‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas]Chapitre 34 sur 158 · CINQUIÈME GENRE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME GENRE

ETAm.

(^ZinThj W.)

Caractères de Vétain pur, tel qu^on t obtient par les procédés métallurgiques.

Caract phys. Pesant, spécif., 7,2963. Moindre que celle des autres métaux ductiles.

Dureté. Supérieure seulement à celle du plomb.

Ductilité. Id.

Ténacité. Id.

Eclat. Id.

Fusibilité. Le plus fusible des métaux ductiles.

Electricité. Résineuse.

Couleur. Tirant sur celle de l'argent, mais plus sombre.

Son. Plié en différens sens, il fait entendre un petit craquement , que l'on a nommé le cri de Vértain.

Annotations.

L'étain fondu est susceptible de prendre des formes cristallines par le refroidissement. J'en ai dans ma collection deux variétés, obtenues par M. Payssé : l'une est en parallélépipèdes rectangulaires , semblables à des cubes allongés, et l'autre en aiguilles croisées.

lO*.

i48 TRAITÉ

Plusieurs auteurs , et en particulier Rome de Flsle, ont admis l'existence de Fétain natif, d'après des échantillons de ce métal , que l'on disait avoir été trouvés dans les mines du Cornouailles, en Angleterre, et qui présentaient toïis les caractères de l'étain ordinaire.

On crut aussi, il y à un certain nombre d'années, avoir découvert de Fétain natif en France, près de la commune des Pieux , département de la Manche. Il y adhérait à du muriate d'étain; mais M. Schrciber, inspecteur des mines, ayant examiné les lieux avec beaucoup d'attention , a pensé que l'étain ne se tjrouvait là qu'accidentellement, ce qui a donné lieu à diverses conjectures, sur la cause qui pouvait l'y avoir transporté.

M. Kirwan prétend prouver à priori l'existence de l'étain natif; il se fonde sur ce que les anciens connaissaient l'étain et en faisaient usage, ce qui supposait qu'ils en avaient trouvé de natif dapa le sein de la terre; car, ajoute-t-il, ils n'étaient pas assez habiles en métallurgie pour réduire l'étain oxidé. Mais on pourrait répondre que les anciens connaissaient le travail du fer , qui , pour être dégagé de son oxigène et amené à l'état de fer maUéable exige bien autant d'habileté que l'oxide d'étain.

Werner, Reuss,;Karsten, Emmerhng, et les autre» minéralogistes étrangers , auteurs des méthodes les plus» récentes , n'y ont point introduit Fétain natif comme espèce particulière , et je pense avec eux que

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BOUS n'avons jusqu'ici aucune raison d'admettre cette substance métallique comme produit immédiat de la nature.

L'étain, quoiqu'il tienne un des derniers rangs parmi les métaux, rdativement à l'éclat et k la dureté , ne laisse pas d'être précieux pai: la diversité des usages auxquels il se prête. Sa surface n'est point tx)nodée comme «elle du cuivre et du fer, par le contact d'un air humide ; seulement elle se ternit et fie €ouvre d'tme légère pellicule d'oxide, qui n'a rien de dangereux , et qu'il est facile de faire disparaître à l'aide du frottement. Àus^ l'étain est-il employé à la fiibrication d'une multitude de vases pour l'usage domestique , qui exigent seulement des précautions pour les garantir du choc des corps durs, parce que lisur mollesse les expose à se bossuer et k perdre aisément leur forme.

L'étain allié au cuivte dans le Happort à peu près de I à 4) fi>rme le brons% ou l'airain des modernes ; on y ajoute quelquefois d'autres substances métalliques et en particulier du zinc. C'est la matière ordinaire des cloches, des canons, des statues et des médailles.

M. Tillet, de l'Académie des Sciences, remarque que quand l'alliage d'étain et de cuivre est fait dans les proportions que je viens d'indiquer, la couleur du cuivre cAt entièrement masquée par celle de l'étam y quoique la quantité de ce dernier métal ne soit que le quart de celle de l'autre , ce qui 'ofire une

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nouvelle preuve en faveur de l'opinion de Newton j qui pense que les molécules des métaux blancs ont leurs surfaces, beaucoup plus étendues que celles des métaux jaunes.

On emploie l'étain conjointement avec le plomb, pour la soudure et Fétamage ordinaire. Dans cçtte opération , Faction de la chaleur oxide toujours un certain nombre de particules d'étain et de plomb , et si elles restaient dans cet état^ elles s'opposeraient à l'adhérence de la soudure avec la pièce sur laquelle on travaille, parce que chaque particule d'oxide est déjà un groupe de molécules intégrantes , et que l'affinité n'agit sur ces molécules que quand elles sont libres. Pour parer à cet inconvénient , on saupoudre de matières grasses ou résineuses la surface des pièces sur lesquelles on applique la soudure, et ces matières, en brillant aux dépens des particules oxidées , leur enlèvent leur oxigène , et les ramènent à l'état de fluidité où elles donnent prise à l'affinité qui produit la cohésion.

Le fer-blanc n'est autre chose qu'un fer que l'on a étamé àur ses deux faces , en le plongeant dans de l'étain fondu , avec la même précaution , pour opérer la réduction des molécules oxidées.

L'étain est susceptible d'être réduit en feuilles très minces, et c'est dans cet état qu'on s'en sert pour l'étamage des glaces , en l'amalgamant avec le mercure. On donne improprement aux glaces étamées le nom de miroirs de glaces. Ce sont de véri-

DE MINÉRALOGIE. i5i

tables miroirs métalliques recouverts d'une glace, qui les rend inaccessibles aux injures de l'air. La glace &it bien aussi l'office de miroir ^ à l'aide des rayons réfléchis à l'endroit de son contact avec l'air; mais l'image qui en résulte est comme absorbée par celle que produit la réflexion des rayons sur l'amalgame.

Les dissolutions d'étain par les acides , sont d'un grand usage dans l'art du teinturier pour faire varier les nuances des couleurs, dont l'application est l'objet de cet art. On connaît une espèce d'insecte, appelé cochenille y qui vient sur une plante du genre des cactus (c'est le cactus opuntia de Linnée); cet insecte fournit une couleur à laquelle on a donné son nom, et qui est naturellement d'un rouge élevé et presque obscur. En mêlant à la teinture de cochenille une dissolution d'étain par l'acide nitro-muriatique , on fait prendre à la couleur le ton de celle qu'on appelle écarlate, et qui est d'un rouge plus clair et plus vif. La dissolution d'étain produit un effet analogue sur d'autres teintures rouges , et en particulier sur celle de la gomme-laque.

L'oxide d'étain dont la calcination a été prolongée, forme une poudre blanche, dure et réfractaire, connue sous le nom de potée d^étain; cette poudre, mêlée avec des matières vitrifiables, produit un émail dont on se sert pour les couvertes de la faïence. On emploie aussi la même poudre pour polir les métaux et les pierres dures.

iSs THAITÉ

FRËMIÈBE ESPÈCE

ÉTAIN OXIDÉ.

( Zinnstein ^ W. )

Caractères spécifiques.

Caract géom. Forme primitive :

Octaèdre symétrique {Jig. 253, pi. 113), dans lequd rincldepce de P sur P" est de 67^ 4^' ^a" , et celle de P sur F, de i33<i 36' 18" (*). Le rapport csntre l'arête B et la hautei^r de chaque pyramide , e3t celui de 7 à 3. Les joints ps^rallèles ^uk faces de Foçtaèdre sont extrêmement sensibles lorsqu'on expose les fracture3 de l'étain oxidé à une viye Immère.

Molécule intégrante : tétraèdre Symétrique.

Cassure : raboteuse.

Caract. physiques. Pesant, spécif. 6,901... 6,g35.

Dureté. Etincelant par le choc du briquet.

Poussière. Celle dçs cri^ttiux bruns ^t d'uq griscendré.

Electricité. Vitrée par le frottement.

Caract. chim. Difficile à foiidre et à réduire par l'action du chalumeau.

(^) Dans l'octaëdre primitif, la perpendiciilaire menée du centre de la base commune des deux pyramides dont il est l'assemblage^ sur un des côtés , est à la hauteur de ces

mêmes pyramides comme yao est à 3.

DE MIMÉKALOGIË. i53

Analyse de l'étain oxidé d'Altemon au comté de Cornouailles, par Klaproth (Beyt. , t. Il, p. 956) :

Etain 77,5

Oxigène 2 1|5

Fer 0,25

Silice 0,75

iOO|00.

De rétain oxidé concrétionné de Guanaxuato au Mexique , par Descotils (Annales de Chimie, t. LUI, p. 268) :

Etain 66

Fer 5

Oxigène 29

Caractères distinetifs. i*. Entre l'étain oxidé noirâtre et le schéelin ferruginé , vulgairement u^olfrarn* Celui-ci n'étincelle pas comme l'autre , par le choc du briquet. L'étain résiste beaucoup plus à la lime, et sa poussière , qui est d'un blanc-grisatre, passée avec frottement sur le papier, n'y laisse point de traces bien sensibles , au lieu que celle du w^olfram, laquelle est brune , y forme des taches dq cette même couleur. 2*. Entre l'étain oxidé rougeâtre ou jaunâtre., et le zinc sulfura. Celui ci n'étinçelle pas comme l'étain sous le briquet ; il se divise facile-^ aient en lames , à l'aide du couteau , au lieu que l'é^

i54 TRAITÉ

tain n'est divisible que par une percussion assez forte. Le zinc sulfuré n'est point conducteur de l'électricité, comme l'étain. 3*. Entre l'étain oxidé blanchâtre et le schéelin calcaire. Celui-ci, outre les divisions parallèles aux faces d'un cube, en admet d'autres dans le sens des faces d'un octaèdre régulier, ce qui n'a pas lieu pour l'étain oxidé. La poussière du schéelin jaunit dans les acides j celle de l'étain y conserve sa couleur. Dans les pyramides du schéelin, l'incidence de deux faces, prise sur un même sommet et des deux côtés opposés, est de 70^ 82', comme dans l'octaèdre régulier; elle est de gS^ 2' dans les pyramides de l'étain .

VARIÉTÉS

FORMES DETBRMINABLES.

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