TREIZIÈME GENRE
MOLYBDÈNE.
{Molibddn, W.)
Caractères du molybdène pur.
Couleur. Le gris métallique bleuâtre.
Très réfractaire.
Réductible en oxide blanc, smt par l'acide nitrique, soit par l'action delà chaleur à l'air libre.
Sehéele et Bergmann , qui ont fait des recherches sur le molybdène, n'avaient pu réduire en métal l'aeide qu'ils appelaient molybdique (*); seulement,
(*) Journal de Physique, 1782, p. 542.
as l'avaient dépouillé d'une partie de ^n oxigêne. C'est Hielili, disoi|>le de Bérgmanh ^ qui a fait le dér* nier^pasy en mettant l'acide molybdique sous une for^e métalUque. ■
^ Jusqu'iti on n'a pu obtenir le molybdène ^qu^ien petits «grenus détacHés. On né conhait pâsJà pesai^-^ tèur spécifique de be'métal* Bé^gmann indique 3,460 pour celle de son acide.
ESPECE UPIQTQE.
MOLYBDÈNE SULFURÉ.
: t 4nri;2PUBB OB sfpLTvp^hns Visa chuosx]^, {PF^asserble^j W. Mol^hdângîanz j, fc)
Caract. géomét. Forme primitive : prisme hexaèdre régulier, dont les dimensioiâs èënt inconnues.
Caract. auxil. Gri^ de plopcib ; communiquant à la cire d'Espagne ou à la résine l'électricité vîtrée par le frottienàent. w '.
Caract. phys. Pesant, spécif. , 4?7385.
Consistance. Facile à gratter avec le couteau ; composé de lames séparables; flexible sans élas^ tîcité.
Couleur. Gris de plomb , avec ime teinte plus claire.
Action sur le tact. Surface onctueuse au toucher.
Tctphure. Tâchant le papier en gris métallique. 11 forme des traita verdâtires sur la porcelaine*
Electricité. Corps conducteur, acquérant une électricité résineuse très sensible, lorsqu'on le frotte étant isolé j communiquant à là résine ou à la cire d'Espagiie l'électricité vitrée , par le frottement , en même temps qu'il y laisse Mn empreinte métallique.
Caraùt. chim. Volatile en fumée blanche, par Taction du chalumeau , ayec une odeur sulfureuse:
Analysé par Bucholz (Journal de Gehlen, t. IV^ p. 6ô3):
Molybdène 60
Caract, distinct, i*. Entre le molybdène sulfuré et le fer carburé. Le premier a ordinairement le tissu feuilleté; il se réduit par la trituration en lames très minces ; le fer carburé a, presque toujours, le tissu granuleux, et se pulvérise lorsqu'on le broie. liCS traits que forme le molybdène sulfuré sur la porcelaine sont verdâtres ; ceux du fer carburé conservent la couleur propre à ce minéral. Le molybdène sulfuré communique à la résine et à la cire d'Espagne l'éle(> tricité vitrée par le frottement ; le fer carburé ne lui en communique aucune. Celui-ci est d'ailleurs, en général , d'une couleur plus sombre , et sa surface a moins d'éclat. 2*. Entre le même et le fer oUgiste écailleux, dXtfer micacé. Celui-ci ne tache point le papier , si ce n'est lorsquHl est mêlé de particules à l'état d'hématite, qui forment des traits rouges ; au
3a8 TRAITÉ
lieu que ceux du molybdène sont d'un gris métallique. Le fer micacé , fortement trituré, se réduit en poussière rouge; le molybdène sulfuré couvre de son enduit métallique la substance sur laquelle on le broie. Le fer micacé , exposé à l'action du chalumeau , s'y convertit en aimant ; le molybdène sulfuré s'y dissipe en fumée. A l'égard des rapports que l'on a cru apercevoir entre le molybdène sulfuré et les substances talqueuses, il ne peut y avoir lieu k aucune méprise, d'après le brillant métallique, l'opacité e^t la propriété tachante du premier.
VARIÉTÉS
Formes déterminabies.
1. Molybdène sulfuré /7rfmzV£^ (fîg. 3o6, pi. 116). En prisme ordinairement très court et semblable à une lame hexagonale. Pelletier, Mém. et observ. de Chimie, 1. 1, p. 194.
2. Molybdène sulfuré trihexaèdre (fig. 807 )• Schmeisser, a System of mineratogy^ t. Il, p. 258. Ce savant définit les cristaux de cette variété, des prismes à six pans terminés en pyramides à six faces , par double troncature (*). Nous supposons qu'il a voulu dire que ces cristaux étaient des prismes hexaèdres , tronqués sur les arêtes des deux bases, de
-^-rr* I - — - ■■ I I ■ ■ I 'I - II- ■■ I 1 1 ■ IL
(*) In sex sided prisme j terminatmg in sex sided pyra-r^ frUds j hy dovhle trunçation, Ibid^
manière à faire disparaître ces bases. U dit en avoir vu un échantillon chez M. Raspe.
Formes indéterminables.
Molybdène sulfuré laminaire.
Lamelliforme.
Annotations.
Le molybdène sulfuré a été placé par les géologues en tête de la liste des métaux rangés par ordre d'ancienneté. On le trouve disséminé en petites masses, dans les granités de première formation. Tel est celui qui est engagé dans un granité observé par M. Cordier , dans les environs du Mont-Blanc , au pied du rocher qu'on appelle le Talèfre. U est disséminé en très petites lames , dans le graïsen qui sert de gangue à l'étain oxidé , dans les montagnes de Blon aux environs de Limoges, et c'est une preuve de l'ancienneté de cette roche. La substance faisant partie des roches primitives qui sert le plus ordinairement de gangue immédiate au molybdène sulfuré, est lequarz hyalin, quelquefois ferrugineux. C'est ce que prouvent divers échantillons de ma collection, qui viennent du Valais, sur la rive gauche du Rhin; de Nertschinsk en Sibérie; d'Altenberg en Saxe ; de la Hongrie ; d'OEdelfors en Suède , et de Spanistown , l'une des îles Vierges, dans l'Amérique septentrionale.
Le molybdène étant pour ainsi dire le doyen d'âg'e parmi les métaux , ceux dont il est voisin dans la nature, sont du nombre des plus anciens après lui, tels que rétaÎDi, le scBéêlitt ferrttgîné et le schéelin calcaire, ainsi qu'on l'observe en Saxe et en Bobéme. ..
Le molybdène sulfuré est quelquefois recouvert ou entremêlé^ d'une .^fiatière pulvérulente j d'une couleur jaunâtre , que l'on a regardée comme un otlde tlti ménié tùéiêi. M. Karsten poinâi être jus- ^:ici le Seul qui l'ait classée cotutnè espèce j^ârtltulièré; -
dépendant cfétte substance diffî^é ]pat sa couleur, dé rètidé quî semblerait deVôirbffÂjr s6n analogue, ]^rnil liée ^îK^duit^ d^ Opérations éliimiqùes laites ëûr le Bûôlybdénêj ce diéirtriiët» étant d^'uhe coulèttr bljàncihè. Lorsque la substance dôtit il s'agit aui^a été idïU)àk étudiée ^ bià saura si elle id(ôit éti^e placée dans là méthode , coiûiïïie ^çonde espèce du genre dont le ôîdlybdèhe éfel Id bàëe.
iRlâî)rbth Wi^pbrlé »( Diôt. , t. IH , p: iS'j.) qUe M. liàdiittànn a k*ëljré du molybdène sulfuré une ]ttàtièto bléUé , dont plusieurs peintres font usage lidUr l'ei^cruti^ti dé !eùï^ tâblé^ùjc. .
Le iUolybdenë sûïfuté , confottdù t>éA(tànt longteiUps àveé le fër faarbùté y tàhtôt dèUs le nom com- ^un Ûë^jplôfnhà'^nè , tantôt sous céflui de rhoîyb' àbîê, l'à suivi dàîis touis Ses édarts , et à élé rë- ^rdé, ainsi que lui, successivement cdiflWic Une
DE MINÉRALOGIE. 33i
npùne de zinc, un fer micacé, une variété du mica ou du talc.
Aomé de Flsle , en I0 cibmparant à ces deux derniètei^ substances^ autqu^Ues il l'associait^ remarqué qu'il, cristallise cptnme eUes en lames hAsagonalés, et qu'il a l'ônçtuosité du talc. U pensait que ks traces luisantes qûé lai^iié lé molybdènje sur lé plipier, étûént l'eilet>d'iiâ principe .fcÉrruginéul, ou peut-^tre d'Ui^ l^ète portion d!étai)i qui .s'y r^contrait (*)* U persista . dwK .ion ofnnioa^' miàke ^è^ que le célèbre Schéelé eiiJ>;ptiblié;ses recherches sur la. composition du molybdène sulfure (^). Maïs quoique aujourd'hui cette jsubitaiice, mifie à. fca véritable place , se trouve à, jiime grande distance du talc , il n'est peut-être pas inutile de f emiih|ùer les nouvelles ressemblances que des recherches postérieures m'ont fait connaître entre l'un et l'autre , au moins comme un exemple de ces analogies inattendues, par lesquelles la nature lie quelquefois des êtres qui, a d'autres égards, présentent des contrastés frappans. Non-^seulement le. molybdène- e«î&-^ tallise comme le talc, mais il parait qu'il se divise dans le même sens, en rhombes de 120^ et 60^. L'observation et le calcul prouveront, sans doute, un jour , que le rapport entre lés dimensions de la molécule intégrante n'est pas lé même de part
(*) De riflle, t. II. p. 5064 (**) M t. ni , p. 5 , note 3,
et d'autre. De plus, le talc partage avec le molybdène la propriété de communiquer à la résine Félec^ tricité vitrée, à l'aide du frottement. Enfin, tous les deux , étant isolés et frottés , acquièrent l'électricité résineuse dans un degré très marqué (*). Ordinairement , c'est la première vue qui en impose , lorsque l'on confond deux substances différentes, et les recherches qui tiennent de plus près à la science, servent à rectifier l'erreur. Ici, au contraire, elles tendraient plutôt à inspirer des doutes, et les caractères qui décident l'observateur sont ceux qui parlent à l'œil; je veux dire, d'une part, une couleur blanchâtre ou légèrement vérdâtre à la sur- &ce d'uii corps translucide , et de l'autre , un luisant métallique réfléchi par un corps opaque.