‹ Traité de minéralogieChapitre 36 sur 118 · EAUX MINÉRALES JAILLISSANTES. SI · texte numérisé non relu

EAUX MINÉRALES JAILLISSANTES. SI

caustique ; telle est ropinion émise par le docteur Black. Les analyses de H. Damour ne conduisent pas à ces conclusions ; aussi ce chimiste distingué est-il disposé à admettre que la silice contenue dans les eaux de l'Islande provient de Taltéralion des roches du sous-sol par Teau même, et qu'elle y a été dissoute à Tétat de silicate alcalin, dont la composition est représentée soit par la formule Nfl' Si^, soit par la formule Na St. Ces deux silicaies, que M. Damour a reproduits artificiellement, sont, en effet, très-solubles dans Teau. Ce savant suppose que peu à peu, l'action des fumerolles, formées de vapeurs sulfureuses et chlorhydriques qui arrivent dans ces eaux par les conduits souterrains, a dû modifier notablement la composition première du silicate alcalin dissous. Il s'est formé des sulfates et des chlorures. La quantité d'alcali combiné à la silice a subi, de cette manière, une réduction successive, et le rapport primitif 1 : 2, ou celui 1 : 3 est devenu 1 : 9. A cet état de saturation , une certaine proportion de silice, cessant d'être soluble, a dû se déposer.

Il est assez probable que la quantité de silice qui se dépose encore actuellement correspond à la quantité d'alcali saturée chaque jour, soit par l'action des fumerolles, soit par suite de l'oxydation des sulfures alcalins, passant, au contact de latmosphère, à l'état de sulfates.

U semble aussi que le moment où commence à s'établir le rapport 4 : 9, 1 : 8 entre l'oxygène de l'alcali libre et l'oxygène de la silice, soit le point de départ de la formation du dépôt siliceux. La source de Laugarnes nous offre, à ce sujet, un point de contrôle bien remarquable : cette source ne dépose pas d'incrustations siliceuses, et M. Descloizeaux était persuadé que l'on ne trouverait pas de silice dans l'échantillon qu'il en avait apporté. Or, il en est arrivé tout autrement. Cette eau, à la vérité, contient moins de silice que celle des autres sources ; mais le rapport entre les alcalis et la silice est le même que dans l'eau du geyser, 1 : 3. Le dosage du chlore et de l'acide sulfurique semble donner raison de l'absence du

dépôt siliceux. Les acides qui saturent la soude se trouvent, dans cette eau, eu plus faible proportion relative que dans les autres sources; il en résulte que, toute déduction faite, la soude restée libre, comparée à la quantité de silice, présente le rapport 1 : 5, ou, peut-être, 1 : 6, au lieu de 1 : 9, qui se remarque sur Teau du geyser.

Action de l'eaa chaude sar les silicates. — Les silicates de soude Na Si, Na» Si^, que M. Damour suppose avoir existé primitivement dans les eaux de l'Islande, sont très-solubles, mais CCS composés ne sont pas connus dans la nature, du moins à Tétat isolé. Les silicates alcalins sont presque toujours unis à une proportion considérable d'alumine. Pour vérifier son hypothèse, M. Damour a recherché quelle serait Faction de Teau sur des silicates alcalins appartenant à des roches. Il a dû se renfermer dans la limite des composés naturels, et il a choisi , pour commencer ses expériences, un minéral qui se trouve assez abondamment dans les roches volcaniques anciennes. Ce minéral est la mésolype. Il est composé de soude, d'alumine, de silice et d'eau, dont les quantités d'oxygène sont entre elles comme 1 : 3 : ; 6 ; 2. Si Ton chasse Teau de cette substance, à Taide de la calcination, on obtient un produit qui représente exactement la composition du ryacolithCf espèce minérale de même formule que le labradorite, et que Ton considère comme faisant une partie constituante de beaucoup de roches trachytiques. En chassant Teau de la mésotype, au mdyen de la chaleur, on a obtenu un composé de même formule que le ryacolithe qui aurait perdu son état cristallin.

Une quantité de cette matière, pesant 8^,9110, pulvérisée grossièrement, a été placée dans une capsule de platine renfermant un peu moins d'un décilitre d'eau distillée, et le tout exposé, pendant vingt-quatre heures, à la tempémlure de 50 à 00 degrés centigrades. La liqueur étant bien éclaircie a été évaporée à siccité dans mie autre capsule de platine ; il est resté un résidu notable de matière alcaline siUcifère. Traitée

EAUX MlNÉRALEfl JAILLISSANTES.

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par l'eau, cette matière s'est redissoute, et quelques goultcs d'acide chlorliydrique y ont déterminé une faible effervescence. Evaporée de nouveau à une douce chaleur, la liqueur a laissé apparaître des cristaux très-nets de chlorure sodique.

La portion iadisBoute du minéral a été introduite dans un matras contenant un tiers de litre d'eau distillée, et le tout exposé, pendant vingt-quatre heures, à une température de SO à 90 degrés. La liqueur filtrée, puis évaporée dans une capsule de platine, a donné un nouveau résidu très-appréoiable. En réunissant ce second résidu au premier, M. Damour a trouvé pour la composition totale :

Ozygëae. Rapports.

Silice 0,0445 0,0231 3.

Alumine 0,0190 0,0088 1.

Soude 0,0896 0,0229 3.

La soude contenait, en outre, une quantité non dosée d'acide carbonique enlevée à l'atmosphère.

Dans une autre expérience, 12''-,8190 de mésotype, préalablement chauffés au rouge dans un creuset de platine, ont été mis en digestion avec 5 décilitres d'eau distillée, ajoutés et décantés successivement. Après chaque décantation, le minéral était chauffé à 300 degrés. Cette opération a été renouvelée cinq fois, et à chacune d'elles, il s'est dissous une nouvelle quantité de minéral. Chaque digestion a duré de vingt à vingt-quatre heures, sous Tinfluence d'une température de 80 à 90 degrés.

Les différents dépôts réunis pesaient 0*'',4410. Traités par l'eau, ils se sont redissous en grande partie; cependant, la liqueur était troublée par une matière floconneuse qui s'est déposée au bout de quelques jours; la liqueur exerçait une réaction alcaline.

L analyse de la partie dissoute a donné pour sa composition :

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