‹ Traité de minéralogieChapitre 25 sur 118 · HYDROGÈNE CARBONÉ · texte numérisé non relu

HYDROGÈNE CARBONÉ

d'un corps en combustion et détone fortement lorsqu'il est mêlé d'air atmosphérique ; il donne par sa combustion de l'eau et de Tacide carbonique ; sa pesanteur spécifique est 0,559, l'oxygène étant pris pour unité.

Le gaz hydrogène carboné, beaucoup plus fréquent que les deux précédents, se forme journellement sous nos yeux. Dans les temps chauds, on le voit s'élever sous forme de bulles à la surface des eaux stagnantes, par suite de la décomposition des matières organiques ; mais il se dégage aussi du sein même de la terre. On le trouve en grande quantité dans l'intérieur des mines de houille, où il se renouvelle continuellement, et devient quelquefois, par son inflammation, la cause de graves accidents. Il s'échappe de la masse du combustible, et quand l'aérage n'est pas assez vif, il s'accumule dans quelques galeries avec une telle abondance, qu'il suffit de percer un trou de sonde pour en provoquer un jet violent. Tous les charbons ne donnent pas également du gaz hydrogène carboné ; il y a des mines de houille qui ne sont jamais infectées de grisou^ tandis que dans d'autres, au contraire, son dégagement est très-fréquent. Souvent môme, dans une mine, certaines couches produisent du grisou en abondance, tandis que les autres n'en donnent pas. Cette circonstance est encore un problème que l'analyse n'a pas résolu ; il semblerait que le gaz, formé depuis longtemps, est retenu prisonnier dans les pores du combustible, et qu'il n'attend qu'une issue pour se dégager, avec une force proportionnelle à son élasticité.

Outre cette espèce de gisement, le gaz hydrogène carboné se dégage encore des terrains volcaniques; mais le gisement le plus abondant et le plus curieux est celui qui constitue les sal%esj espèces d'éruptions boueuses, qui se produisent dans des terrains argilo-sulfureux. La violence avec laquelle le gaz s'échappe du sein de la terre est telle, qu'il rejette les sables qu'il traverse, et que, les mélangeant avec l'eau, il en résulte des déjections boueuses quelquefois très-abondantes. La pré-

^ , HYDROGÈNE CARBOKÉ.

sence du sel dans ces déjections les a fait désigner sous le TomlZ . '" *""''°* '^'^^'^ «° ^'«^^io" «veoles phé-

flamS"' ^V^^ ^"^' hydrogène carboné se trouvent enflammes par Rapproche accidentelle d'un corps en ignition, ih donnent naissance à ce «lu'on appelle (erraim ardints, fini

T:LZT\ ""'""' -/»«--«-. feu. naturel., eZ qu on a quelquefois confondus avec les eflfets volcaniques, don!

tion se fait sans détonation . mais les flammes s'échappent au premier moment avec bruit ; elles produisent une chaleTassez orte pour calciner le terrain sur lequel elles brûlent, et laissen de grands espaces arides, incapables de végétation. Ce sont même les portions de terrains calcinés qui font décou-

ne sont ordinairement visibles que la nuit, et sont éclipsées daiis le jour par la lumière du soleil. La chaleur qui se dégage est encore fréquemment sensible à quelque distance ; on sent en même temps une odeur particuUère, surtout lorsqu'on est place sous le vent. Ces feu», une fois allumés, continuent à brûler pendant plus ou moins de tempe, jusqu'à ce que de grandes averses, de grands coups de vent viennent les etemdre.

Ces sources gazeuses sont assez nombreuses à la surface de la terre; on en cilo dans toutes les parties du monde. L'Italie est, près de nous, la localité la plus remarquable sous ce rapport Il y existe un grand nombre de sources de cette espèce sur la pente septentrionale des Apennins, dans le Parmesan, le Modenais le Bolonnais, etc. C'est là que se trouvent les feux de Valleja, de Pietra-Mala, de Barigazzo, etc. On connaît également des salzes considérables en Sicile, entre Arragonaet Girgenti, au lieu nommé Maceahtba.

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