IX. FELDSPATH BLEU
(Variété dn Diehter feldspath, yf. Spliffrigerlazulitj IL.)
Ce minéral, soumis à la ditisiôH tnécàilique , présente, deux joints perp^diculaires ^Ire eux,' dânt l'uneslplusnet et pluslacileà apercevoir qfael'aiitre^ tùsià cette différence pûurrdlt ti'étre q^'^acddaitèHe^ ainsi quejele dirai Uentôt. On entrevoit quèlqu^iûs un troisième joint , beaucoup plus faible , tt qui £Ht des angles obtus avec les plrécëdens. Pes. spécif. ,3. Les fragmens aigus raient le vetré, et les masses étincellent par le choc du briquet. La couleur est le Ueu dair. On en connaît deux variétés , le feldspadi bleu ibxniuaîr^^ et le feldspatb h\e\x compacte.
On trouve ce minéral près de Rrieglacb , en Stirie, où il est associé au quarz blanc et à une autre substance que Ton a prise pour du mica ^ 'mais qui a plu^ tôt les caractères du talc.
J'avais placé ce minéral, dans mon Traité, parmi les variétés du feldspath, en témcngnant toutefi^ mè^ doutes sur la jti£fte8S6f de ce rapptOChemrat. L- examen des morceaux qui le présentent à l'état laminaire, avec deux ycÂnts naturels perpendiculaii^ entre eux, comme dans^leieldspath , ^dcàiblerait d'abord offrir une raison d'effacer le point de doute; mais dans le feldspath les deux joints dont il s'agit ont un égal degré d'éclat , ce qui indique que les facettes auxquelles ils correspondent sur la molécule
0Ont égales ea Rendue* Au contraire, la diffifr^ioe très sensible que présentent les joints analogues sur le feldspath bleu , relativement à leur éclat, paraît indiquer une différence d'étendue entre les faces de la molécule auxquelles ces joints sont parallèles; et cette observation, si elle était constante, fournirait ime raison décisive pour séparer du feldspath le mi-* néral qui nous occupe.
Mais ce qui m'arrête, c'est la comparaison que j'ai fJEiite des analyses du feldspath bleu et du feldspath ordinaire. Je vais en citer les résultais :
Feldspath ordinaire. Feldspath blea.
SiUce 64 i4
Alumine.. •• !2o •• 71
Chaux. 2 ••••••.• 3
Potasse 14 o^sS
Magnésie • 5
Eau 5.
Dans l'hypothèse même où les observaticAis faites sur la structure des deux minéraux s'aOCorderaient parfaitement ^ je ne pourrais me résoudre à né camp*n ter pour rien la diff&^nce , pour ainsi dire énorme , que présentent les analyses. Encore si cette différence portait uniquement sur la siUce, on pourrait ^re que comme le feldspath'bléu est voisin du quarz, il lui aurait dérobé des ^molécdies siliceuses, auxquelles on pourrait attribuer cette grande quantité de silice qu'auraitdonnée l'analyse 3 mais c'est au contraire le
feldspath bleu qui renferme le moins de silice y et cela dans le rapport de i4 ^ 64 ^ tandis qu'il contient une plus grande quantité d'alumine , dans le rapport de 71 à 20. Je craindrais que, si je franchissais le pas malgré une diversité si frappante , on ne m'accusât d'avoir manqué ouvertement à la Chimiey et que ce défaut de respect pour elle, dans un cas particulier, ne fût cité comme une preuve du peu de fond qu'il y avait à faire en général sur toutes les conséquences que j'avais déduites du peu d'accord qui existait entre ses résultats et ceux de la géométrie des cristaux.
Je ne puis me défendre du désir que l'analyse du feldspath bleu soit recommencée. Cette opération a plus d'une fois gagné à être répétée. Peut-être la substance dont il s'agit ici en fournirait-elle une nouvelle preuve.
On trouve dans plusieurs collections des morceaux taillés de la roche qui contient ce minéral , et qui méritent de figurer parmi les matières que l'on travaille comme objets d'ornemens ; mais quoique la couleur bleue , qui tranche sur la blancheur du quarz, soit d'un ton assez agréable, cette roche mise à côté du verde di corsica perdrait beaucoup à la com^
paraison.
X FIBROUTE.
De Bournon^ Transactions philos.^ 1802.
Ce minéral , dont nous devons la connaissance à M. le comte de Bournon, est composé de fibres dé^
DE MIN£RàLOGI£. 498
liées, très serrées entxe elles , d'une couleur blanche ou grise. Selon le même savant, sa pes. spéc. est de 3,2 14? et au moins égale à celle du quarz. J'ai trouvé que, quand on l'avait isolé, il acquérait, à l'aide du frottement , une forte électricité résineuse.
M. de Bournon a observé ce minéral parmi les sub« stances qui composent la gangue du corindon du Carnate et de celui de la Chine. 11 le regarde comme une espèce à part , d'après le résultat de deux analyses faites par M. Chenevix et d'après les indications de ses caractères minéralogiques. M. de Bournon n'a observé qu'une seule fois cette substance sous une forme déterminable, qui était celle d'un prisme rhomboïdal d'environ 120^ et 60**.
Analyse de la variété du Carnate , par Chenevix ( Journal des Mines, ri* 80 , p. 87) :
Silice •• 38
Altunine 58,25
Fer et perte ......... 3,75
ta
De la variété de la Chincf, par le même (ibid. y p. 95) :
Silice 33
Alumine. 4^
Fer i3
Perte 8
lOOr
XL GABRONITE,
(Schumacher. )
Ce minéral raie le verre et étincelle difficilement par le choc du briquet. Son aspect est compacte et sa cassure souvent écailleuse. Sa couleur est grise avec différentes teintes de bleuâtre ou de rougeâtre. U se fond avec difficulté par l'action du cha • lumeaa en un globule blanc et opaque.
Le gabronite se trouve en deux endroits de la Norw^e ; à Kenl%, près d'Arendal^ où il est accoBt« pagné d'amphibole ; et à Friderischwern , en Nor«wége y où il est engagé dans une siémte et accompagné de fer oligiste. On voit aussi dans son intérieur des lames éclatantes que j'ai reconnues pour être de la chaux carbona tée .
Voici encore im minéral qui a du rapport avec le feldspath compacte; il a même été déjà réuni à cette dernière espèce par d'habiles minéralogistes, qui en ont fait une sous*variété du feldspath compacte tenace. Lies petites masses sublaminaires d'un rouge de chair qui sont empâtées dans son intérieur, paraissent appartenir décidément au feldspath. Mais, puisqu'il est dans un terrain qui renferme le feldspath à l'état de cristallisation, cet serait aux minéralogistes qui observeront ce terrain, à examiner avec attention toutes les relations de position qui pourraient indiquer des passages
entre l'une et Fautre substance ^ ce qui offrirait en même temps une preuve de leur identité.