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Le zircon. Diamant d'une qualité inférieure

Annotations.

Les seuls diamans qui aient été d'abord répandus dans le commerce étaient ceux que l'oq trouvait aux grandes Indes , dans les royaumes de Golconde et de Visapour. D'après les récits des voyageurs , ils y sont ordinairement épars à une médiocre profondeur, dans une terre ferrugineuse rougeâtre, au pied de hautes montagnes formées en partie par diiTérens lits de quarz.

11 y a aussi des diamans au Mogol et dans d'autres climats de l'Asie , en particulier dans l'île de Bornéo.

Vers le commencement du seizième siècle, on a trouvé des diamans dans différentes parties du Brésil. Suivant les observations faites sur les lieux, et consignées dans les actes de la Société d'histoire naturelle, par M. de Dandrada , minéralogiste portugais, d'un mérite très distingué , le Ueu natal des diamans dont il s'agit est la croûte des montagnes situées dans le district de Serro do Frio (ou montagne froide) j ils y soht aussi enveloppés d'une terre ferrugineuse. Mais M. de Dandrada ajoute que l'on préfère, pour la facilité du travail , de chercher ceux qui , par une suite de l'éboulfement des terres, ont été transportés dans le lit des rivières et dans les atterrissemens voisins. 11 dit encore que la terre ferrugineuse qui occupe ces atterrissemens , et dont on dégage les diamans, est mêlée de cailloux réunis en pouddings, auxquelspn donne dans le pays, le nom de Cascalko.

Des minéralogistes qui depuis ont faille voyage du Brésil, et en particulier M. Mawe, y ont trouvé dans ces mêmes atlenissemens, des portions de ces pouddings ou brèches quarzeuses dont parle M. de Dandrada , dans lesquelles étaient engagés des diamans que le ciment avait enveloppés en même temps que les fragment de quarz. Mais ce n'est qu'une gangue produite pour ainsi dire du second jet, comme toutes les matières d'alluvion. Il serait plus intéressant d'avoir la gangue primitive du diamant , composée des matières dont la formation aurait été contemporaine à celle de ce minéral.

Les fragmens de quarz qui composent cette brèche, sont réunis par un ciment ferrugineux qui , exposé pendant un instant à la flamme d'une bougie, agit sur l'aiguille aimantée. J'ai remarqué que ces mêmes fragmens étaient plus durs que le quarz ordinaire , qu'ils raiçnt d'une manière très sensible, lorsqu'on les fait passer avec frottement sur sa surface.

Le diamant a été connu des anciens. Pline le naturaliste dit que sa forme présente l'aspect de deux toupies que l'on aurait réunies par les bases, d'où

• l'on voit qu'il considérait l'octaèdre à faces bombées qui est la forme ordinaire du diamant , comme un

- assemblage de deux pyramides curvilignes.

Mais Pline ajoute que le diamant triomphe des

• eHbrts du feu, au point que cet élément ne parvient .pas même à l'échauffer. Qu'aurait pensé Pline, si

quelqu'un eût fait brûler devant lui un de ces corps

qu^il croyait inaccessibles à l'action de la chaleur ? C'était de cette qualité imaginaire, jointe à une autre plus réelle , je veux dire l'extrêine dureté du diamant, que l'on avait tiré le nom diadamas^ qui signifie indomptable dans la langue grecque.

Boyie est le premier , au rapport de Henckel , qui ait tiré les pierres gemmes de son trésor, pour les livrer à l'action du feu; il prétendait que plusieurs de ces pierre3^ .et en particulier le diamant, exhalaient dans cette opération des vapeurs acres très, abondantes. C'était une chimère, qui pouvait cependant être bonne à quelque chose, en faisant naître à d'autres l'idée de recommencer l'expérience. Elle fut faite de nouveau à Florence, en 1694 et lôgS, par les ordres du duc de Toscane , à l'aide de la lentille de Tschirnausen , et depuis à Vienne, en. présence de l'empereur François T', au moyen d'un feu très violent et long-temps soutenu. Là, on vit les diamans diminuer peu à peu de volume , et ils finirent pay disparaître. M. d'Arcet a été le premier en. France qui ait répété ces expériences , et il n'eut besoin pour réussir que d'employer un simple fourneau de cou-, pelle ordinaire. Macquer observa depuis q\ie Je diamant répandait , en brûlant, une flamme légère, qui formait autour de lui une espèce d'aréole très sensible.

Il résultait de ces expériences et de beaucoup d'autres faites dans la même vue , que le diamant, exposé à un feu d'une certaine activité, brûlait sans

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laisser de rësidu, et que ce minéral, qui passait déjà pour une sorte de phénomène , lorsqu'on le croyait indestructible, n'avait rien d'aussi merveilleux que sa destruction elle-même.

Le diamant une fois reconnu pour une substance combustible, il restait à déterminer sa composition. Lavoisier ayant fait brûler un de ces corps, à l'aide du gaz oxigène dans un vaisseau fermé, aperçut des taches sur la surface du diamant ; il remarqua de plus que le gaz qui s'était dégagé pendant la combustion, précipitait la chaux à la manière de l'acide carbonique* Mais il ne tira de ce fiiit aucune induction positive sur la nature du diamant. Depuis cette époque , M. Smitson Tennant, célèbre chimiste anglais , ayant fait brûler un diamant dans un étui d'or, par l'intermède du nitre, obtint une quantité d'acide carbonique qu'il jugea égale à celle que pro^ duisait la combustion du charbon , d'où il conclut que le diamant était lui-même uniquement conkposé de charbon. M. Guyton de Morveau a tiré la même conséquence de ses expériences sur le diamant , et ayant réfléchi que l'acier n'était autre chose que du fer uni à une certaine quantité de charbon , il a substitué la poussière du diamant à ce dernier principe , et le fer a été converti en acier, c'est-à-dire qu'il est devenu susceptible d'acquérir des pôles, par le contact d'un aimant. Je fais cette remarque , parce que Phne , qui, en débitant des chimères sur le compte du diamant^ semble avoir choisi celles qui étaient le plus

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en opposition avec la nature de ce corps, prétend que la présence du diamant anéantit la vertu magnétique.

M. Guy ton a entrepris, en 1812, une suite de nouvelles expériences sur la combustion du diamant, dont il a consigné les résultats dans les Annales de Chimie , pour les mois de novembre et décembre de la même année. Le but que M. Guyton s'est proposé, eti faisant ces expériences, a été d'examiner si le diamant contenait une quantité notable d'hydrogène , comme paraissaient l'indiquer des recherches qui en elles-mêmes étaient d'un grand intérêt, et dont la conséquence était 4)u'il fallait attribuer à la présence de ce principe la grande puissance réfractive du diamant.

Les précautions les plus scrupuleuses qui ont été prises par M. Guyton , pour s'assurer de la fidélité des instrumens qu'il a employés, et de la justesse de&résultats, ne lui ont laissé apercevoir aucun indice de la présence de l'hydrogène dans le diamant.

M. Davy, à qui il était réservé de répandre un dernier trait de lumière sur le sujet de la question présente, a entrepris de son côté un travail, dont la conséquence est que le diamant en brûlant ne donne absolument que du ga^ acide carbonique pur, expression qui ne fait que répéter en d'autres termes, ce qu'avaient déjà- dit toutes lés analyses précédentes.

Ainsi, voilà le diamant, c'est-à-dire le plus pur, le plus brillant de tous les minéraux et l'un des plus limpides, qui s'identifie avec le charbon , c'est-à-<iire

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avec un corps tendre, noir et opaque, dans l'ctat où nous l'obtenons par la combustion des matières végétales. Jamais le proverbe que quelquefois les extrêmes se touchent n'a été si vrai.

Plus un fait est difficile à croire, moins il était aisé de le prévoir , avant qu'il s'offrît à nos observations. Cependant le génie de Newton avait lu, pour ainsi dire , dans les lois de la réfraction que le diamant était un corps combustible, et cela long-temps avant qu'on en eût fait l'expérience. Mais Newton avait été si peu étudié que le résultat dont il s'agit était resté ignoré jusqu'en 1792. Il semble que Newton soit devenu trop vieux pour être lu ; comme si on n'était pas toujours jeune quand on est immortel à tant de titres! Ce fut à cette époque qu'ayant formé le projet de lire avec beaucoup d'attention l'Optique de cet illustre savant, j'y remarquai l'espèce de prédiction dont je viens de parler. J'en avertis M. Lavoisier, et je m'empressai d'insérer dans le Journal d'iiistoire naturelle, auquel je travaillais alors, un exposé de ce beau résultat, que l'on aurait pu comparer à un diamant qui reste enfoui dans le sein de la terre jusqu'à ce qu'une main heureuse vienne l'en tirer.

Voici la manière dont Newton était parvenu à ce résultat important. Ayant entrepris de comparer les puissances réfractives des différens corps diaphanes avec leurs densités, il trouva qu'en général elles étaient à peu près en rapport les unes avec les autres, mais que les corps considérés sous ce point de vue, formaient deux

classer dîstinctes , l'une de ceux qu'il appelle fixes y comme les pierres, l'autre de ceux qu'il appelle ^ra«, sulfureux e\. onctueux ^ tels que les huiles, le succin , etc. Dans chaque classe la puissance réfractive variait à peu près dans le rapport de la densité; mais les corps de la seconde classe,' à densité égale, avaient une puissance réfractive beaucoup plus grande que ceux de la première.

Or, le diamant, à raison de sa^ grande puissance

réfractive, se trouvait placé parmi les corps onctueux et sulfureux ; et dans la table où Newton a présenté la série des rapports entre les puissances réfractives et les densités , le diamant est à côté de l'huile de tirébenthine et du succin , deux substances éminemuxent inflanunables. Newton avait conclu de ce rapprochement, que le diamant devait être une substance onctueuse coagulée y expression qui dans le sens que lui-même y attachait, en se conformant aux principes chimiques admis de son temps, doit être regardée comme un synonyme âHnflammable. Les physiciens et les chimistes qui étaient parvenus à brûler le diamant , avaient été conduits à ce résultat en essayant directement l'action -de la chaleur sur ce minéral. Ils avaient pris la route qui était ouverte devant eux ; mais c'est un trait de génie, d'avoir conclu des lois de la réfraction, que le diamant était un corps combustible ; c'est une de ces marches savantes et un de ces circuits ingénieux par lesquels les hommes supérieurs vont quelquefois MiNÉn. T. IV. 28

surprendre la nature du côté où elle semblait être inaccessible.

Newton va plus loin : il remarque que l'eau a une puissance réfractive moyenne entre celle des corps des deux classes, et que vraisemblablement elle participe de la nature des uns et des autres ; car elle fournit à l'accroissement des plantes et des animaux , qui sont composés en même temps de parties sulfureuses, grasses et inflammables, et de parties terrestres, sèches et àlkalisées.

C'était dire, en mots couverts, que l'eau , qui, suivant New^ton , participait de la nature des corps inflammables et de ceux qui ne l'étaient pas, devait renfermer un principe inflammable; et voilà l'existence de l'hydrogène dans l'eau entrevue par Newton , qui avait encore pris l'initiative par rapport à un résultat auquel la Chimie moderne doit une partie de ses progrès.

Je viens de développer l'action des causes qui opèrent la destruction du diamant. Laissons-le maintenant intact, pour considérer ces beaux reflets, dont telle est la vivacité que si le diamant est unique relativement à l'action que le calorique exerce sur lui, il l'est également à l'égard de celle qu'il exerce lui-même sur la lumière.

Ces effets dépendent de plusieurs causes, et en premier lieu de la grande dispersion que subit la lumière en traversant le diamant.

Lorsqu'un faisceau de lumière rencontre oblique-

ment une des faces d'un prisme, et qu'ensuite il pénètre dans l'intérieur de ce prisme, les rayons diversement colorés dont il est l'assemblage, sont plus réfractés les uns que les autres. Le rouge est celui qui l'est le moins, et le violet celui qui l'est le pins; et ainsi les rayons divergent les uns des autres en traversant le prisme. Lorsque ensuite ils repassent dans l'air, ils sont repliés de nouveau par l'effet de la réfraction, et ils continuent de diverger comme les rayons d'un éventail. On appelle dispersion la quantité de cette divergence, ou , ce qui revient au même, la grandeur de l'angle que font entre eux les rayons extrêmes. L'expérience proqve que la dispersion n'est pas proportionnelle à la réfraction, en sorte qu'il peut bien arriver que, de deux substances égales en densité , l'une ait une dispersion beaucoup plus forte que celle de l'autre. Maintenant on conçoit que l'effet de la dispersion étant de séparer les couleurs dont la lumière blancbe est l'assemblage, plus elle est grande, et plus la distinction des couleurs est marquée.

Or la lumière, en pénétrant les diamanspar les facettes diversement inclinées que le travail de Far* tiste a fait naître sur ces corps , subit une forte décomposition, à laquelle se joint une dispersion considérable j et ces rayons décomposés, rencontrant la surface inférieure où ils se réfléchissent, s'élancent au dehors sous un aspect irisé qui est surtout sensible le soir, dans une salle bien éclairée, où chaque

mouvement que font les personnes qui portent des diamans détermine un nouveau jeu de lunaière. Les facettes sont en même temps très éclatantes, parce que les substances qui réfractent le plus fortement la lumière sont aussi celles qui la réfléchissent le plus abondamment.

Ceci exige encore une petite explication. J'ai dit, en parlant de Fhydrophane, que quand un faisceau de lumière, après avoir traversé un milieu, se présente à la surface d'un autre milieu d'une densité différente, ce faisceau ne pénètre pas tout entier le second milieu , mais une partie des rayons qui le composent est réfléchie à la surface de contact entre les deux milieux. Or, plus les densités des deux milieux différent entre elles , plus aussi le nombre de rayons réfléchis au contact des deux milieux est considérable ; mais plus les densités dés deux milieux sont différentes, plus la lumière s'infléchit en passant dans le second milieu , ou , ce qui revient au même, plus l'angle de réfraction diffère de celui d'incidence, et il paraît qu'en général c'est de la différence entre les deux angles que dépend la quantité de rayons réfléchis. Or, dans le diamant, cette différence est très grande, et quoiqu'elle dérive ici de la nature même du diamant , plutôt que de sa densité , il suffît qu'elle soit très sensible en elle-même, pour que le nombre des rayons réfléchis au contact de l'air et du diamaxït soit augmenté à proportion , et c'est ce qui donne un éclat si vif

à la surface du diamant. Il y a donc ici trois propriétés de la lumière qui concourent aux effets du diamant. La réfraction et la dispersion s'unissent pour décomposer fprtement la lumière qui le pénètre, et de là les couleurs prismatiques qu'il développe; d'une autre part, la grandeur de la réfraction détermine une augmentation dans la quantité de la réflexion, d'où naît le vif éclat de la-surface.

Ainsi ces beaux reflets irisés que lance le diamant tiennent à sa nature et à ses propriétés essentielles , ils sont en quelque sorte inhérens à ses molécule^ intégrantes; au lieu que les pierres nommées gemmes n'offrent à l'œil ces couleurs qui le flattent, que par l'intermède des molécules d'une substance étran-* gère. Le spinelle doit à l'acide du chrome sa couleur pourprée. Le corindon hyalin doit au fer oxidé ce rouge cramoisi , ce bleu mâle , ce jaune pur qui l'ont fait nonmier tour à tour rubis, saphir et ta^ paze d'orient. L'émerai^e emprunte du chrome oxidé sa belle couleur verte. Mais le diamant se suflit à lui-même ; il n'a besoin d'aucun acces^re pour produire ces teintes éblouissantes que l'œil ad* mire en lui. C'est le pouvoir qu'il exerce immédia* tement sur la limiière qui donne une si grande éner-* gie aux rayons dont les uns étincellent en jaillissant à sa surface, et les autres, après avoir pénétré à l'intérieur , en sortent tout brillans des plus beaux effets du prisme.

La taille , qui favorise tous ces jeux de lumière ,

est en quelque sorte l'ouvrage des dîamans euxmêmes ; car comme il n'existe , ni dans la nature , ni parmi les produits de l'art, aucune substance aussi dure que celle-ci, on ne peut la travailler qu'à l'aide de sa propre poussière. Avant le quinzième siècle, on employait les diamans tels qu'ils étaient sortis du sein de la terre, en les plaçant de manière qu'ils présentassent en avant un de leurs angles, solides. Mais dans cet état ils avaient plutôt le mérite de la rareté que celui de l'agrément ; et comme les corps de cette espèce ont en général leur surface terne , on peut dire qu'à l'époque dont j'ai parlé ^ le diamant n'avait pas encore été vu par les amateurs de pierreries, il ne l'avait été que par les minéralogistes.

En 1456, un jeune citoyen de Bruges, nonomé Ijouis de Berquen, imagina de frotter deux diamans l'un contre l'autre , pour les user , ce qui s'appelle égriser. Il recueillit la ponjlre qui était tombée des diamans pendant cette opération; il étendit cette poudre , au moyen d'une matière grasse , sur la circonférence d'une roue semblable à celles de nos lapidaires; il mit cette roue en mouvement, et le frottement de la poussière étendue sur sa circonférence fit naître à la surface du diamant des facettes qui prirent en même temps le poli dont ce corps est susceptible. Cette invention fut très accueillie par Charles , duc de Bourgogne , qui donna ^ Berquen une récompense . considérable.

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On sait que les dlamans sont communément d'un petit volume. Leur pris augmente dans le commerce, suivant une proportion extrêmement rapide, eti comparaison de leur grosseur. On en a cité quatre ou cinq qui peuvent passer, à cet égard, pour des phénomènes. De ce nombre est le Régent ^ qui appartient à la couronne de France, et qui est doublement remarquable par son volume et par sa grande perfecticm ; le diamant du Grand-Mogol , dont parle Taveniier, et qui pouvait passer, au moment de sa découverte, pour le géant des diamans. 11 pesait alors près de 800 karats ; mais ses inégalités avaient forcé l'artiste chargé de le tailler d'en diminuer considérablement le volume. Le plus gros que l'on connaisse est celui dont l'impératrice de Russie a fait l'acquisition en 1772. (Voyez la Miner, de Patrin, t. I, p. 327.) Plusieurs auteurs ont écrit qu'il pesait 779 karats, qui équivalent à 5 onces 2 gros 5 grains. Mais d'après l'évaluation de M. Mawe, qui a publié à Londres, en 181 3, un Traité sur le diamant, il paraîtrait qu'on aurait écrit karats au lieu àe grains; car, suivant M. Ma;we, le diamant dont il s'agit ne pèse que igS karats, c'est-à-dire à peu près le quart du poids indiqué par les autres auteurs. (Le karàt vaut 4 grains, ce qui fait i once 2 gros 52 grains.) Ce diamant a été payé 2 millions 25o mille livres comptant, avec 100 mille livres de pension viagère.

Tout le monde connaît l'usage des pointes naturelles de diamans, pour couper le verre. Avant que

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l'on employât ce procédé , on commençait par tracer un sillon dans le verre , au moyen de l'émeril , ou avec une pointe d'acier très dure. On humectait ensuite ,1e verre' à l'endroit du sillon , et l'on y passait une pointe de fer rougie au feu , qui déterminait la rupture du verre. Aujourd'hui les vitriers, à l'aide de ces petits diamans que les lapidaires rebutent , taillent un carreau de vitre dans un clin d'œil, et le diamant, lorsqu'il est privé dé l'avantage de plaire , a encore le mérite d'être utile.

TROISIÈME ESPÈCE

{Glanzkohie^ W.)

Le caractère distinctif de l'anthracite consiste en ce qu'il est d'une combustion lente et difficile , en quoi ce minéral diffère de la houille , qui brûle avec plus ou moins de facilité, en répandant une odeur bitumineuse connue de tout le monde.

L'anthracite est réellement susceptible d'être divisé mécaniquement , et le résultat de cette division conduit à un prisme droit^rhomboïdal. La houille , comme nous le verrons, donne un résultat analogue, et d'après ces observations, la forme dont il s'agit paraîtrait être celle du charbon naturel , lorsqu'il est dans un état particulier , et très différent de celui

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sous, lequel s'ofire le diamant. Dans l'anthracite , le charbon serait pur ou à peu près ; dan^ la houille , le bitume qui lui est associe n'influerait en rien sur la forme ; il communiquerait seulement à la houille la propriété de brûler plus ou moins facilement. Mais des observations plus récentes semblràt indiquer que la forme primitive de l'anthracite est celle d'un prisme hexaèdre r^ulier ; alors le résultat de division méca-* nique dont j'ai parlé serait le prisme ihouâ^oidal de I ao^ et 60^ , et différerait totalement dé «elui que donne la houille.

Caract. ,phys. Pesant, spécif., 1,8.

Dureté. Friable.

Electricité. Acquérant par le frottement, lorsqu'il est isolé, l'électricité résineuse. Electrique par communication ; donnant des étincelles à l'approche d'un excitateur , lorsque le morceau est en communication avec un conductetur électrisé.

Tctchure. Tachant assez souvent les doigts.

Transparence. Nulle.

Couleur. Noire ; jointe à un luisant qui tire sur celui du fer carburé , mais plus sombre.

Caract chim. Combustion lente et difficile , qui n'a lieu qu'à l'aide d'un feu violent.

Analyse par Vauquclin :

Carbone. • 0,68

Silice , environ. ...... o,3o

Fer 0,02

Caractètes distinctifs. l^ Entre l'anthracite et . la houille. Celle-ci a une pesanteur spécifique moin* dre , à peu' près dans le rapport de 7 à 9. Elle brûle facilement , et Tanthracite avec beaucoup de difficulté. Son luisant est noir , au lieu que celui de l'anthracite approche du gris métallique. 3®. Entre le même et le &r carburé. Celui-ci a ûné pesanteur spécifique plus grande, dans le rapport d'environ i4 à g; il tache beaucoup plus facilement le papier^ et y laisse des traces d'un gris métallique , au lieu que celles de l'anthracite sont noires.

TARIÉTÉS.

Formes déterminables.

1. Anthracite cristallisé. En cristaux ébauchés dont la forme tend vers celle d'un octaèdre aigu. Ces corps ont été découverts dans les mines de houille du pays de Berg , sur la rive droite du Rhin. Il y en avait un grand nombre dans le même endroit* On les a soumis à des épreuves qui ont paru indiquer qu'ils appartiennent à l'anthracite.

2. Schistoïde. Schiefrige Glanzkohle, W. Divisible par feuillets dontla surface estinégale etondulée.

a. Métalloïde, Des environs de Philadelphie.

3. Siratiforme. Par couches épaisses superposées. Deschalances d'Allemont.

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