VI. BREISLACKITK
C'est une substance capillaire que l'on trouve dans un dolérite avec mica et ampbibole , rejeté par les éruptions du Yésuve de 1794* On ne connaît point encore ses caractères. On lui a donné le nom du célèbre géologue Breislak , l'un des savans qui ait soutenu avec le plus d'habileté l'hypothèse de la fluidité primitive du globe par le moyen du feu (*).
VIL EUDIALTTE.
L'eudialyte est une substance lamelleuse d'un violet-rougeâtre, qui accompagne la sodalite du Groenland. Elle a, comme cette dernière, pour forme primitive, le dodécaèdre rhomboïdal. Sa pesanteur spécifique est de 2,9. Elle raie la chaux phosphatée. La couleur de sa poussière est d'un blancrougeâtre. Elle se rapproche encore de la sodalite par sa composition , en sorte qu'elle pourrait bien n'en être qu'une simple variété. A la vérité, son analyse a donné une certaine quantité de zircon ,
(*) Voyez les InstilutioHS géologiques de Scipîon Breislak. Cet important ouvrage a été traduit en français par M. Camp* mas y 3 volumes avec un atlas de ^^ planches. Milan ^ iSi^'.
qui n'existe pas dans la sodalite ; mais M. deMoDteiro^' dont la sagacité ne laisse riai échapper, a découvert le zircon à côté de l'eudialyte. Cette obsenrafâon importante peut servir à expliquer la diversité de composition dont il s'agit; car le zircon et l'eudialyte ayant cristallisé ensemble, il est possible que celle-ci ait dérobé à l'autre quelques molécules de zircon, que l'on doit regarder alors comme accidentelles. Ainsi il est probable que l'eudialyte n'est qu'une sodalite zirconifère.
Analyse de l'eudialyte de ELangerdluarsiik , par Stromeyer.
Silice 53,4783
Zircon 10,8968
Chaux 1O9I407
Soude i3,g248
Oxide de fer 6,8563
Oxide de manganèse • • ^^Si'jA'J
Acide muriatique i,o343
Eau et perte 1,8010
VIIL FELDSPATH APYRE.
(andalousite.) (Andalusitj W. ^^K. Stanzaitj Flurl. Micaphylit^Bxusjuaer.)
Ce minéral y divisé mécaniquement, présente trois joints naturels qui paraissent avoir les marnes po-
sitions respectives (}ue ceux qu'on observe dans le felds|>àlh. Sa pesanteur spécifique est d'environ 3. Il raie ordinairement lé quarz ; cepetidant cdui de lisens en Tyrol se laisse entâ^mer par une lame d'acier , ce qui paraît prov^ir <iu mélange d'une matière talqueuse d(mt U est accompagné. Ses» couleurs ordinaires sont le rouge violet et le blanc-grisâtre. Il est fusible par l'action du chalumeau.
Analyse du feld^ath apyre d'Espagne , par Yauquelin :
Alumine 5:»
Silice 3:1
Potasse., w 8
Oj(ide de fer. ........ 2
J'ai observé des variétés de forme qui ont de l'analogie avee celles de feldspath que je nomme unitaire et déciduodëcimal.
Le feldspath apyre a été découvert il y a très long-temps, par M. le comte de Bournon, dans , les granités de l'ancien Forez. On en a trouvé de puis en Espagne dans le royaume de Castille , en France près de la ville d'Aix , en Bavière dans la montagne de Stanza , et plus récemment à Lisens en Tyrol.
J'avais assigné, relativement à ce minéral , deux termes de comparaison, le feldspath ordinaire et le corindon. Mais l'observation des cristaux du Tyrol exclut entièrement le corindon ; deux de leurs
joints naturels font entre eux un angle qui est très sensiblement de 90^, et non pas de g3^ 22', conune dans le corindon , et le troisième joint est incline sur un des précédens de i3o^ environ, ce qui ofiGre une nouvelle divergence avec le corindon , et un nouveaii rapport avec le feldspath.
Voyons maintenant quelles sont les raisons que l'on peut opposer au rapprochement iQdiqué par la division mécanique et par la similitude des formes y . entre ce minéral et le feldspath. D'abord son excès de dureté et de pesant, spécif.; mais le feldspath qui renferme le zircon de Norwége raie assez fortement le quarz , et quoique je ne Paie pas pesé , on juge y en le balançant dans la main , qu'il doit avoir plus de densité que le feldspath ordinaire. D'ailleurs le jade de Saussure , qui est maintenant associé au feldspath par yne grande partie des naturalistes ^ et que j'ai nommé feldspath tenace, est aussi plu§ dur et plus pesant que le feldspatli ordinaire.
On objectera encore Ja résistance que le minéral dont il s'agit ici oppose à la fusion. Mais parmi les variétés du feldspath ordinaire, il y en a qui sont beaucoup plus difficiles à fondre que les autres.
Une objection plus spécieuse est celle qui se tire de l'association de ce minéral avec le feldspath ordinaire, dans un même granité. Mais la chaux fluatée se -trouve quelquefois à côté d'elle-même dans deux états difFérens , en sorte que l'on croirait voir fJeux îsubstances distinctes, l'une verte, l'autre vic^
D£ Mir^ÉRALOGIE. 489
lette, unies par juita-position. Et sans quitter le feldspath , on trouve à Baveno ce même minéral en cristaux opaques d'un rouge de chair, et en cristaujL blanchâtres translucides, qui semblent être faits d'une autre pâte et composent un même groupe avec les premiers. A la vérité, les exemples de ce genre sont rares, au lieu que le feldspath apyre parsdt être inséparable du feldspath ordinaire. Mais je demanderai d'où vient cette sorte de prédilection, et pourquoi jusqu'ici les deux substances se sont presque toujours rencontrées ensemble.
Si l'on consulte les analyses du feldspath apyre , on trouvera que sa composition ne diSere du feld-^ spath ordinaire que par un excès d'alumine. D'après le calcul que j'en ai fait dans mon Tablead com-* paratif, si vous supprimez' cet excès, le rapport des autres principes est à très peu près le même de part et d'autre.
Si les analogies que je fais remarquer entre le feldspath apyre et le feldspath ordinaire se trouvent confirmées dans la suite par de nouvelles observa* tions susceptibles de tftmpléter la détermination de ses formes, il conviendra de le placer, par appendice, à la suite du feldspath ordinaire, sous le nom de feldspath aluminifère^ mais ce rapprochement n'est fondé jusqu'ici que sur une pré^ ^omption,