‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas]Chapitre 59 sur 158 · DIXIÈME GENRE · texte numérisé non relu

DIXIÈME GENRE

MA1MGAI9ÈSE.

Braunsteirij W. Mangauj K.

Un minéralogiste , M. Picot de Lapey rouse , a annoncé qu'il avait trouvé du manganèse natif; mais ce fait, loin d'être prouvé, ne parait pasméme possible. Ce métal s'empare si rapidement de l'oxigène contenu dans l'atmosphère, qu'en supposant qu'il eût été amené à l'état de pureté, par les causes naturelles, il ne l'aurait pas conservé. Voici les caractères du MiNÉR. T. IV. ï?

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maoganèse pur, obtenu par les procédés chîmiques.

Caract. phys. Pesant, spécif,, 6,85.

Très cassant (TJnoGQsoa, 1. 1, p. 44^)*

Couleur. Blanc métallique tirant au gris.

CarçiCt. chim^ Son oxide colore en violet le verre (le lx)rax.

Cet4£ couleur, que Fc^ide de Hianganèse communique w> verre de b(M:ax, est celle à laquelle parvient naturdlement le mai^anèae métallique y en s'emparaot de l'oxigèae de l'air; et c'est sur cette propriété qu'est fondé un des usages les plus importais de ce métal, je veux dire celui qu'on en fait (iepuis Ipng-^temps dans les manufactures de verre blanc et de glaces.

Ces matières ont ordinaii^ement des teintes de verdâtre, d'olivâtre ou de jaunâtre, qui alt^^at leur limpidité. Le manganèse mêlé, dans une proportion convenable, à la matière vitreuse, a la propriété de l'éclaircir et d'en feire disparaître les fausses couleurs.

On sait que pour déterminer la fusion du sable , qui est la base du verre, on est oblige d'y mêler des fbndans> tels que de la potasse ou de la soude. Par ce^moyen, deux substances^ dont Tune, prise sépacément^ éiait infusible, com^ie ici le quarz , forment par leur union un composé fusible ; et il peut même arriver que deux substances, dont aucune ne pourrait être fondue si on la soumettait seule à l'action

de la chaleur, deviennent susceptibles de fusion par leur mélange. Yoici en peu de mots l'explication de ce phénomène , qui paraît d'abord surprenant. Les molécules d^ chaque substance, dans le cas dont il s'agit , sont tellement liées les Unes aux autres par leur affinité réciproque, que l'élasticité du calorique qui s'introduit entre elles n'a pas assez de force pour les séparer jusqu'au terme où elles glisseraient Ëbrement les unes sur les autres . c'est-à-<iire jusqu'au terme de la fusion. Mais si vous mêlez, les deux substances, les molécules de l'une, attirées par celles de l'autre, tendront à s'en approcl^er, ce qui ne peut avoir lieu sans qu'elles ne fassent effort pour se quitter ; et cet effort , joint à l'élasticité du palorique qui agit pour les séparer, les mettra à des distances respectives assez grandes pour qu'elles aient cette grande mobilité dans laquelle consiste la fusion.

Quand on ne se propose que de faire du verre commun, tel que cdui de bouteilles, on mêle avec le sable des cendres végétales , par exemple y celles de varek ou cdles de fougère, qui fournissent l'aikali nécessaii^ à la fusion. De là vient qu'on a donné au verre de bouteilles le nom de verre de fougère , ce qui a fourni à Bodleau une jolie expression qui se trouve dans le troisième chant de son Lutrin.

Dans les manufactures où l'on fabrique du verre blanc, on purifie les alkalis le plus qu'il est possible, et on laisse le verre exposé assez long-temps à Tac-

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tion d'un feu actif, pour que la petite quantité de matière hétérogène qui pourrait encore y rester se dégage et monte à la surface. Mjaas quelque soin que l'on y apporte, il reste ordinairement à l'intérieur des teintes verdâtres et olivâtres qui troublent plus ou moins la transparence. On se débarrasse de ces fausses couleurs au moyen du manganèse mêlé ejï petite quantité à la substance du verre. C'est pour cela que l'on a nommé ce métal le savon du verre ou le savon des verriers. Au contraire, si l'on ajoute à la matière vitreuse une quantité de manganèse plus grande que celle qui suffit pour détruire les fausses couleurs du verre, cette substance lui donne ime couleur violette. On sait que cette couleur est celle que l'oxide de manganèse communiqué à différens corps naturels, tels que la tourmaline de Sibérie, l'axinîte, la chaux fluatée, etc.

Les artistes qui font des verres de différentes couleurs, pour imiter les pierres iSnes, emploient souvent le manganèse pour produire ces couleurs. Par exemple , en mêlant y suivant diverses proportions , l'oxide violet de ce métal avec le bleu de cobalt , ils obtiennent différentes teintes de rouge, de bleu et de violet, qui se rapprochent de celles que présentent le spinelle, le grenat, le saphir et l'améthyste; cette dernière pierre estime de celles qu'ils réussissent le mieux à imiter.

D£ MIMÉKALOGIE. aSi

PREMIÈRE ESPÈCE

MAliGANÈSE OXIDE.

( Grau braunsteinerz j W. Grau manganerzj K.) Caractères spécifiques.

Caract. gèométr. Forme pnmillve : prisme rhomboïdal droit (fig. 288, pi. 114)9 ^^^^ lequel l'incidence de M sur M est de 103^ 4^' (*)• Ce prisme se sous-divise dans le sens de la petite diagonale de sa coupe transversale.

Caract. phys. Pesant, spécif., 3,7.

Dureté. Tendre ou même friable, à moins qu'il / ne soit uni à quelque autre substance dont les molécules, interposées entre les siennes, lui donnent de la dureté.

Couleur de la masse. Le gris métalloïde..

Couleur de Ut poussière. Le noir.

TçLchure. Il tacbe (K'dinairement le papier en noir.

Caract. chim. Exposé au chalumeau avec le borax, il colore celui-ci en violet.

Analyse du manganèse oxidé d'Ilefeld au. Harz par Klaproth (Beyt. , t. III, p. 3o8) :

(^) La moitié ^ de la grande diagonale de la hase ,. la moitié p de la petite et là hauteur G ou H , sont dans le rapport des quantités 5 , 4 et ^/6.

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Oxide noir de mangan, . 90,5o

Eau 7,00

Oxigène. . • , • . 2y25

Perle. • . . • o,25

Caractères distinctifs. Entre le manganèse en aiguilles ayant l'aspect métallique et l'antimoine sulfuré. . Si l'on fait passer celui-ci avec frottement sur une pierre d'une couleur foncée , comme sur une ardoise , et qu'ensuite on essuie légèrement avec le doigt l'endroit frotté , pour enlever les particules grossières de métal qui y sont disséminées , la tache aura un brillant métallique assez sensible ; dans le même cas , l'impression laissée par le manganèse aura im aspect terne et mat. L'antimoine se fond à la simple flamme d'une bougie, et non le manganèse; il ne colore pas, comme ce dernier, le verre de borax en violet.

VARIÉTÉS

FORMES DÉTBRMII^ABLES.

Quantités composantes des signes représentatifs,

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