‹ Traité de minéralogieChapitre 49 sur 118 · QUARTZ RÉSINITE. 15S · texte numérisé non relu

QUARTZ RÉSINITE. 15S

édition de cet ouvrage. Les raisons qui m'avaient conduit à cette opinion sont en premier lieu, que la proportion d'eau varie presque du simple au double, et que si Ton peut admettre une certaine latitude dans la composition, jamais elle n'atteint ces limites ; 2<^ que le quartz résinite séché reprend une certaine quantité d'eau, moindre, il est vrai, que la proportion qu'il contenait avant sa dessiccation, et qu'il est dès lors probable que l'eau y est à l'état hygrométrique. Les recherches intéressantes que M. Damour a publiées sur les incrustations siliceuses des geysers dislande ont modifié ma manière de voir à cet égard. Je suis porté à admettre que certains quartz résinites appartiennent à l'espèce quartz, et que d'antres constituent un minéral particulier mal définie. Celuici serait caractérisé par une combinaison d'eau et de silice, dont les proportions sont imparfaitement connues ; peut-être même les hydrates de silice seraient-ils plutôt un groupe qa'une espèce, ainsi que M. Damour l'indique.

Cette différence entre les quartz résinites est en très-grande partie en relation avec leur gisement. Les échantillons que 1 on trouve dans les terrains neptuniens , notamment dans le calcaire d'eau douce du bassin de Paris, les ménilites disséminés en rognons dans les terrains de pierre à plâtre de Montmartre, le quartz résinite blanc laiteux du mont Musinet en Piémont, peut-être aussi les quartz résinites qui reno placent des bois fossiles me paraissent pour la plupart devoir être conservés au quartz.

Les opales de Hongrie, celles du Mexique, associées à des porphyres; Thyalite et la fiorite, en relation directe avec les phéDomènes volcaniques, seraient, au contraire, de l'hydrate de silice. Le quartz thermogène du geyser, désigné par plusieurs minéralogistes sous le nom de geyseriie, appartiendrait également à ce groupe.

Quartz résinite. — La couleur de cette variété de quartz est généralement le blanc laiteux. Tels sont les quartz résinites de Champigny , ceux qui sont associés avec les meulières.

IS4 QUARTZ RËSINITfi.

Cependant il existe des quartz résinites bruns et ferrugineux. Je serais très-disposé à y ajouter les quartz résinites bruns ou yerdâtres que l'on observe dans toutes les collections. Du reste, la séparation de ces échantillons est difficile. La proportion d'eau me parait y être plus considérable que dans les opales ; mais ce qui caractériserait chimiquement cette variété de quartz, c'est qu'elle ne serait point attaquable par les acides, même après avoir été calcinée.

Hydrophan^^ — Le quartz résinite qui porte ce nom est une variété de cette sous-espèce de quartz, il est blanc ou d'un jaune rougeâtre ; il appartient par ses caractères extérieurs à la division des demi-opales. Le nom d'hydrophane est em-* prunté à une propriété remarquable dont il jouit, qui consiste en ce qu'il acquiert de la transparence lorsqu'on le plonge dans l'eau , en s'imbibant de ce liquide. Pendant rimbibition, qui dure quelques instants, on voit s'élever de la pierre des files de bulles d'air, qui en sorlent pour faire place à l'eau. Cette variété, que nous avons dû citer , à cause du phénomène particulier qu'elle présente; est fort rare. Les anciens minéralogistes la regardaient comme une merveille presque unique, et ils ont donné le nom pompeux d'oculus mundi (oâl du monde) à des hydrophanes taillés en cabochon. La capillarité de l'hydrophane , évidente par la facilité avec laquelle l'eau est absorbée par cette pierre, et qui résulte de la multitude de vides et de fissures qu'elle présente, est une propriété qui me paraît commune aux quartz résinites proprement dits. L'eau qu'ils contiennent serait de l'eau hygrométrique et non de l'eau en combinaison. La facilité avec laquelle ils l'abandonnent ou s'en chargent de nouveau, suivant qu'on les expose dans un milieu sec ou dans un milieu humide, me parait un argument en faveur de cette opinion.

Quarts réalnllM hydratés.— Hydrate ém «lUoa. — J'ai déjà indiqué que les opales, dont le caractère essentiel est de présenter, tantôt d^ reflets chatoyants, ayant quelque

QUARTS ramioGim. im

aaalofie âT«c «eut de ia xmcre, tantôt des Mintillements tifs ei iriflég, appartieDneDt à cette espèce.

UfêMH et Florlte» *— Le qaarlz résinite se présente quel* qaefois sous forme de petites coocrétions globuliformes ^ à MSBure esquiUeuse, etaoalogues par leur disposition aux gouttelettes de gomme qui découlent de certains arbres. Ces cod* crétioQs quartoeuses sont en général adhérentes à des roches volcaniques. Lorsqu'elles sont transparentes, comme à Bohûnies en Hongrie, on les désigne sous le nom à'hyaUte; quand diessont compactes, comme celles de Santa-Fiora en Toscane^ M leur donne le nom de fiante^ par allusion à k localité d où elles proYÎeanent.

PemiUewr spécifique. -^EUe varie de 2,11 à 2,35; les variétés opaques et fortement colorées sont les plus pesantes.

Geyterite. — Quarts therma^ètitt* — La plupart des produits des eouroes thermales doivent paiement, d'après le tra- ▼ail de M% Damour, être consid^éa comme des hydrates de silice naturels^ Les jets d'eau chaude des geysers en Islande produisent des dépôts «lîceux de cette nature» ratnarquables par leur adhérence et le passage qu'ils présentât avec le quarte résinite; la silice tenue en dissolution dans ces eaux se dépose autour de ces geysers et forme des bassins natu* rsis. Les parois sont formées tantôt d'un quartz résinite blanc laiteux, semblable à du cacholoug, tantôt de masses concrétionnées blanches, blanc grisâtre ou légèrement colorées par Toiydede fer, qui, bien que d'aspect terreux, ont une certaine solidité. Souvent cette silice forme aussi des incrustations sur des débris de végétaux qui croisaient autour des bassins où elle se dépose. Ce sont principalement ces dépôts terreux qui ont reçu le nom de geyseritê^. La moyenne des analyses a conduit M. Damour à représenter la composition de cet hydrate parla formule Si'+ Aç.

* îks IncrwtaUùns siliceuses àes ffèysers et sur divets hydrates de siUoe natursU, iMir M. Dtmoar. (Balletin de la Société de géologie^ t. V, p. 157, iS48.)

i56 QUARTZ TH£RMOG£N£.

La geyserite raye facilement le verre ; elle est infusible au chalumeau ; chauffée dans le tube fermé, elle laisse dégager de l'eau qui exhale une odeur empyreumatique. Calcinée, l'acide sulfurique la dissout complètement. A cet état elle a été également attaquée en partie par une solution concentrée de carbonate de soude ; avec du soufre mis en excès , la liqueur s'est colorée en jaune brun et a exhalé une odeur d'acide sulfhydrique ; elle a conservé sa transparence, tant que la liqueur a été maintenue au-dessus de 70 degrés centigrades; en la laissant refroidir, elle s'est troublée, et la silice s'est déposée en abondants flocons. À chaque fois qu'on a renouvelé la liqueur, une nouvelle portion de siUce s'est dissoute.

M. Damour a conclu de cette observation intéressante, que la silice a été dissoute dans les eaux par Tintervention de l'alcali, aidé par celle du soufre.

La facilité avec laquelle la geyserite s'attaque par l'acide sulfurique, après avoir été calcinée, l'action que les alcalis exercent sur ce minéral, la proportion assez constante d'eau qu'elle contient, ont engagé M. Damoiu* à la considérer comme un hydrate de silice naturel. Des observations analogues sur les opales du Mexique et de Hongrie l'ont conduit à la même conclusion. Toutefois les formules que M. Damour adopte pour ces silicates difTèrent, parles relations atomiques, entre la silice et l'eau.

La différence de composition entre ces deux espèces d'opales est corroborée par quelques caractères extérieurs. L'opale de Hongrie a une densité un peu supérieure à celle du Mexique; elle est plus dure, elle n'est pas hygroscopique et ne change pas de couleur au contact de l'air. L'opale du Mexique est très-hygroscopique, et certains échantillons transparents ou peu colorés au moment oii on les touche deviennent plus tard bruns et laiteux.

M, Damour admet que le règne minéral présente à l'état libre quatre hydrates de silice, qu'il classe dans l'ordre suivant :

SIUCE GÉLATINEUSE. 157

Opale du Mexique )

Gcyacritc J S -H 2St ou Ag 4- 6Si.

Opale de Hongrie S + 3SÎ ou kq + OSt.

Silex résinite du Mexique. . . 5 + 4SÏ ou kq + 12St. HyaUte H -+- ÔSt ou Ag -f- 18Si.

silioe çélatinenfte. — Randanite. —Outre la silice terreuse que nous avons signalée plus haut, il existe des amas de silice pulvérulente qui possède la propriété particulière de se dissoudre dans une lessive de potasse caustique, et qui est, en outre , soluble dans les acides. Analysées, ces masses terreuses contiennent presque exclusivement de la silice et de Teau. On les désigne sous le nom de silice gélatineuse. On doit signaler avec soin cette manière d'être de la silice, parce qu'elle joue un rôle important dans la nature. Beaucoup de sources thermales en contiennent; mais, en) outre, quelques roches en admettent en mélange, de sorte qu'elle paraît avoir été abondante à une certaine époque de la formation de notre globe ; sa présence est peut-être la cause de quelques erreurs dans l'appréciation des analyses. M. Sauvage, iugénieur des mines, auquel on doit une description géologique du département des Ardennes*, signale un grès vert, dans les environs de Vouziers, qui contient jusqu'à 56 pour 100 de silice gélatineuse. Il y a donc dans cette localité, un mélange évident de deux espèces bien distinctes, de la chaux carbonatée et de la silice gélatineuse.

M. Guillemin a également reconnu dans le département de l'Allier de la silice à cet état ; mais le tait le plus important de cette nature, ce sont les amas de silice gélatineuse et ter« reuse que M. Fournet a signalés à Ceyssat ainsi qu'aux environs deRandan, dans le département du Puy-de-Dôme. Cette silice terreuse constitue une terre légèrement jaunâtre, friable, traçant en blanc comme la craie, réductible en farine impalpa-

* Siatistiquê mmérahgique et géologique du dépariemeni dês Àrdennes , par tt. StuTage et Buvignier, p. 559.

ble sous la pression des doigts, et remplisswt Tair dft petits nuages légers, à la plus faible agitation de l'atmeaphère. Elle polit l'argent. Mdlée à un iringtième d'argile blanche réfractaire, M. Foumet en a fabriqué des briques qui, euites au four à tuiles, en sortirent blanches, sonores, et d'une légèreté telle, que leur pesanteur spécifique n'était que de 0,595. L'analyse de cette terre a donné à M. Foumet :

Stu, aelde «trboaiqve» mUta« «rgtniqad. . . iO^OO.

Sables divers par déeantatioii. • . . , » 0,80,

Silice gélatineuse pure 87,20.

Fer et alumine 2,00.

GhauK et magnésie traees.

Quelques personnes ont désigné cette silice sous le nom d% randanUe.

Sou analogie avec les tufs siliceux des geysers, en Islande, a conduit M. Fournet à supposer que la silice terreuse de Ban* dan et de Geyssat est due à des dépôts de silice gélatineuse, contenues dans les eaux minérales de TAuvergne.

Depuis que cette notice a été écrite, j'ai eu Toccaslon d'exa* miner au microscope la silice gélatineuse de Geyssat ; elle est composée presque entièrement des mêmes infusoires que M. Ehrenberg a signalés dans le tripoli de Bilding; il en résulte qu'elle ne doit plus être considérée comme un dépôt de sources thermales, mais qu'elle fait partie des terrains tertiai* res supérieurs de T Auvergne.

La malthaoite et la micbaeUte sont deux hydrates de silice analogues à la randanite. Je ne serais pas étonné que ces substances, qui sont friables, fussent également composées d'infusoires, car ce phénomène devient plus général k mesure qu'on examine au microscope la silice terreuse soluble dans les acides. M. Amici m'a récemment montré que la silice terreuse, appelée farine fossile, si abondante dans les environs de Santa-Fiora, en Toscane, est formée des mêmes infusoires que le tripoli de Bilding.

QUARTZ JASPE. iî)9

J'ai indiqué que les eaux thermales du mont Dore ( p. 67) contiennent une assez grande quantité de silice en dissolution, qoe cette silice se dépose, dans les conduits qui amènent les eaux, tantôt à l'état de rognons, tantôt sous forme de plaques terreuses. Celles-ci sont analogues par leurs caractères à la geyserite. Les rognons eux-mêmes présentent bien quelquefois de la solidité et des Teines noires et blanches, comme les agates; le plus ordinairement ils n*ont que peu d'adhérence, s'égrènent sous une pression un peu forte, mais leur poussière raye le verre.

D'autres sources thermales, en relation avec des volcans , paraissent donner également des dépôts siliceux de même nature. M. Descloizeaux ma assuré avoir vu auBristish-Muséum, à Londres, de véritables geyserites provenant des lies Philippines et du Groenland.

làmalthacite est d'un blanc jaunâtre, avec un éclat cireux translucide à la manière des halloysites. Sa pesanteur spécifique est de 1,99; elle est composée, d'après Meissner, de silice 50,21 ; alumine, 10,71 ; peroxyde de fer, 3,1 ; chaux, 0,2; eau, 35,8.

La mkhaëlite est composée, d'après Kobell,ide silice 83,65, et d'eau 16,35,

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