XIII. JADE
{Nephit^ heihtein j W.)
Oh Contiàît deux variétés de ce minéral , dont l'une est le jade néphrétique, vulgairement jade oriental. Gemeiner Néphrit. W.
La pesanteur spécifique de celui-ci est d'environ 3. îl raie le verre et étincelle par le choc du briquets Sa Casstu*e est écàilleuse, et sa transparence imite clelte de la cire. 11 est fusible par le chalumeau. Ses fcotiieurs sont le verdâtre , l'olivâtre et le blanchâtre. Il est quelquefois tacheté. On le travaille difficile^ ment, et le poli qu'il reçoit , lors même qu'il est vif, â toujours quelque chose de gras.
L'autre variété est le jade ascieri, Beilstein , W- , Vulgairement pierre de hache , Punama Nephrit. R. Ce jade est très dur; sa cassure est écailleuse ; sa couleur est ïe vert foncé ou le vert-olivâtre j il est susceptible d'un beau poli.
!Le jade néphrétique, suivant Wàllerîus et d'autres
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minéralogistes, se trouve en Chine, dans l'Inde, et en Amérique , sur lés bords de la rivière des Aaia<» EOites , d'où lui est venu le nom de piètre ckê Ama* lum&Sj qui a été donné aussi à un feldspa^ vert ; mais on ne connaît pas bien sa situation géologique ^ non plus que les substances qui Faccompagnent, ou iui servœt de gangue. Le jade ascien eiciste à Tavai^ Punama, fle méridionale de la Nouvelle-Zélande. On n'a mn non plus de certain sur sa manière d'être dans la nature.
Je réunis ici ces deux substances, non pa& que je croie pouvcnr garantir qu'elles sont dé la m^e es^ pèce , miais parce que l'état actuel de nos connais*^ tances ne permettant pas d'en fSedre une comparaiâon exacte, ni de rien décider sur leur classification ^ je n'avais pas d'autre parti à pr^idre que de les laisser l'une à côté de l'autre, ainsi que l'ont fait la plupart des minéralc^tes étrangers.
Le jade néphrétique a été regardé successivement comme une serpentine dure et C(Hnme une variété «du jaspe. Dolonneul'associaît au pétpo-silex d'ancienne origine, qui est devenu depuis une sous>-variété 4u feldspath compacte. Ce rapprochement est Smàé principalement sur la fnropriété qu'a le jade dé se fondre en émail blanc par l'action du chalumeau. Mais ce caractère ne suffit pas pour motiver la réu<* nion des substances qui le partagent.
Les morceaux de jade néphrétique travaâlés par la main de FArt , que i'«0n voit dans différenties col-
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lections, n'ont reçu qu'un poli imparfait. On croirait qu'ils ont été simplement unis et frottés d'huile. J'ai cru pendant long-temps , sur la foi dé plusieurs auteurs, que l'on ne pouvait parvenir i donner au jade un poli parfait. Mais M. Belloni m'a détrompé; j'ai un morceau de jade qui, entre les mains de sesouvriers, a reçu un poli très vif. A la vérité, ce poli a encore quelque chose de gras ; mais je ne m'attendais pas qu'on pût lui donner ce d^ré de vivacité.
A l'égard de la pierre de hache ( Beilslein ) , elle a emprunté son nom de la forme sous laquelle oh la trouvait dans des pays habités par les sauvages^ qui l'avaient ainsi façonnée, pour l'employer aux mêmes usages que nos haches et nos coins. On lui a donné •aussi le nom de pierre de la circoncision^ et on la débite quelquefois sous celui de casse-tête.
On rencontre aussi de ces pierres dans nos pays ; j'en possède plusieurs qui ont été trouvées par M. le professeur Desmanéches , dans le département du Puy-de-Dôme, à la montagne du Corrènt, près les martres de Veyre.
Je reviens un instant au jade néphrétique. Ce qui a surtout contribué à donner une grande célébrité à cette pierre, c'est la vertu qu'on lui a prêtée de guérir la colique néphrétique et d'atténuer la pierre des reins , lorsqu'on la portait attachée au cou , ou à quelque autre partie du corps. Qn la nommait dans ce cas pierre néphrétique ou pierre diuine* De là
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sont venues toutes ces amulettes de différentes formes que l'on perçait d'un ou de deux trous , pour y passer yn ruban qui servait à suspendre la pierre. Rien n'est si singulier que la confiance avec laquelle Boëce de Boot, qui était cependant un homme instruit, rapporte les prétendues merveilles opérées par une amulette de jade, chez des gens qui avaient la pierre dans les reins.
Il en cite un entre autres qui , toutes les fois qu'il se sentait tourmenté de ce mal, s'attachait au bras une amulette de j[ade. Aussitôt^ il rendait une si grande quantité de gravier, que, dans la crainte que cette évacuation ne lui devînt nuisible par son abondance même, il quittait l'amulette, et cessait à l'instant de rendre du gravier , jusqu'à ce qu'une nouvelle attaque vînt l'avertir de recourir au jade. Le remède était si bon, qu'il opérait plus que le malade ne le voulait.
Le jade , la géode ferrugineuse nommée œtiie on pierre d^ aigle, et l'aimant, sont les trois minéraux qui aient été le plus employés sous la forme (VamulelteSy commte moyens curalifs, et souvent aussi comme simples préservatifs; et c'était dans ce dernier cas seulement que l'àmutette pouvait être bonne à quelque chose, en tranquillisant l'imagination de celui qui la portait, et en le guérissant d^une maladie fort incommode, qui est la jpeur.
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