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lumineuses et bleuâtres à la craie, et leur nature les assimile à la craie blanche de Maestricht.
Rien ne révèle, dans le gisement de la Sicile, que le soufre soit dû à une action postérieure ; mais son association constante avec le sel gemme, le gypse et le bitume, établit entre tous les gttes que nous venons de citer une relation intime qu'on ne saurait méconnaître. Or, la dislocation des couches de calcaire dans lequel sont les exploitations de sel des environs de Salies en France, et de Conilla en Espagne, la présence des coquilles à Tétat de soufre, de Teruel, ne peuvent s'expliquer qu'en supposant que le sel, le soufre et même le gypse, soient de formation postérieure au terrain qui les contient; on est donc naturellement porté à admettre la même supposition pour les gisements de soufre de la Sicile et de la Calabre ; peut-être dans ces dernières localités le soufre est-il, ainsi que le suppose M. Paillette, le produit de la décomposition du gypse par Faction des matières organiques que contiennent les marnes, aidée de la chaleur et des phénomènes ignés qui se sont produits en Sicile, depuis des époques anté* Heures au monde actuel. Cette supposition, qui s^accorde avec les réactions chimiques qui se produisent dans nos laboratoires, est également d'accord avec les phénomènes de décomposition, par suite desquels on trouve communément du soufre en petits cristaux dans les matières animales en putréfac^ tion. Lorsqu'on détruisit la porte Saint-Antoine, en 1778, on fit, dans la partie qu'on appelait la Demi-luney une fouille d'où Ton retira des plâtres dont la surface était couverte de soufre en grains et en très-petits cristaux octaèdres ; ils y étaient situés au-dessus d'une terre qui avait servi de réceptacle aux vidanges de Paris.
C'est sans doute à des décompositions analogues qu'est dû le soufre que Ton trouve dans des ossements modernes disséminés dans des terrains d'alluvion. Peut-être le soufre qui existe dans des silex est-il également le résultat de la décomposition des corps organisés, les silex eux-mêmes étant,
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dan^beaucoupde cas, dus à des fossiles remplacés par de ta silice.
Le troisième genre de gisement est ordinaire aux terrains Tolcaniques ; le soufre s'y sublime constamment à travers certaines fissures ; on profite même de cette circonstance pour recueillir ce minéral , en pratiquant au-dessus des points où les Tapeurs du soufre se dégagent des cavités dans lesquelles ce minéral se condense et cristallise. Les anciennes bouches volcaniques, qui ont reçu le nom de solfatares, le doivent à la présence du soufre ; telles sont les solfatares de Bourbon, de la Guadeloupe et de Pouzzoles. Dans cette dernière, le soufre, qui se condense dans les débris trachytiques occupant l'intérieur du cratère est exploité avec quelque profit. On enlève ce sable jusqu'à la profondeur de 10 mètres ; plus bas, la tempéture est trop élevée pour qu'on puisse y travailler ; on soumet ensuite à la distillation le sable chargé de soufre pour en retirer ce minéral. On exploite successivement le sable qui recouvre tout le cirque, et on rejette dans les tranchées celui qui a été appauvri. La sublimation du soufre se faisant d'une manière continue, le sable se charge d'une nouvelle quantité de soufre, et, au bout de vingt-cinq à trente ans, il s'est assez enrichi pour qu'on le soumette à une nouvelle distillation.
Presque tous les volcans donnent du soufre; les volcans de l'Islande, ceux des Cordillères surtout, en produisent des quantités que Ton est habitué à regarder comme étant fort considérables ; des expériences que nous allons indiquer dans quelques lignes nous conduisent à admettre qu'elles sont toujours assez faibles. Le soufre produit par les volcans est, en générai, très-pur. Les anciens volcans en présentent quelques gisements; on en observe dans les tracbytes du Mont- Dore, dans les basaltes de l'Ile Bourbon et dans une amygda- Icrilde de cette même localité, dont toutes les amandes sont d'un très-beau soufre jaune. La facilité avec laquelle le soufre se décompose et passe à l'état d'acide sulfureux ou sulfurique est sans doute cause que cette substance, si fréquente
IM GisEHEirr m soufre.
dans les volcans en activité, est au contraire rare dans les jrolcans éteints.
C'est probablement à un phénomène de sublimation analogue à ce qui a lieu dans les terrains volcaniques que Ton doit attribuer le soufre que Ton a trouvé dans certains filons, notamment celui que M. de Humboldt cite à la montagne de Quito, entre Alanssi et Tiscan, et qui forme un filon dans du quartz compacte.
Certaines eaux thermales, notamment celles d*Aix-la-Chapplle, contiennent de Thydrogène sulfuré en dissolution, et produisent, par leur décomposition, des stalactites grossières de soufre qui adhèrent à la voûte des canaux de conduite. En France, j'ai recueilli des concrétions analogues aux belles sources de Chaudes- Âigues, dans TAveyron.
H. Breislack suppose que le soufre de la plupart des solfatares, et notamment celui qui se sublime dans la solfatare de Pouzzoles, provient également de la décomposition du gaz hydrogène sulfuré. Les dégagements considérables de ce gaz qui ont lieu aux environs de cette montagne donnent de la vraisemblance à cette opinion.
Quantité annoette de soufre produite par les ftamerollee. — J*ai annoncé que la quantité de soufre que les volcans produisent annuellement par Tintermédiaire des fumerolles est très-faible ; cette opinion est fondée sur des observations directes faites à la soufrière de la Guadeloupe.
L'odeur suHureuse très-vive que Ton ressent à la soufrière de la Guadeloupe, son action délétère sur la végétation, Fabondance de soufre que Ton remarque sur toutes les fissures de ce volcan , ont constamment fait croire qu'elle pourrait fournir une mine inépuisable de soufre. Une Compagnie puissante s'est formée , en 1846, pour son exploitation. Avant de lautoriser, l'administration des mines , sur ma proposition , a envoyé un ingénieur pour apprécier les ressources réelles de ce volcan. Elles étaient de trois natures :
i" Soufre disséminé dans le sable recouvrant le fond du cra-
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tke, cooDQ dans le pays soqs le wftû de Saranne àtn mulets.
3^ Soufre accumulé sur le pourtour des fumerolles, soûs forme de bourrelets;
8^ Se produisant jouroeHemeat par la condensation des tapeurs de soufre qui s'échappent à travers les fumerolles.
M* Mercier, chargé de cette mission, a constaté que le sable du fond du cratère était sur la plus grande partie de sa surface entièrement stérile en soufre ; il en contenait seulement deux pour cent dans les parties voisines des fissures.
Que la quantité de soufre accumulé le long des parois des fumerolles ne dépassait pas 8 ou 10,000 kilogrammes, et que celui qui se produisait annuellement sur les trente-huit fumerolles en activité à la soufrière de la Guadeloupe pouvait être évalué à 5,500 kilogrammes.
M. Mercier a établi cette évaluation sur une expérience éi'* recte , qui a consisté à construire sur Tune des fum«*olles les plus actives un appareil de condetisalion recevant le soufre qui s'échappait sur toute sa longueur. Au bout de vingt-six jours d'expérience, M. Mercier a recueilli 5',20 de soufre, ce qui doDBerait 73 kilogr. par an pour cette fumerolle, ou 2,774 kilogr. pour les 58. En admettant que les petites fissures par lesquelles il s'échappe des vapeurs sulfureuses donnent une quantité de soufre égale à celle produite par les fumerolles, on arrive à un total de 5 à 6,000 kilogr. au maximum; le prix du soufre étant en moyenne de 10 fr., la production annuelle dè| la solfatare serait, en argent, environ de 600 k 700 ft.
AOIBB SniiFURI^VB.
Huile de vitriol.
Cet acide se forme partout où le soufre et les pyrites existent avec quelque abondance ; ordinairement , il se combine immédiatement avec les bases des pyrites mêmes, et donne des sulfates qui, étant pour la plupart solubles, sont entraînés par les eaux. Cependant, dans quelques circonstances
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rares , lorsque , par exemple , il coule sur des roches inattaquables parles acides, comme le granité, ou sur des roches saturées d'acide sulfurique, comme le gypse y on conçoit qu'il puisse exister à Tétat libre. Baldassari indique de Tacide sulfurique libre dans les grottes de la montagne volcanique de Zoccolino, près Santa-Fiora en Toscane, où ces conditions sont remplies. Ces grottes, ouvertes dans la pierre à pl&tre, sont tapissées de soufre sublimé et remplies de vapeurs d'acide sulfureux. Des concrétions en forme de choux-fleurs pendent de kur plafond. Ces concrétions sont, suivant ce professeur, de Tacide sulfurique rendu solide par Tacide sulfureux qu'il dissout.
M. Pictet assure avoir trouvé de Tacide sulfurique libre se distillant de la voûte des cavernes d'où sortent les sources d'Âix en Savoie, et j'ai été à même de vérifier l'exactitude de cette observation. Dolomieu a recueilli cet acide dans plu* sieurs grottes de l'Etna. On le connaît dans beaucoup d'autres lieux ; souvent il se trouve en excès dans certains sulfates , on le sépare alors par la cristallisation de ces sels.
Le Rio-Yinaigre, qui prend naissance près des bouches du volcan de Paracé, dans l'Amérique méridionale, doit son goût acidulé à une certaine quantité d'acide sulfurique en dissolution dans ses eaux. D*après les analyses de M. Boussingault, l'eau du Rio- Vinaigre tient près de sa source, sur un litre d'eau, 1«',080 d'acide sulfurique, et 0,184 d'acide muriatique. Cet acide provient de la combustion directe du soufre qui se dégage du volcan.
L'acide sulfurique, reconnaissable par son goût fortement astringent , possède des propriétés caractéristiques qui décèlent immédiatement sa présence dans les eaux qui en tiennent même une très faible quantité. Son principal caractère est de donner plusieurs sulfates insolubles, tels que le sulfate de plomb, le sulfate de baryte et le sulfate de chaux ; il en résulte qu'en versant dans l'eau, qu'on suppose contenir une certaine quantité d'acide sulfurique, une dissolution de nitrate de
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plomb , de baryte OU de chaux, il se fait ua précipité blaue trè&-abondant.
Lorsqu'il est concentré, Tacide sulfurique est oléagineux, incolore et pesant. Sa pesanteur spécifique est 1,83. Si on y plonge une matière végétale , une allumette , par exemple, elle noircit et se charbonne à l'instant. À 8 ou 10 degrés audessous de zéro, il se congèle et cristallise en prismes à six faces» terminées par des pyramides du même nombre de faces. En cet état, il n'agit plus immédiatement sur la peau; j'ai pu en tenir plusieurs minutes dans la main, sans éprouver le moindre inconvénient. J'en ai même mesuré les angles avec le goniomètre à réflexion ; je les ai trouvés exactement de 120^; l'acide sulforique cristallisé que j'ai étudié était lamelleux, et pérsentait des stries concentriques aux faces du prisme, comme le corindon.