TRAITÉ
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DE LA CLASSIFICATION DBS HINËRADX.
L'histoire naturelle embrassant à la fois un grand nombre d'individus, dont plusieurs ont des caractères fort rapprochés les uns des autres, on est obligé, pour en faciliter Tétude, de les réunir dans un certain ordre, de les classer en espèces, en genres et en familles. Ces classifications peuvent avoir leur base dans Texamen d'un seul caractère, ou s'appuyer sur l'ensemble des propriétés que présentent les individus du règne auquel elles se rapportent. De là naissent deux méthodes de classification difiTérentes, désignées sous les noms de classification arti^lle et de classification naturelle.
Les classifications artificielles ont été les premières en usage ; cela tient à ce que Ton s'est d'abord attaché dans Tétude des espèces à établir des caractères bien tranchés, sans apporter d'attention à leur plus ou moins grande importance ; il en est résulté que souvent on a réuni des êtres assez différents par leurs caractères essentiels, et séparé au contraire ceux qui avaient le plus d'analogie. Ce n'est que plus tard, lorsque 1 étude des sciences a été fort avancée, que l'on a pu comparer l'ensemble des propriétés, et grouper les corps suivant leur plus ou moins grande analogie. Les méthodes naturelles offrent donc en quelque sorte le résumé de toutes les observations
± DE lA CLASSIFICATION
faites sur une science, et À l'on pouifait les porter à leur dernier degré de perfection, elles présenteraient un exposé exact et complet des sciences naturelles.
Dans la botanique et dans la zoologie, la propriété de se reproduire, que les êtres possèdent, fournit une identité précieuse pour Tétude ; il n'en est pas de même dans le règne inorganique* ausii le« individus appartenant à une même espèce offreqt-ils souvent des différances de cars^etères extérieurs considérables et que nous avons déjà eu l'occasion de signaler dans le premier \olume de cet ouvrage (page 3). Le spath d'Islande^ le marbre de Carare et le marbre noir de Flandre appartiennent à l'espèce chaux carbonaii^^ quoique l'éclat, la transparence , la couleur même , soient très-différents dans ces trois variétés. L'espèce en minéralogie est donc formée de la réunion d'individus souvent dissemblables par leurs caractères extérieurs, mais liés les uns aux autres par une composition identique. L'isomorphisme de certains corps fait que l'identité de composition des minéraux est seulement atomique, et non pas absolue, comme cela a lieu pour les sels. Il en résulte encore une différence entre l'espèce minéralogique et l'espèce chimique.
DifAoïiltéfl de la olastiiloatioa ma mlnéraloffle. — Les différences essentielles que je viens de signaler dans l'espèce apportent de grandes diracultés pour la classification des minéraux. Chaque échantillon est pour ainsi dire un individu isolé, et les classifications naturelles deviennent très-difficiles.
Un autre obstacle à ces genres de classification tient à ce qu'il n'existe pas entre les minéraux de passages prononcés, et qu'on ne peut que rarement les associer en genres et en familles par une méthode naturelle. Il en résulte que les clas* sifications des minéraux sont, en général, fondées sur un caractère unique. La plupart ont pour base la composition chimique ; c'est effectivement le caractère qui présente le moins d'anomaUe.
Mais, tout en adoptant la composition comme principe fon-
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damental, plusieurs auteurs ont cberobé à la QOibt^iner arec Teiisemble des caractères extérieurs, de mamère à rapprocher le plus possible te groupement des espèoea des séries naturelles. Les difficultés que nous venons de signaler sont cause qu'aucune des classifications adoptées n'atteint exactement le but que leurs auteurs se sont proposé^ et qu'elles présentent toutes des rapprochements plus ou moins forcés. Néanmoins, les principales classifications mettant en regard un certain nombre de faits importants, nous pensons utile d'indiquer sommairement les bases sur lesquelles elles reposent.
Nous ne remonterons pas au delà, dans cette espèce de revue, des travaux de Werner ; les classifications antérieures se rapportent à un trop petit nombre de minéraux pour présenter de l'intérêt. La chimie n'avait pas appris, avant cette époque , que certains minéraux compactes et même terreux se rapportent à des espèces cristallisées, la classification de ces minéraux était complètement erronée ; c'est ainsi qu'Âgricola, dans son important ouvrage, intitulé de Re metallica^ sépare les terres des pierres.
flMallIfiaftnn àm wemer. *-* Le célèbre professeur de l'école de Freyberg, dont les doctrines scientifiques ont régné sur l'Allemagne pendant plus de trente ans, a principalement fait usage des caract^s exiirimn pour la classification des minéraux ; il les a réunis d après l'ensemble de leurs rapports, et sa classification rentre dans la méthode naturelle.
Il a d'abord groupé tous ke minéraux en quatre grandes classes, sous les noms de
i** Terres et pierres; 3® Cemhustibtes;
2« SeU; ¥ MiHnut.
Les seconde et troisième classes ne jouent qu'un très-fkible rûle ; car, sauf le sel gemme, la plupart des minéraux réunis sous le nom de sek sont des produits modernes. Le sulfate de fer, par exemple, est le résultat de la décomposition des pyrites; il en est de même du sulfate de cuivre, etc.