Antimoine oxidé laminaire. En lames rectangles
2. jiciculaire. En aiguilles divergentes. Quelquefois l'antimoine oxidé prend à sa surface
une couleur jaune, qui est due probablement à la présence de quelque principe 'étranger. De Born , qui soupçonne que ce principe est le plomb, admet ici une nouvelle espèce, sous le nom à^oxide (V antimoine et de plomb combiné avec Vacide mariatique (*).
lia
O Catal., t. Il, p. 149.
3io TRAITÉ
3. Terreux. L'antimoine oxidé blanc se montre cpielquefois dans cet état. Il ne doit pas être confondu avec l'antimoine oxidé produit par épigénie.
Annotations.
M. Mongez le jeune (Fun des naturalistes dont nous avons à regretter la perte, en même temps que celle de tous les savans et artistes qui avaient suivi l'infortuné La Peyrouse ) est le premier qui ait parlé de l'antimoine oxidé. Il en avait fait la découverte aux Cfaalances, près d- AUemont , dans le département de liseré. Il présente la variété aciculaire , et accompagne l'antimoine natif. On a trouvé depuiçi la variété laminaire à Przibr^m en Bohême , et à Braunsdorfen Saxe, sur du plomb sulfuré.
M. Mongez avait désigné l'antimoine blanc. d'Aïlemont sous le nom dç chaux ^antimoine native; mais , depuis , M. Klaproth et d'autres chimistes indiquèrent l'antimoine et l'acide muriatique comme étant les véritables principes de l'antimoine blanc. Cependant , M. Vauquelin , ayant analysé celui d'AUemont avec l'intention d'y chercher l'acide muriatique, n'a pu en reconnaître la moindre trace; et enfin M. Klaproth , ayant examiné avec un nouveau soin l'antimoine blanc de Bohême, a trouvé qu'ail n'était qu'un simple oxide d'antimoine, et a consigné ce résultat définitif dans le deuxième volume de ses Additions à la connaissance des minéraux.
DE MINÉRALOGIE. 3ui
Je reviens à rantimoine oxidé épîgène d'une cou*lenr jaune. 11 n'est pas douteux que, dans un écfaaiitillon qui m'a été envoyé d'Espagne par M. Angulo , minéralogiste d'un mérite très distingué , il ne provienne d'une altération de l'antimoine sulfuré , dont on voit encore des aiguilles intactes sur le même morceau; et il est de même visible que dans im autre morceau l'antimoine terreux jaukie est originaire de l'antimmne oxidé aciculaire qu'il recouvre. Dans le passage à l'épîgénie, l'antimoine s'est dépouillé de $on soufre, et s'est oxidé. Je suis bien tenté de croire qu'il n'existe pas d'autre oxide jauoe d'antimoine que celui qui a la même origine. L'observation décidera si ma conjecture est fondée. *
QUATRIÈME ESPÈCE
AI^TIMOINE OXIDÉ SULFURÉ.
XCRM^ NATIF.
{RotJir^iesglaserz , W. Roth'Spiessglanzerz j R.)
Caractères spécifiques.
Caractère essent. Couleur d*un rouge mordoré. Mis dans l'acide nitrique, il se couvre d'un enduit blancbâtre. Si une conjecture que j'émettrai bientôt était fondée, ce minéral serait caractérisé d'avance par sa forme cristalline.
Caract^phys. Couleur, le rouge sombre tirant sur le mordoré
3i2 TRAITÉ
Poussière obtenue par la trituration ; même couleur.
XJaract. iihim. Dans l'acide nitrique, il se couvre d'un enduit blanchâtre.
Évaporable en fumée par le chalumeau.
Caractères distinctifs. i **. Entre ranlimoine oxidé sulfuré en aiguilles et le cuivre oxidulé soyeux. Celui-ci est d'un rouge vif qui n'a rien de sombre; il se dissout avec effervescence dans l'acide nitrique , en y répandant un nuage verdâtre ; l'antîmoîne s'y couvre d'un dépôt blanchâtre. 2^. Entre le même et le cobalt arseniaté aciculaire. Celui-ci est d'un rouge lilas , et l'antimœne d'un rouge sombre ; le cobalt colore en bleu le ven^e de borax j ce que ne fait pas l'antimoine*
VARIÉTÉS
1 . Antimoine oxidé sulfuré aciculaire. Mine d'antimoine en plumes rouges ; soufre doré natif strié. De l'Isle, t. m, p. 58; var. :a.£n aiguilles ordinairement luisantes, plus ou moins déliées , qui divergent en partant d'un centre commun.
2. Antimoine oûdé sulfuré omorpA^. Mine d'antimoine rouge granuleuse; termes minéral natif. De l'Isle , t. III, p. 60; esp. 6. En piasses granulaires d'un rouge mat.
jénnotations.
On trouve l'antimoine oxidé sulfuré à Braunsdorf en Saxe, à Felsobanya en Hongrie, à Kapnick en
DE MINÉRALOGIE. 3i3
Transylvanie y et en Toscane. II accompagne souvent d'autres mines d'antimoine.
Lorsque j'ai placé cette substance dans mon Traité , sous le nom ^tmtimoine hydro-sulfuré , je me £3ndais sur l'opinion d'un illustre chimiste qui avmt annoncé que le kermès, soit naturel, soit artificid, était uneoombinaison d'oxide d'antimoine, -de soufre et d'hydrogène. Mais depuis, M. Kiaproth a fait voir que le kermès natif ne contenait pas d'hydrogène , et que celui qu'on avait cru en retirer avait été fourni par learéactiÊ employés à l'analyse. Ce résultat a réveillé mon attention sur une ccmjecture que j'avais éadse dans mon Traité, savoir -que le kermès naturel n'avait pas été produit d^un «premier jet , au moins dans certains cas , puisqu'on suit de l'œil les diSérens passages de l'antimoine sulfuré à un état où sa couleur est d'un rouge mordoré.
Qr, cette transformation s'accorde bien mieux avec l'opinion qu'il n'existe ici que de l'oxide d'antimcône et du soufre, qu'avec celle qui y supposait de l'hydrogène , parce que , dans la première opinion , la substance métallique, pendant l'altération qu'elle a subie, a seulement passé à l'état d'oxide, sans rien acquérir de nouveau. J'ai donc cru devoir placer à la suite de l'antimoine sulfuré les morceaux qui conserveraient des traces dé leur origine, et j'avoue même que j'ai été bien tenté de franchir le pas , et de regarder tous les morceaux d'antimoine rouge comme des épigéuies, ce qui aurait simplifié la
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classification ; maïs il eût fallu supprtBier une espèce généralement admise , et j'ai cru qu'il valait mieux ne pas se presser. Si l'on trouve dans la suite qu'en général les endroits qui renferment de l'antimoine oxidé sulfuré 9 offrent en même temps des^ morceaux où le passage à l'épigénie s'annonce comme dans ceux de ma collection , ce sera une raison pour supprimer cette espèce, que je laisse encore subsisn ter, par une sorte de tolérance.
La surface de l'antimoine oxidé sulfuré de Tosrcane , qui occupe les interstices de l'antimoine sulrfuré, est couverte d'une multitude de petits octaèdres de soufre. Or comme, d'après l'analyse , l'antùnoioie oxidé sulfuré renferme moins de soufre que l'antimoine sulfuré ordinaire, on conçoit, dans mon hypothèse, que pendant l'altération qu'a suhie ce dernier , une partie du soufre a pu se dégager et se déposer à la surface, sous la forme de petits cristaux , ce qui semble achever de prouver que l'antimoine oxidé sulfuré est le résultat d'une épigénie.
On a donné à la substance que je viens de décrire le nom de kermès minéral. Le kermès proprement dit , ou kermès végétal , est une excroissance produite sur l'écorce et sur les feuilles du chêne vert, par la piqûre d'un insecte. Cette origine est analogue à celle de la noix de galle. L'excroissance; en mûrissant, prend une couleur d'un rouge vif, dont on fait le sirop de kermès, et que les teinlu-
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riers emploient sous le nom de pastel d'écarlate. Ainsi les deux kermès n'ont, de commun que la couleur.