au feu, qui consumait le Hn ou le chanvre^ mais ijl. n^en résultait qu'une espèce de canevas d'un tissu lâche et grossier, qui laissait apercevoir qu'on avait

MH TRAITÉ

force la pierre de prendre la forme d'une toile. M. Macquart avait rapporté de son voyage en Sibérie de la toile d'amiante qui soutenait un peu mieux la cornparaison avec la toile ordinaire.

Une dame italienne paraît avoir retrouvé de nos jours le secret des anciens. Elle est parvenue à filer l'amiante sans la mêler au chanvre. Elle a fait avec le fil d'amiante des toiles plus fines que celles qu'on avait obtenues jusqu'alors; et enfin, ce qui est son chef-d'œuvre, elle a fait de la dentelle qui approche de celle dont le fil ordinaire fournit la matière. Les tentatives faites anciennement pour imiter, avec l'asbeste, le papier à écrire, avaient eu plus de succès. On a réussi de même en Italie , à une époque assez récente. On a imprimé sur du papier d'amiante des pièces relatives à l'instruction publique , en substituant le manganèse à la matière de l'encre usitée dans l'imprimerie, pour rendre les caractères plus durables et moins susceptibles de s'efiacer dans le cas où le papier se trouverait exposé à l'action du feu.

Dolomieu rapporte que l'on tire en Corse un parti très avantageux de l'asbeste^ pour la fabrication de la poterie. On empâte cette substance avec l'argile , et on tourne le mélange à la manière ordinaire. Les vases qui en résultent en sont plus légers, moins cassans, et plus capables de résister à l'alternative subite du froid et du chaud.'

DE MINEBALOGIE. 489

SIXIÈME ESPÈCE

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