FER CHROME
qu'il n'existait qu'un fer chromé. Cette conclusion, qui s'accorde d'ailleurs avec les caractères extérieurs de ce minéral , résulte également de la plupart des analyses; toutefois, il est impossible de faire concorder la composition du fer chromé de Saint-Domingue avec la formule (FeyAl) Cr.
Fer chromé cristallisé de BalUmore, Des tlea Sheilaad,
par M. TboinsoD. Ozyg. par M. Tbomsoa.
Oxyde de chrome.... 52,95 15,82 1. | 56 16^75 1.
Peroxyde de fer 30,44 9.35 { . 31 9.60 ) .
Alumine 12,22 5,70) MIS 6,07$ ^'
Fer chromé de Saint-Domingue,
par H. Beribier. Ozyg.
Oxyde de chrome.. 36,00 10,76 1.
Peroxyde de fer.... 37,00 11,34 1.
Alumine 21,5 10,04 1.
Silice 5,0
Dans ce dernier échantillon, les relations atomiques con-* duisent à la formule Fe^Cr+AlKfj qui indique moitié moins d'oxyde de chrome.
prasochrome. — Landerer a donné ce nom à une matière terreuse verdâtre que Ton trouve, sous forme d'incrustation calcaire, dans Ttle de Syra, dépendante de Tarchipel grec. L'analyse a montré qu'elle consiste en carbonate de chaux coloré par de l'oxyde de chrome. On suppose que cet oxyde est le produit de la décomposition du fer chromé qui existe associé avec la prasochrome.
Analogries. — Le fer chromé présente la plus grande ressemblance avec le fer oxydulé; la propriété magnétique de ce dernier minéral le distingue immédiatement; le fer oligisUf le cuivre grU^ le wolfram^ ont paiement quelque analogie avec le fer chromé. Sa dureté est beaucoup plus grande que celle de ces minéraux ; les caractères suivants peuvent être également employés, pour les distinguer ; le fer oligiste donne une poussière rouge, tandis que celle du fer chromé est grise; le cuivre gris et le wolfram sont fusibles au chalumeau, le fer chromé est infusible.
GRICSITONITE. 617
CnUOBTOVITll .
Graitonite ; Fer oxydnlé titane ; Hohsitc.
La crichtonite se trouTe en petits rhomboèdres très-aigus, sous 1 angle de 61<^27^ adhérents à des cristaux de quartz qui proviennent du département de l'Isère. Sa couleur est le noir éclatant; elle est opaque même dans les fragments minces. Son éclat est métallique ; sa cassure est conchoide et éclatante ; on connaît un cliyage peu net, perpendiculairement à l'axe du rhomboèdre, et par suite parallèlement à la base du prisme à six faces. La pesanteur spécifique de la crichtonite est, d'après M. Marignac, 4,727; sa dureté est 4,5; la crichtonite raye la chaux fluatée, mais elle ne raye pas le verre. Infusible au chalumeau, elle donne avec le sel de phosphore un verre qui, après Tévanouissement de la couleur due à l'oxyde de fer, devient rouge en se refroidissant. Inattaquable par les acides.
M. BerzéUus a fait un essai qualitatif de la crichtonite, d'où il résulte qu'elle est composée d'oxyde de fer et d'oxyde de titane.
D'après une analyse récente de H. de Marignac, ce minéral est composé de :
Oxjg.
Oxyde ferreax 46,53 10,59 1.
Oxyde ferriqae 1,20
Acide titanique 52,27 20,75 2.
La formule qui le représente est donc /7t^.
Les cristaux de crichtonite sont rares; néanmoins, l'Ecole des Mines en possède de très-nets affectant la forme primitive, fig. 123, })I. 72, et la même, fig. 124, avec une troncature a* perpendiculaire à Taxe; cette face représente la base du prisme à six faces.
jpt^. 125. Gristauxdans lesquels existent de petites faces &S appartenant à un rhomboèdre, équiaxe au primitif.
ë49 GRioHrainv.
M. le comte de Bounion a décrit en outre un rhomboèdre dont le signe est a^/^, je n*en ai pas vu d'échantillons.
Angles principaux de la crichtonUe,
P mir P tK 6I« 97'. $* but 6* ±= 05* a*,
P sur 61 ^ 43* aiy. <|t m b' ^ 103* ^O'^
P 8or al = 97« 0' 30»- a* 8ur a»/« ^ iW «'.
Psara»/*= 146* 18'.
Cri^litpQlU lAiMlleiiM. «^ On donne o« nom à des cr»taux lenticulaires et très^minces de fer oUgiste contenant une certaine quantité de titane; la présence du titane, jomte au même gisement, sont les deux seules raisons qui ont ftiit réunir ces lamelles de fer oligiste à la crichtonite; elles proviennent égalemept de TOisans dans le Dauphiné. Elles sont disséminées sur d^ petitfta druses de quartz.
lf9lisiC0. ^ M. Lévy* a donné ce nom à deecrislaui: trèsaplatis, présentant Taspect de petites tables, ftg. 196, fortement arrondies ; on y remarque des angles alternativement rentrants et saillants. Leur couleur d*un noir de fer, leur éekt métallique, en général tous leur» caractères extérîeura sont semblables à ceux de la crichtonite ; ils rayent le verre et n'ont aucune action sur le barreau aimanté.
Cette analogie me fait penser qu'on doit réunir la moksik à la crichtonite. La seule difQculté consiste dans l'angle du rhomboèdre ; mais si Ton considère les faces marquées? dans la fig. i26, comme le rhomboèdre primitif de la «richtonite, lequel serait alors de 73^43', celui de 61° 27' que j'ai indiqué pour cette espèce en dériverait par un décroissemeni sur les angles dont la loi serait e*l*j qui est assez ample et dont on connaît plusieurs exemples*
I^s macles de cette variété de crichtonite sont remarquables; les axes des deux cristaux qui les forment coïncident on sont parallèles, et pour obtenir leur position relative, il fout
■ PhUosopkiealMagwine, 1 1», deuxième série, 1S27, p. 121.
ILMÉRITE. 619
supposer qu'apràa atoir été parallèl69» l'un d'eux a tourné de 30 degrés ou de 90 degrés autour de l'axe, au lieu de 60 ou 180, ainai que eela a généralement lieu, pour les macles formées par des cristaux dérivant d'un rhomboèdre. L'épaisseur des deux cristaux est la même, et leurs faces a^ sont sur le même niveau^ de sorte que les deux demi-feees sont dans le prolongement Tune de l'autre et ne forment qu'un seul plan.
Les cristaux de mohsite sont adhérents à du quartz chlorité, analogue à celui qui supporte les cristaux de crichtonite ; il y a donc tout lieu de croire qu'ils proviennent également de rOisans, en sorte que le gisement est encore un rapprochement do plus entre ces deux minéraux .
Les angles mesurés par M. Lévy sont :
P sur P = 730 43r. p sur a* «= H2o 30'.
P sur d" = 157* 10'. V sur a» = 129» 39'.
è- nur b> » 96« SS'. 0« sur a* i^ i01« kV.
Ptf titné; Fer oligiste axotôme ( Hobs ).
Le nom d'iJméntte a été successivement appliqué à plusieurs minéraux, et il en résulte quelque difficulté. M. Brooke Ta donné ^ à la aubMance que nous allons décrire bientôt sous le nom à!dm$ng%U. Cette dernière dénomination ayant déjà ellemême été appliquée à un autre minéral, que M. Breithaupt avait décrit sous le nom de mma»U , M. Gustave Rose a conservé le nom à'ilmènite au fer titane provenant du lac d'Ilmène, près Miask, dans l'Ourtil, lequel avait été proposé d'abord par Kupfer.
L'ilménile est d'un noir de fer ; sa poussière est également noire. Sa dureté, 5,75, est presque égale à celle du feldspath ; cependant elle est rayée par ce minéral. Sa pesanteur spéci-
■ M « ■ ' ■■ I ■'.■■■■ .1 ■ ■■■ iili> . , ■ Il Mil ■ ■ ■■ Il II H I M [■■i^i II ■
t FkOoM^pMM Jftifiuarinf, vol. X, p. 187.
620 ILMËNITE.
figue varie de 4,675 à 4,766. Son éclat est métallique» un pea terne. Elle n'est point magnétique.
L*ilménite est infusible au chalumeau ; mais elle change de couleur, elle devient d'un brun noirâtre; ce qui prouve que les oxydes y sont au minimum. Quand on la mêle avec le sel de phosphore dans la flamme oxydante, elle fond &i un verre dont la couleur reste verte tant qu'il est chaud, mais qui devient d'un rouge brun en se refroidissant.
Elle est attaquée très-difficilement par les acides, et pour que l'attaque en soit complète, il faut qu'elle ait été poqihyrisée par lévigation.
L'École des Mines possède de très-beaux cristaux d^ilménite , qui lui ont été donnés par M. le général Tschewkin, commandant du corps des ingénieurs des mines de Russie. Ces cristaux , de près de deux pouces de longueur , brillants sur certaines faces, sont arrondis sur d'autres, comme s'ils avaient éprouvé l'action du feu. Cette disposition, très-marquée sur les cristaux isolés, l'est encore davantage pour les échantillons sur gangue ; la séparation du granité et de Tilménite n'est pas nette, le granité est lui-même comme fonda, et les cristaux d'ilménite, complètement arrondis, se sont pour ainsi dire infiltrés dans la partie pierreuse.
Les mesures des angles de l'ilménite par M. Rose, et que M. Descloizeaux a répétée sur les cristaux de IHÊcole des Mines, établissent que sa forme primitive est uo rhomboèdre sous Tangle de 86» 5', fig. 127, jpî. 73.
Quelques cristaux portent la base du prisme et des facettes d'un rhomboèdre obtus qui parait correspondre à Téquiaxe ; les angles de ces facettes sont :
P 8UP P = m 5'. a' sur 6* = 141» 26'.
F sur a» = 122<» 6'. b^ sur 6» = 11*« W.
Les cristaux d'ilménite sont allongés ; leur position naturelle conduirait à les regarder comme dérivant d'un prisme rhomboldal ; mais quand on cherche la symétrie des bces,
ILMËNITE. 621
on recoDQûtt ^ue le rhomboèdre peut seul en rendre raison. La fig. 128, pi. 73 , qui représente les cristaux habituels d'ilménite , est presque la représentation d'un cristal de fer oligiste. Le développement considérable qu'a acquis Tune des faces P et de 6^ aux dépens des deux autres communique à ces cristaux la disposition prismatique que je Tiens de signaler et qui leur est propre.
M. EE. Schmid a décrit un cristal doucette forme provenant de Miask ; remarquable par ses dimensions, la base a 0™,150 de large; sa hauteur est 0™,095. ^Ce magnifique cristal présente un clivage suivant sa base. Sa pesanteur spécifique a été trouvée de 4,85. Les résultats de l'analyse de ce cristal , faite par M. Schmid , se rapprochent de ceux que M. Marignac a obtenus pour la washingtonite. Nous avons en conséquence mis ces analyses en regard y page 516.
L'analyse de l'ilménite, par M. Kobell, a donné les résultats suivants :
oxyg.
Acide titanique 46,92 1S,S3 6.
Peroxyde de fer 10,74 3,29 1 .
Protoxyde de fer 37,86 8,33 \
Protoxyde de manganlMe. 2,73 0^61 > 3.
Magnésie 1,14 0,4o)
Composition qui mène à la formule FaT? + 3/Tt.
L'ilménite correspond exactement au fer oligiste axotôme de M. Mobs. L'angle que ce célèbre professeur a assigné à cette espèce est 86® 5', presque identique avec celui que j'ai indiqué ci-dessus comme appartenant à l'ilménite. On remarquera aussi qu'il s'écarte très-peu de l'angle du fer oligiste, qui est 86*> 10'. La forte proportion d'acide titanique et la présence d'une grande quantité de protoxyde de fer ne permettent pas cependant de confondre ces deux espèces, que la cristallographie semblerait identifier. La couleur de la poussière est le caractère le plus saillant pour distinguer cette espèce.
M. Delesse , ingénieur des mines , a fait l'analyse des cris-»
fJÊÈ iLMtMTB.
taux d'ilménite donnés par M. le générai TsGhéWkiil t Iti$ré«
sultats qu'il a obtenus pi^ésentent une grande analogie ayec ceux de M. Kobell, à l'exception toutefois d'une inversion dans le rôle des deux oxydes de fer. Cette différence tient peut^tre à une erreur dans la transcription de l'analyse de M. Kobell. On ne peut en admettre une de cette nature dans le travail de M. Delesse, dont il discute les résultats. Cette analyse lui a donné :
Oxyde de titane 45,40
Silice 0,40
Protoxyde de fer 14,10
Peroz. de fer et oxyde > ai «i
rouge de manganèse 40,70 Ç *"l»o"'
Chaux 0,50
Oxyde de plomb 0,90
Acide stannique 0,50
Outre les échantillons cristallisés que j'ai décrits ci-dessus, M. le général Tschewkin a encore donné à TÉcole des Mines, sous le nom à'ilménile , un très-beau morceau amorphe , à cassure conchoïde éclatante , et d'un aspect un peu résineux. Cet échantillon, qui provient du lac Umène, comme les cristaux y a produit à Tessai les réactions du titane ; du reste, ses caractères sont analogues à ceux des fragments de cristaux.
M. Hugard a recueilli des cristaux d'ilménite à Zermatt, au pied du Mont-Rose; ils y accompagnent la pérowskite, que ce jeune minéralogiste a découverte dans cette localité. Il a déposé dans la collection du Muséum un très*beau cristal d*ilménit6 ^ dont la forme générale est celle d'une table aplatie. On y distingue les faces P, 6S et aS Qui sont très-nette* ment terminées.
Ce gisement intéressant de Tilménite et de la pérowskite montre une analogie de plus entre les montagnes des Alpes et celles de rOural.
En terminant la description de cette espèce, je crois utile de faire remarquer que Tacide titanique ne change ni laforme du fer oxydulé ni celle du fer oligiste; en sorte que» sans
ILMiNITI. ttS
l'absence de la propriété mag&éti^e du fer titane, et sans la différence entre la couleur de la poussière du fer oligiste et l'ilménite , il n'y aurait pas de caractères certains de séparation entre les espèces titanifères et celles qui ne le sont pas. Cette circonstance singulière a engagé M. Mosander à proposer risomorphisme de la combinaison de protoxyde de fer et de titane avec le fer au n)aximum ; en sorte que F« + T pourrait remplacer '^è. Cette supposition hardie expliquerait effectivement assez bien la singularité que nous venons de signaler; mais il faut» avant de Tadopter^ que d'autres exemples viennent Tappuyer.
washin^onite. — M. Shépard a donné ce nom à un fer ti^* tané dont les caractères se rapprochent tellement de ceux de Tilménite , qu'il est bien difficile de Ten séparer , quoique la composition de ces deux minéraux soit assez différente. La v^ashingtonile est en prismes hexagonaux aplatis , modifiés sur leurs angles par des facettes qui conduisent à un rhom* boèdre de 86^ environ , à peu près identique aveo Tangle de rilménite. Sa pesanteur spécifique est de 4^993; sa dureté égale 5,6. Il est noir, mais cependant avec une teinte brune« Sa composition, d'après M. de Marignac, est :
CrisUldeHiaak, Oxyg. par Schmid '.
Acide tiUnique 22,21 8,S2 2. 28,05.
Peroxyde de fer 59,07 17|88 , 4. 70,70.
Protoxyde de fer 18,72 4,16 1 . Magnésie 0,70 .
Ce qui conduit à la formule 3 Fc T+4 *i^.
La composition de la washingtonité est très-rappfochée de celle du fer titane d'Arendal, qui est réuni à l'ilménite. Les analyses suivantes de Mosander établissent ce rapprochement.
Pour compléter la connaissance de cette espèce, nous y joignons deux analyses que le même auteur a faites du fer titane d'Egersund :
' AîmaiM de Poggêndorff, t. LXXXIY, f. 406.