Concrétionné ghbiforme
APPENDICE
iSuccin inseciifèrè. Renfermant des insectes parfaitement conservés.
Accidens de lumière.
Succin jaune foncé.
Jaune pâle.
Blanchutre. *
Grisâtre,
BleU'Verdâtre par réflexion et jaune patréfrabtion.
Annotations.
Le succin abonde dans la Prusse orientale , sur les côtes de la mer Balti(|ue , où il accompagne des cailloux roulés et différentes substances, surtout du bois fossile. On l'y extrait pour le compte du gouTernement; mais ils!en détache des portions , qui sont entraînées par les vagues , et les babitans du pays profitent de la marée montante, pour le pé-* cher avec de petite filets. On trouve aussi du succin en Allemagne, en France du côté d'Aix, où il est engagé dans l'argile ; prés Saint-Paulet, département du Gard , sous la forme de rognons auxquels une houille brune sert d'enveloppe; éiî Espagne près de Coboalles, province des Asturies, où il forme de petites masses incrustées dans la bouille; enfin on a découvert dans le Groenland , du succin granuliforme disséminé dans une houille brune schistoide. M. Brard 0n a trouvé de semblable dans le même lieu oftîl^ observé celui que je viens de citer.
Le sucoin est encore une des substances naturelles sur lesquelles les anciens aient débité le plus de récits romanesques et fabuleux. Suivant les poètes , après que Phaéton , en punition de la témé* rite qu'il avait eue de vouloir conduire le char du Soleil son père, eut été précipité dans le Pô par la foudre de Jupiter, ses sœurs le pleurèrent, et les larmes précieuses de la douleur étant tombées dans les eaux sans s'y mêler, se consolidèrent eu
conservant leur transparence , et de là naquit Pambre ou le succin , auquel les anciens attachaient un si haut prixv
L'opinion la plus généralement répandue parmi les modernes, est que le succin provient du suc d'un arbre résineux qui y ayant ^é enfoui dans la. terre par l'effet de quelque bouleversement, s'est imprégné de vapeurs minérales et salines, et a pris,^ avec le temps, de la consistance
Les anciens philosophes ont donné aussi leur ro* man sur le succin; ils avaient remarqué la pro-* priété qu'a cette substance d'attirer des corps légers lorsqu'on l'avait frottée , et Thaïes était si firappé de cette propriété , qu'il s'imaginait que le succin avait une âme» Pline parait entrer dans cette idée , lorsqu'il dit que le succin est animé par la chaleur, ficceptâ caloris anima ,' il confondait l'effet du frottement, qui rend le succin électrique, avec celui de la chaleur excitée par le même frottement , . et qui parait n'être ici qu'un effet accessoire. On a trouvé depuis la même propriété dans une multitude d'autres corps, ce qui a produit une des plus belles branches de la Physique, à laquelle on a donné, le nom ^^électricité , emprunté du mot electrum , par lequel les anciens désignaient le succin. Les Arabes l'appellent karabès , qui signifie tire-paille.
Un morceau de succin va donc été la première machine éleclrique; mais les physiciens d'alors étaient bien éloignés de prévoir jusqu'où iraient
les recherches de leurs successeurs , sur cette branche de nos connaissances ; et lorsque l'on compare les effets d'un petit bâton de succin attirant une paille, à ceux d'une puissante machine électrique , dans la détonation d'une grande batterie, on a lui exemple d'une des plus grandes distances qu'ait franchie le génie de l'homme , par ses découvertes dans les sciences.
On remarque quelquefois, dans l'intérieur du succin , des insectes très bien conservés et très reconnaissables, qui prouvent que ce minéral a été originairement liquide. Mais on a prétendu qu'ail y avait aussi des gens qui possédaient l'art de ramollir le succin , sans lui faire perdre sa transparence , de manière à pouvoir y introduire des insectes, sans les déformer.
On peut employer le moyen suivant, pour distinguer la gomme copal, du succin , auquel elle res-* semble quelquefois parfaitement à l'extérieur. Si, après avoir fait chauffer la pointe d'un couteau , on l'enfonce dans un fragment de succin jusqu^à ce qu'il y ait adhérence , et qu'ensuite on allume ce fragment, on observe qu'il produit une flanune mamelonnée et bruissante , et que de plus il brûle jusqu'à la fin sans couler. La gomme copal, dans le même cas, brûle en tombant par gouttes. Si le fragment du succin vient à se détacher avant que la combustion soit achevée, on .le voit courir en bondissant sur le plan ou il est tombé»
Le suodin entre dans la eomposition de différons vernis, et eu particulier de celui qu'on appelle ver* nis anglais , et que l'on applique sur les machines de physique, pour leur conserver leur lustre et leur poli.
On travaille le succin , soit en Ip taillant à la manière des pierres , soit en le mettant sur le tour, pour en faire des vases, des pommes de canne et autres objets d'utilité et d'agrânent.